mercredi 28 octobre 2020

ADN de Maïwenn



Maïwenn est la spécialiste de ce cinéma qui fabrique du faux tellement vrai. Cela a été le cas dans ses trois premiers films très réussis (et son climax avec "Polisse"), un peu moins avec "Mon roi" et encore moins avec cet "ADN" , démontrant que son système a de sérieuses limites lorsqu'il s'agit de filmer un scénario faiblard. 

Le pitch se résume en une ligne. A la suite de la mort de son grand-père ayant des origines Nord-Africaines, Neige, parisienne bobo ( Maïwenn) se pique de retrouver ses racines et décide de prendre la nationalité algérienne. 

Le film, lui, est moins résumable car il enfile une succession de scènes familiales intimistes, comme volées à la vie, envahies d'acteurs divers et variés ( la famille est grande) où émotions et rancoeurs voire vacheries vont ( comme d'habitude) cohabiter. Et ça démarre très mal, avec quelques longues scènes dans un EPHAD, où le grand-père atteint d'Alzheimer finit ses jours. La caméra filme ces instants comme dans un reportage, avec un regard un peu moqueur sur les résidents âgés et présente quelques membres de cette famille qui deviennent d'emblée antipathiques ( surtout le personnage joué par Dylan Robert, dont la pseudo émotion est plus que difficile à croire). S'ensuivent des scènes d'engueulades autour du mort qui achèvent de nous rendre tout ce petit monde désolant. Certes, la famille n'est pas un lieu de bienveillance et d'harmonie, mais ici, cette accumulation de gens toxiques la rend invraisemblable.

La suite sera du même acabit, toujours à la limite du grotesque, du too much. Il y a bien sûr quelques jolis moments fugaces, où une émotion passe, vite dézinguée par une vanne ( nulle) lancée par Louis Garrel ( pas réussi à déterminer quel lien avec l'héroïne) ou par des plans assez narcissiques sur la réalisatrice/comédienne ( et un dernier plan algérien qui laisse, au mieux, dubitatif). 

Malgré des acteurs à peu près tous d'un naturel fabriqué épatant, "ADN", peine à nous embarquer tellement le propos semble ne pas nous être adressé. On se fiche comme d'une guigne des affects de tout ce petit monde, ne reste que ce narcissisme souvent évoqué à l'encontre de Maïwenn qui, ici, brille au maximum, mais qui cette fois-ci ne nous éblouit pas. 







mardi 27 octobre 2020

Miss de Ruben Alves


 Une grosse major américaine ( la Warner) distribue un film à visée grand public sur un thème assez sensible : la fluidité dans l'identité sexuelle. Heureux pays que la France de pouvoir présenter sans l'ombre d'un mouvement réactionnaire une telle histoire. 

Remarquez, tel qu'est scénario, le film ne dérangera pas grand monde, tant nous sommes dans les sentiers battus de la comédie et que les auteurs ont tout bien balisé pour éviter de prendre le spectateur frontalement. Il ne faut pas être trop regardant sur l'univers dans lequel évolue Alex(andra), sorte de caravansérail à la sauce parisienne, non dépourvu de clichés et semblant répondre à un cahier des charges ethnique ou sexuel. On pourra apprécier l'appétit de Thibault de Montalembert à incarner un vieux travelo, ou la verve d'Isabelle Nanty sorte de Thénardier des temps modernes ( elle exploite l'habileté  de jeunes asiatiques...bien muettes ), par la bouche de laquelle, les vérités proférées sur les concours de miss perdent un peu de violence de part son côté un peu filou. 

Cependant, force est de constater qu'il y a dans ce film là, quelque chose de troublant et de fort réussi : le personnage d'Alex(andra), jeune moniteur de boxe avec des envies de féminité, que le spectateur va accepter tout de suite et suivre avec empathie dans son parcours finalement singulier ( mais populaire). Alexandre Wetter, dont c'est la première apparition au cinéma, y est pour beaucoup, aussi crédible en garçon que magnifique en jeune femme et crédible dans les scènes de comédie. 

Bien sûr, on peut ergoter que ce sujet sur l'envie de féminité s'acoquine avec les outrances d'un concours miss France, comme si la féminité se réduisait à quelques faux-cils ou belles robes virevoltantes. Mais, le message principal passe bien : se sortir des normes sociétales est possible dans nos sociétés occidentales et ce film, participe quelque part à poser une jolie pierre à l'édifice de l'acceptation de soi et des autres. 




lundi 26 octobre 2020

On the Rocks de Sofia Coppola


 

La chiquissime Sofia Coppola est de retour sur....petit écran. Les fans devront prendre un abonnement à Apple TV pour pouvoir admirer cette nouvelle oeuvre(tte) vraiment taillée pour les soirées canapé dans son loft secondaire avec martini dry et chien ( de race ) à ses pieds. 

Sofia Coppola s'essaie désormais à la comédie légère... Il y a donc un mari que l'on soupçonne de donner un coup de canif à un mariage peut être trop traditionnel. Il y a une femme , au foyer mais écrivaine en panne d'inspiration ( on admirera son bureau qui fait la taille de huit studios) . Elle aborde mal sa quarantaine, se sent moins séduisante et glisse dans la paranoïa domestique. Il y a un père, grand coureur de jupon, qui veut l'aider à lui ouvrir les yeux et lui prouver son infortune. Il y a une décapotable rouge, une voiture avec chauffeur, une montre Cartier, un hôtel cinq étoiles au Mexique, tout un monde de WASP  qui de nos jours pourrait quand même faire profil bas face aux menaces qui grondent. 

C'est tellement léger, que c'est très inconsistant. L'intrigue minimale et adolescente rappelle...beaucoup de choses et rien à la fois, car serait recalée par n'importe quel staff de scénaristes de séries, même moldaves. Alors on me dira que quelque part elle parle, via Bill Murray ( qui cabotine légèrement), de son père.... mais, entre nous, qu'en avons-nous à faire de ses affres de nantie
? Sofia Coppola dit dans une interview aux Inrocks  qu'elle "parle d'une génération d'hommes qui sirotent leur Martini à la fin de la journée" , façon claire de dire que son film, comme d'hab, s'adresse avant tout à quelques happy fews croisés dans les défilés Vuitton ou Dior. Elle a beau caser un couple mixte ou une femme qui se pose des questions, son cinéma reste quand même celui de l'entre soi, sans réelle grâce et surtout très superficiel ( et pas du tout on the rocks!). 

Alors, s'abonner à Apple TV pour ça, vraiment inutile !



dimanche 25 octobre 2020

Peninsula de Yeon Sang-ho


Le cinéma grand spectacle et d'action américainayant déserté les écrans, faut-il vous rabattre sur le film coréen "Peninsula" ( suite du "Dernier Train pour Busan") ? 

A cette question dont dépend en partie le moral des exploitants de salle, je réponds OUI ! Vous y trouverez tout ce que vous aimez dans ce genre de production, c'est même une véritable compilation. Ne pas avoir vu le premier épisode n'a aucune importance, l'histoire étant vraiment autonome et bien différente de l'opus précédent. Nous avons au départ des malfrats qui doivent récupérer un camion dans une mégapole coréenne envahie par des zombies où seuls quelques mercenaires au cerveau sérieusement endommagés par l'alcool ont réussi à cohabiter. 

Scénario basique autour d'une mission ( quasi impossible) où très vite bons et méchants seront bien délimités. C'est mieux pour pouvoir ensuite vibrer aux nombreuses courses poursuites au milieu de zombies qui, ici, servent uniquement de quilles à décaniller comme dans un mauvais jeu vidéo antique. Pour le côté aventure un peu violente, vous trouverez une désormais inévitable scène de jeu de cirque avec pauvres prisonniers ( un des héros évidemment) tremblant face à des zombies que l'on lâche devant un public de parieurs hystériques. Et comme il faut une dose de joliesse, il y a des enfants asiatiques adorables mais inventifs et ingénieux ( sortes de Mac Gyver en couettes et bermuda). Pour faire un pendant au sang ( pas de crainte, ça ne coule pas à flot) , vous aurez des larmes, avec un interminable ( et plus qu'improbable) final, filmé comme un summum de suspens qu'un traitement particulièrement sirupeux et larmoyant plonge dans le grand n'importe quoi. 

Vous ne serez donc pas dépaysé par ce film qui offre une excellente alternative à tous les films de super héros amerloques. Le scénario ultra prévisible ne vous fera pas réfléchir. C'est filmé à 100 à l'heure pour ne pas vous ennuyer ( et trop réfléchir) . Les gros moyens financiers, techniques et numériques sont présents à l'écran. Certains peuvent même y trouver un pendant avec ce que nous vivons en ce moment ( mais c'est tellement facile de faire dire ce qu'on veut à n'importe quoi). Alors, tentés ?  




 

samedi 24 octobre 2020

Adieu les cons de Albert Dupontel



Albert Dupontel, on l'aime bien, son côté dingue, un peu bête et méchant dans l'esprit d'un journal indispensable. Pour la promotion d' "Adieu les cons" on l'a beaucoup aperçu, gentiment ironique, mais diablement assagi, à l'image de ses derniers films dont le contenu semble s'édulcorer au contact de productions commerciales visant un large public.  

Le succès d'"Au revoir là-haut" le voit encore une fois à la tête d'un film coûteux ( 10 millions d'euros). Le résultat apparaît donc clinquant, très ( trop?)  virevoltant. La caméra, désormais, filme comme si elle était montée sur une attraction folle de fête foraine. Le film débute sur les chapeaux de roue, dans un univers à la Terry Gilliam ( période "Brazil"), égratignant un monde bureaucratique impitoyable et mettant en avant nos trois héros, exclus de ce système inhumain. La comédie possède d'emblée une ambition artistique, la hissant sans problème nettement au-dessus de la plupart de ses consoeurs françaises débitées hebdomadairement dans nos salles, mais, même si le rythme ne faiblit jamais, la mayonnaise ne prend pas complètement. 

Tout d'abord, nous avons Virginie Efira, impeccable comme toujours, mais que Dupontel fait jouer sur un registre toujours mélancolique, voire dramatique, la plaçant ainsi dans le rôle de faire-valoir de ses partenaires masculins. Et puis, on nous propose une dernière partie virant dans la comédie sentimentale, bien éloignée de l'esprit du début, achevant de rendre le film vraiment bancal. La caméra foldingue évite toutefois de nous appesantir sur quelques clichés que cette guimauve soudaine semble imposer. 

On peut faire la fine bouche sur cette nouvelle folie d'Albert Dupontel qui reste cependant tout à fait regardable. On ne s'ennuie pas car tout fonce à 100 à l'heure, vitesse qui peut faire oublier quelques lourdeurs ou gags un peu téléphonés. Nous sommes à une époque où nous devons nous changer les idées, alors pourquoi ne pas faire une pierre deux coups, se distraire et tenter de donner quelques euros au secteur du divertissement bien à la peine ? 




jeudi 22 octobre 2020

Last Words de Jonathan Nossiter


On avait laissé Jonathan Nossiter sur des documentaires autour du vin. Le voilà qui revient avec une sorte de folie apocalyptique dont on se demande si elle n'est pas le résultat d'une longue beuverie au Bordeaux ou au Bourgogne. 

A écouter les protagonistes de pensum prétentieux, on devine les nombreuses et louables intentions : le monde court à sa perte par la négligence des hommes ( écologie, premier grand thème), les hommes occidentaux devraient écouter ceux qui viennent d'ailleurs ( le rôle principal est tenu par un jeune africain, vrai migrant...mais pas encore au top du jeu d'acteur), la culture ( et ici le cinéma) peut nous sauver de la barbarie et, cerise sur le gâteau, le monde n'est pas à l'abri d'être décimé entièrement par un virus ( ici, un virus qui fait tousser!).

Nul doute qu' à la vue de tant de jolis thèmes modes,  le sang de sélectionneur cannois de Thierry Frémaux n'a fait qu'un tour lorsqu'il a visionné le film durant le confinement et lui a donné tout de suite son label  "Cannes" ( mais sans doute aussi de part sa distribution haut gamme et internationale). Cannes ne sauve peut être pas des migrants ( malgré sa situation méditerranéenne ) mais pense aider sans doute quelques productions  hasardeuses comme celle-ci. 

A l'écran et surtout sur son siège, le choc n'est pas rude, il endort. En gros, l'ensemble est filmé dans un univers de ruines, genre maison bombardée au début, puis champ de vestiges antiques délaissés dans une deuxième partie étrangement humide et automnale ( alors que l'on dit la terre asséchée...). Les acteurs errent dans des costumes de loqueteux( normal, mais mention à Charlotte Rampling, dont le sexy costume en bâche plastique attire le mâle puisqu'elle tombera enceinte ! ), déclament des discours abscons avec des regards perdus ( mais pourquoi diable ai-je accepté ce rôle... Ah oui, mes impôts!), le tout filmé par notre bel africain ayant fabriqué une caméra avec ce qu'il a trouvé, histoire de redonner espoir en travaillant pour l'histoire. On s'ennuie ferme, on se demande qui a bien pu mettre un euro pour filmer une telle déconfiture,  Nick Nolte nous montre ses testicules ( y'a peut être des amateurs, tout est bon pour donner envie à quelques  spectateurs d'entrer dans les salles), Alba Rohrwacher n'a jamais été plus fantomatique, dans la salle, les portables se rallument subrepticement mais souvent, pour regarder l'heure et constater que les 2h06 passent décidément pas vite du tout. 

C'est prétentieux et raté mais cela restera une curiosité, un peu comme le long-métrage de Bernard-Henri Lévy et dans cette catégorie, autour d'une ou deux bouteilles, devant sa télé, pour rigoler, le film trouvera peut être son public. 



 

mercredi 21 octobre 2020

L'emprise du chat de Sophie Chabanel


Un bon petit polar au coin du feu avec votre chat sur les genoux, ça vous dit ?  ( Remarquez, un chien à vos pieds, un poisson rouge dans son bocal ou même aucun animal feront l'affaire). Je dis "petit" parce que " L'emprise du chat" se démarque énormément de ses confrères qui préfèrent jouer les gros bras ou les gros durs avec du saignant, du violent, du bien gore. Ici, le cadavre de la jeune femme femme n'a pas été découpé en morceaux après avoir subi mille tortures ou abus, il a juste était empoisonné ...comme au bon vieux temps d'Agatha Christie ou de Charles Exbrayat. Rien qui puisse déranger, ou presque, la jolie soirée d'automne du lecteur. 

Avec ce point départ simple, Sophie Chabanel ne choisit pas l'outrance pour appâter le chaland, surtout qu'elle poursuit dans la même veine. L'enquête n'avance pas, chaque piste autour de cette jeune fille lisse et sans histoire s'avère une impasse....l'intérêt venant bien sûr de ce manque de prise des enquêteurs sur un assassinat bien mystérieux. 

Autant vous dire que les rebondissements ne jalonnent pas le récit et malgré tout, on tourne les pages avec fébrilité et grand plaisir, car, il y a un plus dans ce polar : son héroïne ( et accessoirement son acolyte). Romano, c'est son nom, est une quarantenaire, célibataire avec deux chats et possédant surtout un caractère bien trempé. Mordante, envoyant valser la bien-pensance actuelle, les diktats de la mode ou des règles de vie en société, elle démonte avec finesse mais pugnacité tout ce qui passe à sa portée, de ses collègues policiers jusqu'à sa soeur en train de divorcer en passant par les pauvres bougres qu'elle interrogera voire ses deux chats qui font ressembler son appartement à un griffoir au bout du rouleau.  C'est un festival permanent durant la totalité du roman, faisant passer l'intrigue au second plan ( même si dans la deuxième partie nous avons droit à quelques rebondissements et même à une poursuite en voiture,, comme quoi le genre n'est pas si renié que ça). 

Rien pour que son enquêtrice ( et son adjoint, classiquement aux antipodes de sa chef), le roman mérite vraiment le détour et nous repose élégamment de tous ces polars plus glauques les uns que les autres ( même si ici, on aborde un sujet qui aurait pu donner des pages nauséeuses). Bien mené, hyper bien dialogué, ce troisième tome de la série "du chat", sans doute le meilleur, donne vraiment envie de retrouver Romano bien vite. 

Petit avertissement aux amateurs ( nombreux) des chats, Ruru acoquiné à Mandela ( félins ainsi nommés par leur maîtresse)  n'apparaissent que très peu et de façon totalement anecdotique...   

lundi 5 octobre 2020

Broadway de Fabrice Caro

 


Rassurons tout de suite les lecteurs que les comédies musicales hérissent, il n'est jamais question de Broadway dans ce roman, sauf dans la dernière phrase et de façon totalement symbolique ( et peut être au tout début du récit, avec ce lamentable et irrésistible gala de danse où se produit la fille du narrateur). 

Par contre, si vous avez aimé "Le discours", ainsi que les romans graphiques de Fabrice Carro ( Fabcaro), peut être que ce troisième roman marquera le pas quant à votre enthousiasme vis à vis de l'auteur. Une forte impression de creuser un même sillon se fait sentir. Et que je transcris les pensées d'un quarantenaire ayant quelques problèmes avec les autres, et que je brode autour de la réception d'un courrier de la CPAM l'invitant à procéder à un test colorectal, et que je tire la situation jusqu'à presque l'absurde et que je me focalise sur des détails de ma vie antérieure que je remâche jusqu'à presque l'absurde. On a une impression de redite ( de recette que l'on nous ressert avec un autre assaisonnement ?). Certes le lecteur peut parfois se reconnaître dans quelques situations de la vie courante, décrites ici avec ironie, sourire à quelques passages, mais tout ça peine à se renouveler. De plus, Axel, le personnage principal, assez peu concerné par ceux qui l'entourent a beau se poser quelques questions par rapport à sa paternité, on finit par le trouver assez antipathique à force de misanthropie ou de pleutrerie. 

Si en bande dessinée Fabrice Caro nous impressionne en nous proposant un humour décapant et tous azimuts, en littérature, il peine à prendre les mêmes chemins, se contentant de reproposer la formule de son précédent opus dans une version père de famille, soudainement plus pâlichonne par manque de surprise et d'originalité. Reconnaissons toutefois à ce petit roman d'essayer de nous fait rire alors que tant de voisins de pile se vautrent dans la sinistrose ambiante. Rien pour cela, on lui en sera reconnaissant ( mais on peut sans problème attendre sa sortie en poche si on est curieux de le découvrir). 

dimanche 4 octobre 2020

Mon cousin de Jan Kounen

 


Trois questions que l'on peut se poser si l'on pense aller voir "Mon cousin". 

Jan Kounen dynamite-t-il la comédie française ?

Si l'on se rappelle de quelques uns de ses longs-métrages précédents ""Dobermann", " Blueberry" voire  " 99 francs", il est permis de penser, que, peut être, il insuffle dans cette comédie au scénario formaté pour faire les beaux soirs des premières parties des soirées télévisées, un bon coup d'effets speedés à la cocaïne ou embrumés à la sauce psychotrope. Si parfois la caméra s'emballe à zoomer, histoire de donner du punch à une histoire qui n'en a pas, force est de reconnaître que "Mon cousin"  reste bien sage, bien planplan comme le fut l'engoncé "Coco Chanel et Igor Stravinsky" (  oui, c'est de lui un peu oublié heureusement). Le film sent la commande...

"Mon cousin" présente-t-il quelque chose d'original ?

Basé sur l'idée d'un duo antagoniste qui a déjà beaucoup servi dans les comédies depuis ... que le cinéma existe ( ici, un riche PDG et son cousin pauvre), le challenge de faire original ou au pire inventif et divertissant, relevait, soit de l'exploit, soit de la rencontre de talents encore inconnus. Désolé pour messieurs Lacan, Lindon, Kounen, les auteurs du scénario, mais force est de reconnaître que l'on ne trouve rien à quoi se raccrocher dans ce qui s'avère une comédie banale de plus. Bien sûr chaque acteur tient parfaitement son rôle mais comme ils n'ont a défendre que des rôles clichés allant vers un dénouement larmoyant cliché, considérons que le minimum syndical est atteint. Est-ce suffisant pour se ruer dans un cinéma ? Non, même si ce serait sympa histoire de donner du baume au coeur aux exploitants de salle. 

Vincent Lindon troque-t-il avec aisance le costume d'ouvrier avec celui de PDG ?

Comme c'est un excellent comédien, la réponse est oui. D'ailleurs, vous l'avez peut être noté, mais pour la promo du film, que ce soit dans les salles de cinéma ou à la télévision, il n'apparaît qu'en costume/cravate... finis les tshirts ou les polos arborés lors de la promo des films de Stéphane Brizé et de ses messages contre le libéralisme. D'ailleurs, en regardant "Mon cousin" et sa fin très... capitaliste, on peut se demander si ce choix de  l'acteur de "En guerre" est bien dans la cohérence de ses propos entendus lors de la sortie de films plus politiques.... Mais c'est du Cinéma...





mercredi 23 septembre 2020

Eléonore de Amro Hamzawi


 Nora Hamzawi, après quelques apparitions remarquées dans "Doubles vies" d'Olivier Assayas ou" Alice et le maire" de Nicolas Pariser ( entre autres) , parvient en haut de l'affiche cette semaine dans cette "Eléonore" réalisée par son frère... Cette affaire de famille ne parvient pas, hélas, à faire passer sur grand écran  le personnage de trentenaire un peu énervée qu'elle incarne sur scène ou à la radio et à la télé dans ces chroniques hilarantes. 

La faute sans doute à un scénario vraiment peu inspiré qui fait de Nora Hamzawi une sorte de pauvre fille déprimée et gaffeuse, assez lourdingue et que l'actrice a beaucoup de mal à faire exister ( du moins sur la première moitié du film, cela s'arrange ensuite quand elle reprend du poil de la bête) et qui la jette dans des péripéties banales ou téléphonées dont on perçoit mal l'intérêt. La mise en scène de l'ensemble est au diapason du scénario, en roue libre et sans grande ambition, et l'ennui gagne vite le spectateur. Heureusement que des seconds rôles bien campés viennent donner un peu de peps à tout ça. Merci Dominique Reymond et Julia Faure, absolument parfaites et hilarantes dans leur duo mère/fille. 

Ce qui sur le papier s'annonçait comme une petite comédie sympatoche s'avère au final un ratage quasi complet. On est assez désolé pour Nora Hamzawi dont on peut espérer une rencontre avec un réalisateur qui saura mettre en valeur son talent.  




jeudi 17 septembre 2020

Les Roses Fauves de Carole Martinez

 


Parfois dans la vie d'un lecteur, on croise des livres qui ne sont pas pour vous, mais alors pas du tout ! Prenons donc le nouveau roman de Carole Martinez, dont j'avais adoré il y a quelques années " Le Domaine des Murmures", la lecture des ses "Roses Fauves", menée jusqu'au bout, m'a prodigieusement barbé. Le livre serait-il raté ? Trop magique ? Trop merveilleux pour un lecteur trop terre à terre? Sans doute un peu de tout cela.

Résumons l'histoire. La narratrice, l'auteur elle-même, cherche un endroit bien précis pour situer son futur roman.  En surfant sur le net, elle tombe en arrêt devant une carte postale représentant le village idéal. Sur cette photo, on aperçoit, une silhouette de femme que l'auteure imagine tout de suite boiteuse. N'écoutant que son instinct ( merci Airbnb!), elle loue un studio dans cet endroit et s'installe quelques mois pour écrire le roman. Hasard heureux ( comme dans les romans), elle devient amie avec la postière du village qui est boiteuse, en plus d'être célibataire, un poil revêche et vierge ( mais, ouf,  jolie quand même). Double chance pour l'auteure, cette postière a aussi des origines espagnoles et possède ( ô joie !)  dans sa grosse armoire bretonne des...coeurs cousus ! ( Pour les petits nouveaux, "Le coeur cousu" est le titre de son premier roman qui a ému des milliers de lectrices-teurs). Le roman se partagera dorénavant avec les écrits que contient un de ces coeurs, l'histoire d'amour que vivra la postière avec une star de cinéma en tournage dans le secteur et d'autres histoires locales qui remonteront du passé. 

Résumé ainsi, on pense à un roman à l'eau de rose sauf que nous sommes avec Carole Martinez, publiée chez Gallimard quand même, donc à mille lieues, niveau écriture, d'une Virginie Grimaldi. Les thématiques du roman sont nombreuses, allant de sujets à la mode comme la transmission, les gens de peu ( mais si beaux ), les traces du passé à des choses plus littéraires comme l'angoisse d'une auteure face à l'écriture d'un nouveau livre ou le rapport ambiguë des personnages avec sa créatrice. Mais parce que l'action se déroule en Bretagne et pour retrouver sans doute le pouffant du Kouign Amann, elle y rajoute, un peu de magie, un peu de merveilleux, un peu de poésie. 

Et donc, ça m'a paru bien bourratif ! C'est vrai, dans la vie , je n'aime pas la spécialité bretonne au beurre, et en plus je suis porté à m'émouvoir sur des récits qui restent dans une certaine réalité. Ici entre les rosiers qui poussent et fleurissent en une nuit, la star de cinéma exaltée qui tombe raide dingue de la postière ou les fantômes du passé qui resurgissent au fond des bois ( entre autre), j'ai été servi. Et comme je me suis beaucoup ennuyé à lire tout cela, j'ai pu gamberger un peu. L'autrice a du mal à écrire son nouveau roman  ( 5 ans nous séparent de son précédent) ? Celui-ci, partant un peu dans tous les sens, réutilisant quelques vieilles recettes à succès, se mettant en scène de façon peu sympathique ( jalousant même le personnage de la postière qu'elle abandonne comme une vieille chaussette vers la fin) n'en est-il pas la parfaite illustration ? Quelques idées sans doute, un style indéniable pour un résultat qui m'a paru poussif, pas franchement inspiré. 

Je sens bien que " Les Roses Fauves" n'est absolument pas fait pour moi. Je sais par ailleurs que beaucoup de lectrices adorent ...( des lecteurs aussi je pense) , mais trop de merveilleux et quand même beaucoup de guimauve et un soupçon de mignardises, m'ont coupé tout plaisir de lecture. Alors, ceux qui aiment tout cet arsenal poético/bienveillant trouveront leur bonheur... et c'est tant mieux. 

ADN de Maïwenn

Maïwenn est la spécialiste de ce cinéma qui fabrique du faux tellement vrai. Cela a été le cas dans ses trois premiers films très réussis (e...