samedi 31 août 2013

Le silence de Bruce Mutard



Voici un roman graphique venu d'Australie où vous ne trouverez aucun aborigène ni n'apercevrez aucun kangourou ! Il s'agit d'une histoire simple baignée de mystères et prétexte a un grand questionnement sur l'art aujourd'hui. 
Hou là ! pensez-vous, encore un album bien bavard et bien rasoir ! Un de ces pensums qui oublie que le lecteur, même s'il lui est agréable se servir de son cerveau, aime, surtout  en BD, être diverti. Eh bien, pas du tout ! et c'est la grande réussite de ce "silence", il nous tient en haleine pendant 184 pages, sans faillir une seconde. 
L'histoire met en scène une galériste aux convictions marchandes chevillées au corps. Elle se rend à l'autre bout du pays avec son mari, artiste peintre en mal d'inspiration, pour rencontrer et préparer la future exposition d'un vieux peintre célèbre un peu ermite. Ils vont en profiter pour essayer de dénicher l'auteur totalement anonyme d'un sublime tableau aperçu chez une cliente. Choosy ( la galériste ), espère bien mettre la main sur cette perle rare et en tirer un maximum de profit et de notoriété.  Seulement, la recherche de ce talentueux inconnu va se révéler plus difficile et plus mystérieuse que prévue et l"artiste de renom un rien plus moralisateur qu'à l'habitude. 
Le récit, magistralement structuré, ne nous lâche pas une seconde. Mêlant habilement enquête et questionnement autour de l'art, il n'est jamais ennuyeux. On abordera ainsi l'importance de l'argent dans l'intérêt que l'on porte à une oeuvre ou, entre autre, si un tableau est fait pour être décoratif ou remuer son spectateur. 
Il est vrai, je pense, qu'il faut s'intéresser un tant soi peu à l'art pour apprécier pleinement cet album. Mais le rythme soutenu et le graphisme limpide aux cases superbement cadrées, font passer cela avec brio. Le lecteur est emporté par la réflexion, amener de plus, à ouvrir d'autres champs de réflexion comme l'opposition ville/lieu inhabité, art/argent, ...
Vous l'aurez compris "Le silence" est un genre de suspens intello et ambitieux qui remplit parfaitement son contrat. Les illustrations, sur fond noir, épousent le propos sans sombrer dans les références picturales lourdes (ce qui est un vrai exploit, tant ce projet pouvait servir de terrain à clin d'oeil aux artistes préfères de l'auteur).
Une jolie réussite donc, que les excellentes éditions çà et là ont eu la bonne idée de proposer au public francophone. Un roman graphique qui ravira, comme moi, tous les amateurs de BD à dominante psychologique. 

vendredi 30 août 2013

Grand central de Rebecca Zlotowski


J'ai vu le chef d'oeuvre de la semaine selon les critiques. Hé bien,  ils se sont trompés, c'est un navet et un beau ! Cette fois-ci, ils ont poussé le bouchon tellement loin qu'ils risquent d'être responsable de la future totale désertion du public pour le cinéma français dit d"Art et d'essai". 
Les motifs pour se ruer à la projection de "Grand central" sont nombreux si l'on en croit les critiques : Rebecca Zlotowski (la réalisatrice) fille de Renoir,  grand retour du naturalisme, force inhabituelle du sujet, description lucide et impitoyable du monde ouvrier, manifeste politique et social, ... Et comme si cela ne suffisait pas, les mots "fusion" et incandescence" ont été utilisés à toutes les sauces : incandescence de Léa Seydoux, fusion des corps, ... bref de quoi électriser le futur spectateur. 
Les motifs pour sortir avant la fin de la projection le sont plus encore car il n'y a pas grand chose à sauver là dedans (juste Olivier Gourmet et Denis Menochet, comme d'habitude talentueusement présents). Le film rejette autant d'ennui que Fukushima des radiations. 
L'histoire, pas mal pompée (sauf la romance) sur l'excellent roman d'Hélène Filhol "La centrale", non créditée au générique mais tout de même évoquée dans les interviews de la réalisatrice, raconte la vie et le travail d'un groupe d'ouvriers chargés de nettoyer les réacteurs des centrales nucléaires. L'un d'eux, Gary, va tomber amoureux de Karole, la fiancée de son collègue Tony. A la merci de la moindre radiation, ces hommes et ces femmes vivent constamment au plus près du danger... 
Il y avait matière à brosser un tableau passionnant de ce sous-prolétariat, vivant en marge de la société comme des rebuts, juste bons à aller risquer leur vie pour des clopinettes afin que nos centrales nucléaires produisent électricité et bientôt catastrophe écologique. Seulement, la réalisatrice ne semble avoir aucun point de vue, se contentant de filmer platement ces forçats de l'atome, dans une succession de scènes sans intérêt qui ne nous font jamais éprouver le moindre vertige, la moindre angoisse. On a parfois l'impression que cela a été tourné dans un banal entrepôt à Rouperroux-le Coquet (riante commune sarthoise). Je reconnais toutefois que, par moment, la réalisatrice arrive à nous faire ressentir la tension extrême de ce boulot mais hélas amoindrie très vite par des dialogues trop explicatifs pour paraître naturels. 
Mais le pompon, c'est quand même l'histoire d'amour ! Plus tarte et plus plate, il faut rechercher dans une série Z bulgare ! Et quand en plus elle est interprétée par Tarak Rahim et sa demie expression et Léa Seydoux dont la finesse de jeu est aussi grande que le micro short qu'elle porte, on est très loin du couple mythique du cinéma qui fera rêver des générations. Ils ont beau être dénudés dans des herbes folles, aucune chaleur, aucun sentiment ne passe, ils sont deux pauvres choses posées l'une sur l'autre. 
Au passage, je dois prévenir les fans de Léa Seydoux qui doivent être nombreux vu le nombre impressionnant de couvertures de magazines que la comédienne illustre.  Contrairement à ce que laisse supposer l'affiche, ainsi que la déferlante de portraits qui accompagnent la sortie du film, elle n'a qu'un rôle secondaire et, en gros, 5 lignes de dialogue qu'elle débite sans conviction. Cela a suffi pour qu'on nous la balance nouvelle hyper star du cinéma français. C'est étonnant, totalement incompréhensible. Je n'arrive pas à comprendre cet acharnement dithyrambique autour de cette jeune femme qui est de plus en plus énorme à chaque nouveau film ( et qu'est-ce que ça va être au moment de la sortie de "La vie d'Adèle" en octobre ....).
Si vous aimez vous ennuyer au cinéma, voir des acteurs peu expressifs, des séquences avec des jeunes sans intérêt et une reconstitution ratée d'une centrale nucléaire, courez voir "Grand central", vous serez comblés !






jeudi 29 août 2013

Parabole du failli de Lyonel Trouillot


Quand on est lecteur, il y a des livres qui ne sont pas faits pour nous.  Cela peut paraître bizarre quand on aime la lecture, mais vous avez beau vous escrimer, persister, les pages de certains romans se tournent difficilement, l'ennui pointe son nez et tout ça finit en un combat épuisant entre un texte résistant et un lecteur de plus en plus réticent.
C'est ce qui vient de m'arriver avec "Parabole du failli" de Lyonel Trouillot. Le texte a gagné (?) car je suis allé jusqu'au bout, avec beaucoup de difficultés, sans plaisir, mais j'ai réussi à franchir la dernière ligne. La lecture de ce roman a été comme si, moi si peu sportif, avais participé à une étape de montagne du Tour de France avec arrivée au sommet du Tourmalet. Et je sors désolé de ma lecture. Désolé, car j'ai bien senti qu'il y avait un vrai travail d'écrivain mais qui, hélas, ne m'a pas du tout touché.
Le thème pourtant, les lieux évoqués, les situations avaient tout pour m'intéresser. Ces deux amis, haïtiens modestes mais cultivés qui, après le suicide à Paris de leur ami poète et acteur Pedro, évoquent leur rencontre, la vie avec et autour de lui, ses emballements, ses moments de déprime, auraient dû me toucher. Hélas, à cause d'une écriture difficile pour moi, souvent digressive, libre sûrement mais très encombrée par d'incessantes citations poétiques, je n'ai éprouvé aucune émotion, ni même d'intérêt. Il y a bien, par moments, quelques phrases, quelques paragraphes qui m'ont ému, remplis d'humanité et de tendresse pour ces gens qui vivent, survivent dans des zones misérables, mais ce ne sont que quelques rares éclaircies dans un texte, pour moi, indigeste. J'ai bien perçu toutefois tout le travail de vrai artisan des mots qu'il y avait, mais je suis resté hermétique à ce foisonnement poético/humaniste.
Alors, pourquoi en parler ? Peut -être pour rassurer d'autres lecteurs qui auraient eu ce livre entre les mains et qui ont cru se trouver comateux comme après une prise de somnifère ou blessés au moment de sa chute lors de l'endormissement (j'exagère, le livre n'est pas si lourd que ça).
Pour leur dire également que ce n'est pas grave du tout, que ça arrive. Et même si les éditeurs notent en quatrième de couverture : "hommage à l'humanité du désespoir (réelle, on la sent tout de même) et à l'échec des mots qui voudraient le dire mais qui, même dans la langue du Poète, ne parviennent jamais à combler la faille qui sépare la lettre de la réalité de la vie." (là, on se gratte un peu la tête et on relit après avoir bien respiré), tant pis, on ne fait pas partie des nombreux fans de Lyonel Trouillot. Il n'y a pas de honte à sentir qu'un auteur ne nous parle pas.
C'est un peu dommage pour moi, car il va s'ajouter à une liste comprenant Marc Lévy, Christine Orban  mais aussi, aller je le dis,  James Joyce ou Albert Cohen. Mais je peux par contre imaginer avec qui Lyonel Trouillot va copiner...

Livre lu dans le cadre de l'opération coup de coeur des lecteurs organisée par la librairie DECITRE et son site de lecteurs ENTREE LIVRE

mercredi 28 août 2013

Je, tu, il m'embête de Michel Van Zeveren


- Y'a Eugénie (ou Raoul ou... indiquez le bon prénom), hé ben, il fait rien qu'à m'embêter !
Quel parent n'a jamais entendu son enfant pleurnicher cette phrase au sortir de l'école, pensant que son parent va se transformer illico en redresseur de tort, en Batman des bacs à sable et punir très sévèrement cet être infâme et sournois.
A partir de cette exclamation "il m'embête ! ", Michel Van Zeveren (aidé visiblement par le prolifique et imaginatif Mickaêl Escoffier) nous a concocté un album au charme malicieux. Bien que se passant à l'école, il évite habilement une morale lourdaude et pédagogique pour ne s'intéresser qu'aux agissements de certains élèves et accessoirement à placer finement une leçon de sémantique autour du verbe (s')embêter.
Petit Loup s'embête durant la classe. Profitant que la directrice vienne embêter son maître avec un détail administratif, il en profite pour embêter Petit Lapin qui n'attendait que cette occasion pour faire un peu le bazar. Du coup, Petite Souris, Petite Biche et tous les autres vont se mettre à embêter les autres. Le jeu vire à une drôle et originale bagarre, graphiquement très réussie, jusqu'à ce que le maître revienne, sévisse et ... se trouve rudement embêter à cause de la punition donnée...
"Je, tu, il m'embête", à la fraîcheur guillerette, ravira aussi bien les enfants à partir de 3/4 ans que leurs parents. Les illustrations vives et joyeuses de Michel Van Zeveren font encore une fois mouche et apportent à cette histoire la touche malicieuse, celle qui fait souvent la différence d'un album ordinaire. 

mardi 27 août 2013

La servante du Seigneur de Jean-Louis Fournier



Continuant sur sa veine autobiographique qui fait en partie le succès de ses ouvrages, Jean-Louis Fournier adresse cette rentrée une (presque) supplique à sa fille, un peu disparue. Je dis un peu disparue car elle est bien vivante, mais tombée dans un mysticisme sectaire.
Après "Où on va, papa ?" témoignage lucide et poignant sur ses deux fils handicapés cérébraux et "Veuf" l'an passé, sur le décès de son épouse, voici que nous en apprenons plus sur sa fille... devenue bigotte 200 %, ayant troqué les couleurs vives pour le loden sombre. Totalement intolérante, elle fuit le monde réel et surtout son père.
Brisé, anéanti, (et on peut le comprendre vu les épreuves endurées par cet homme), il écrit ses espoirs, ses interrogations, ses regrets. Cette fois-ci, même si l'humour pointe toujours un bout de son nez au détour d'une phrase implacablement lucide, on sent une infinie tristesse parcourir ces pages. Au soir de sa vie, Jean-Louis Fournier aimerait bien retrouver sa fille, la vraie, la vivante, la gaie, celle qui était une talentueuse graphiste. Seulement celle-ci est enfermée, dans un système de pensée intégriste qui la rend inaccessible.
Cette souffrance supplémentaire de l'auteur émouvra bien sûr ses lecteurs réguliers. Les autres, les nouveaux, seront touchés aussi, car, au-delà de l'anecdote, il y a les pensées de l'écrivain qui sait si bien jouer avec les mots, les triturer, les retourner, les associer pour dresser un tableau touchant et vibrant comme cette vie qui fuit hélas peu à peu.
Cependant, je mettrai un petit bémol économique. 14 euros pour, aller, en gros, une demi-heure de lecture....ce n'est pas un peu cher ? Et puis, dans quelques années (le plus tard possible j'espère), tous les droits d'auteur tomberont dans l'escarcelle de cette illuminée qui n'attend que le trépas de son père, allant même lui demander par courrier quand est-ce qu'il va enfin se décider à quitter cette terre. Je tique voyez-vous, surtout qu'il semblerait que l'héritage ne servira pas à quelques bonnes oeuvres mais plutôt à remplacer l'actuel rutilent 4x4 et son intérieur cuir...
Il faut que je sois généreux si je veux gagner une place au paradis. Si vous avez aimé les deux précédents témoignages familiaux de l'auteur, ne vous privez pas de cette "Servante du Seigneur" (J'ai du me reprendre à quatre fois pour que la majuscule à" seigneur" veuille apparaître), c'est encore une belle leçon de lucidité face aux épreuves de la vie et toujours teintée de cette humanité humoristique des gens qui souffrent.

Livre lu dans le cadre de l'opération coup de coeur des lecteurs organisée par la librairie DECITRE et son site de lecteurs ENTREE LIVRE

lundi 26 août 2013

Macanudo tome 4 de Liniers


En ce début du 21ème siècle, le strip (la BD, pas l'effeuillage !) n'est plus un genre vraiment prisé.On ne trouve guère de quotidiens en France qui en publient dans leurs colonnes. Ailleurs, de part le monde, la tradition semble encore se perpétuer et quelques uns arrivent à nous parvenir sous forme d'albums via la plupart du temps des petites maisons d'édition. 
C'est le cas de "Macanudo", d'origine argentine et qui fait les beaux jours du quotidien "La Nacion" depuis des années. Annoncé par les éditions de la Pastèque (d'origine québécoise) comme aussi fort que Mafalda et Peanuts réunis, "Macanudo" développe un univers assez singulier dans l'univers finalement assez formaté du strip. Très loin des canons habituels du genre, on ne trouvera pas ici de familles moyennes, d'enfants rêveurs, espiègles ou raisonneurs. Place à une galerie de personnages atypiques, originaux ou disparates. Des lutins aux chapeaux pointus, un nounours, un être mystérieux avec une cape et un chapeau claque, des monstres, Pablo Picasso, l'auteur lui-même, Z-25 le robot sensible,un chat, une olive, des décideurs américains, des manchots, ...  cohabitent pour créer une ambiance très particulière entre poésie, absurde, humour tendre et jeux avec les codes de la bande dessinée. 
Au début, je l'avoue, c'est un peu déroutant. Les gags ne sont pas tous évidents, surtout qu'un strip est censé se lire rapidement et que le rire nous sauter de suite à la gorge. Ici, quelquefois, la chute est juste belle ou poétique. Au fil des pages, le charme agit pourtant et au final, j'ai été séduit par tant de créativité bouillonnante. Cette oscillation entre franche rigolade qui peut tourner au cynique, énorme tendresse frisant la poésie et cases d'une beauté plastique incroyable possède un charme certain. Parfois, cela ressemble à des haïkus dessinés et tout de suite après à un jeu diaboliquement génial avec les codes du strip. 
C'est profondément original et quand j'ai refermé l'album, j'ai tout de suite eu envie de le reprendre pour repartir dans cet univers qui nous fait oublier la réalité quelques instants. Une chose est certaine, IL ME FAUT à tout prix me procurer toutes affaires cessantes les trois précédents tomes de MACANUDO ! Il est rare de trouver en BD quelque chose d'aussi frais et ludique, doux et généreux, beau et sensible et de si formidablement inventif. Les argentins ont bon goût et pour moi, c'est mon premier coup de coeur de la rentrée ! 


Hé...Monsieur qui régit les rêves... pas de cauchemars ce soir, hein !

Bonjour.


ô, Robot sensible...



Livre lu dans le cadre de masse critique du site BABELIO


dimanche 25 août 2013

Canada de Richard Ford


Il y a dans "Canada" tous les ingrédients d'un grand roman américain, un de ceux qui peuvent vous emporter très loin ou vous marquer profondément.
Nous sommes durant l'été 1960, dans une petite ville sans vraiment d'âme, avec une famille d'américains moyens. Le père , Bev, ancien capitaine d'aviation, se dévalorise un peu plus chaque jour en échouant à trouver un métier qui pourrait donner un nouveau sens à sa vie ainsi que quelques dollars de plus pour faire vivre sa famille. Encore bel homme, un peu hâbleur, il forme avec son épouse Neeva, à l'apparence terne et au physique plus que quelconque, un couple un peu dépareillé. Ils sont les parents de jumeaux de quinze ans : Berner, une jeune fille au bord de la rebellion et Dell, son frère cadet de quelques minutes, qui sera le narrateur de ce récit.
Cette famille classique et sans histoire, va exploser un jour d'été, lorsque les parents commettent un hold-up dans une petite succursale bancaire du Montana et se retrouvent emprisonnés. Les enfants, oubliés des services sociaux, se sépareront, l'une prenant la route pour la côte est, l'autre passant clandestinement la frontière pour atterrir dans un endroit sordide du Saskatchewan au Canada.
Intrigue prenante, écriture magnifique (et admirablement traduite sans doute), on a affaire à un grand romancier qui sait aussi bien sonder les âmes que nous projeter avec infiniment de finesse et de précision dans le salon d'un pavillon ordinaire que dans un un hôtel miteux, perdu au fin fond d'une contrée pas riante pour deux sous.
Seulement, malgré cet indéniable savoir faire, je suis resté un peu sur ma faim. Divisé en trois parties (la dernière ne faisant qu'une vingtaine de pages), le roman s'attarde essentiellement sur deux éléments de l'intrigue. : le hold-up avec le ressenti du narrateur sur cet élément fondateur de sa personnalité et son séjour canadien dans un bled inhospitalier et froid, peuplé de rebuts de la société.
Moments forts, bien sûr, extrêmement bien rendus, trop peut être... tout y est décrit minutieusement, méticuleusement, aucun détail, même le plus infime n'est épargné. Cette précision extrême, tant dans le décor que dans la tête du personnage principal, se déroule au détriment de l'intrigue qui n'avance guère, surtout dans la première partie. On ne s'ennuie pas (mais on n'en est pas loin), car on est porté par l'écriture et l'atmosphère aux rendus vraiment impressionnants. Mais, tout ça pour quoi ? me suis-je demandé au bout d'un moment.
D'accord pour ausculter deux événements traumatiques et initiatiques qui laissent une trace indélébile toute une vie. D'accord aussi pour cette brillante réflexion autour des frontières, de celles qui, géographiquement mais aussi psychologiquement, séparent les êtres, le bien et le mal. Mais, j'aurai aimé en savoir un peu plus sur les conséquences et les résonances dans la vie adulte des personnages. Ce n'est pas le court épilogue qui m'a contenté. Trop vite brossé, il apparaît en fait comme une conclusion un peu hâtive et, au final, décevante.
"Canada" aurait pu être le grand roman d'une Amérique insatisfaite, en proie à des désirs impossibles. Ca l'est quelque part  bien sûr, mais sans pour autant embarquer totalement le lecteur, le laissant un peu désemparé, face à un personnage principal peut être pas assez attachant et une intrigue trop ramassée  pour donner le frisson d'un très grand livre.
Ce livre a été lu dans le cadre de l'opération "On vous lit tout", organisée par le site des mordus de lecture Libfly et le Furet du Nord. 

samedi 24 août 2013

Les perroquets de la place d'Arezzo d'Eric-Emmanuel Schmitt


Honnêtement, si j'avais assisté au théâtre à la représentation de quelques pièces signées d'Eric-Emmanuel Schmitt, je n'avais jusqu'à présent jamais parcouru son oeuvre romanesque, que je me figurais placée au rayon best-sellers faciles, un cran au-dessus de Marc Levy car me semblait-il, dotée d'une envie de vulgarisation à tendance culturelle. 
"Les perroquets de la place d'Arezzo" est un pavé que les éditions Albin-Michel présentent  comme "une encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs, le roman des comportements amoureux de notre temps." Rien que ça !
Ambitieux donc et pas trompeur sur la marchandise, le roman aborde bien la sexualité du 21ème siècle sous toutes ses formes.Il ne manque rien, tout y passe, de l'asexualité à la zoophilie. J'en vois déjà se frotter les mains et se pourlécher les babines, imaginant un bon gros bouquin érotique pour égayer quelques tristouilles soirées automnales... Ils ont tort ! Si tous les nombreux personnages de cette histoire sont fortement tenaillés par leur sexe, le texte lui, même avec ses allures coquines, n'est guère bandant. Il ressemble à un de ces téléfilms érotiques que diffusait jadis M6 le dimanche soir mais dont on aurait flouté les seins et les fesses (on ne voyait bien sûr aucun sexe ou poil pubien). Du coup la lecture  se révèle être une expérience assez étrange, entre pudibonderie et partouze, comme une de ces scènes de film, où les parties dites intimes sont soigneusement camouflées derrière une orchidée, un candélabre ou un vase Lalique,... car tout est chic et de bon goût chez Eric-Emmanuel Schmitt (il faut faire rêver son lectorat). 
Le lecteur lambda que je suis, au fil de ces 730 pages (!), est passé par différents états. 
Tout d'abord, intéressé. Aguiché par le titre (Les perroquets de la place d'Arezzo) qui évoquait pour moi couleurs et sensualité italienne, j'ai vite déchanté. Arezzo n'est pas la ville de Toscane mais simplement une place bruxelloise sur laquelle vivent une collection de perroquets lâchés quelques dizaines d'années plus tôt par un ambassadeur brésilien. Bon, pas de soleil mais le clinquant d'un des quartiers les plus chics de la capitale belge. Le lecteur y croise une dizaine de personnages flirtant avec les clichés, du clone de DSK, en passant par l'écrivain célèbre, le banquier cul serré, le couple de gays libertins, une fleuriste acariâtre, une bourge SM, un galeriste moche et éjaculateur précoce, des ados amoureux, un agent d'entretien canon, une veuve qui se laisse aller, une handicapée lesbienne ne jouissant qu'avec des godem..., heu non, là je m'égare... Tous ceux-là (et d'autres) recevront la même lettre anonyme disant : 
"Ce mot simplement pour te signaler que je t'aime. Signé : tu sais qui."
Après une mise en place un tantinet répétitive, la réception de ce courrier va faire l'effet du Viagra ou du Lybrido (acheté aux States sur internet) dans une boîte à partouzes. Tout le monde va s'agiter considérablement. Les timides oseront se déclarer et s'accoupler avec bonheur, les épouses prendront maîtresse ou amant mais avec volupté, les déjà libertins redoubleront d'inventivité dans des rapports toujours aussi enthousiasmants, les esseulés s'inventeront une libido intense ou trouveront le grand amour et donc l'extase. Tout cela prend une bonne moitié du roman. J'ai suivi ça poliment. C'est bien mené, les stéréotypes permettant de ne pas mélanger les personnages.
Mais dans cet inventaire des désirs, très ripoliné, très attendu, je suis devenu interrogatif. Où est l'auteur dans tout ça ? A-t-il un avis ou se pose-t-il en narrateur impartial ? Toute cette joliesse est-elle vraiment honnête ? Et puis, ça manque sérieusement de piment cette affaire. Bizarrement, alors que l'on baise partout et à tout va, je me suis demandé où était passée la chair, la vraie, celle qui sue, qui frémit, qui plisse ou qui pique.
Et puis, petit à petit, apparaissent quelques éléments qui donnent à penser qu'Eric-Emmanuel Schmitt va développer un point de vue sur toute cette excitation générale. Apparaît subrepticement une touche religieuse. Quelques personnages aux désirs trop tordus commencent à payer (la femme adultère lesbienne et sa compagne, le ménage à trois, ...). La bien-pensance pénètre doucement au fil des pages et l'irritation me gagne... puis s'éteint car, nouveau virage, la dernière partie se transforme en une sorte de happy-end où l'amour, le vrai, le partagé, triomphe. C'est plus gentillet, plus rafraîchissant. Un sentiment d'ouverture irrigue les derniers chapitres qui restent toutefois, pour ma part, peu bouleversants.
Je ne peux pas dire que j'ai été emballé par ce catalogue des désirs mais je suis allé jusqu'au bout (730 pages , je vous rappelle). Ca se lit facilement, c'est léger. Pas dérangeant finalement et c'est dommage, le sujet se prêtait à quelque chose de plus âpre, de plus réaliste, mais ce n'est vraisemblablement pas le créneau de l'auteur. Je reconnais volontiers à Eric-Emmanuel Schmitt une jolie ambition romanesque, quelques passages touchants ou bien vus et joliment troussés, mais cependant ce livre n'est pas pour moi qui attend d'un roman, qu'il me touche en profondeur, qu'il me bouscule un peu plus. Ici, il réussit la prouesse de nous raconter une libido débridée mais lumière éteinte et avec des draps de soie par dessus. Permettez-moi de préférer le coton, le plein jour et la frénésie hésitante des corps imparfaits. 

vendredi 23 août 2013

Jeune et jolie de François Ozon



Le précédent film de François Ozon, "Dans la maison" est pour moi l'un des moins réussis de sa filmographie. Celui qu'il nous livre aujourd'hui est par contre le plus intrigant. Et le mot est faible si j'en juge par le silence perplexe qui a suivi le dernière scène de "Jeune et jolie" dans la salle où je l'ai vu, silence suivi par une sortie sans un mot des spectateurs pourtant nombreux, le regard interrogateur et un peu perdu.
L'histoire est simple : une adolescente de bonne famille se prostitue de 5 à 7 après le lycée. Elle ne le fait ni pour l'argent, ni pour le plaisir. Elle le fait, c'est tout tout ! Pourquoi ? Cela aurait pu être le prétexte du film, mais le réalisateur (et scénariste) ne prend pas du tout ce chemin psychologisant, nous laissant nous débrouiller avec les images qu'il a bien voulu tourner. Dans une trame aux aspérités évidentes, il réussit à lisser son propos, sans l'édulcorer pour autant, mais en tenant le spectateur et les personnages à distance de toute interprétation formelle. C'est en soi une performance mais surtout un jeu dangereux auquel il se livre, le public pouvant être déstabilisé par cette perversion ludique à ne vouloir donner aucune clef. 
C'est cette déstabilisation que j'aime parce que je suis joueur, comme François Ozon l'est dans tous ses films et surtout dans celui-ci. Il joue comme souvent avec les références cinématographiques (notamment ici "Belle de jour" mais aussi ses premiers courts métrages), avec la sexualité et la représentation que le spectateur peut en avoir, avec les codes de la narration classique et l'empathie que l'on est supposé éprouver avec un personnage principal à l'écran. 
Concrètement, il a trouvé en Marine Vacth une interprète idéale, sobre, belle, impénétrable. Le rôle est fort, très marquant, de ceux après lequel il sera peut être difficile de rebondir. Le reste de la distribution est à l'avenant : parfaite. Tout est donc impeccable, parfaitement maîtrisé mais sans possibilité d'accroche réelle. 
"Jeune et jolie"  est un film qu'il faut découvrir parce que profondément original dans le paysage actuel. Défiant ou supportant toutes sortes d'analyses, il déroule sa trame insolite avec beaucoup de talent. J'ai aimé ce jeu pervers. Ne me demandez pas pourquoi ni ne cherchez pas à me caser dans quelconque case préfabriquée.

Une excellente critique est à lire ici :


jeudi 22 août 2013

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson


Bjarni, après la mort de son épouse, écrit une lettre à Helga, une voisine avec qui, quelques années plus tôt, il avait réussi à partager quelques rapports sexuels passionnés. D'une de ces étreintes est née une petite fille et la possibilité de vivre cette passion au grand jour. Mais cet agriculteur n'a pas pu, pas su, pas voulu prendre ce chemin à la fois par peur et par devoir. A 90 ans, par le biais d'une longue et magnifique lettre, il retrace sa sombre vie et exprime enfin cet amour qui l'a habité pendant des décennies.
Ce texte, à la fois récit de la vie rustique d'éleveurs d'ovins islandais et histoire d'amour peu vécue, est de ceux qui s'insinuent dans la tête du lecteur pour l'habiter longtemps.
La vie est rude en Islande, comme les hommes qui y la peuplent. Loin des villes, isolés, se battant sans cesse contre les éléments, ils vivent frustrement et sans se poser trop de questions au milieu d'une nature nourricière mais hostile.
Bjarni, le narrateur, passionné par son métier d'éleveur de moutons, acceptant moultes responsabilités au sein d'un canton que l'on devine peu habité, a épousé Unnur pour ....le pire. Une tumeur ovarienne est décelée et l'opération qui en suivra la rendra stérile mais également inapte au moindre rapport sexuel.
Dans cette vie austère, le frustration sexuelle va lui faire poser le regard sur sa voisine, Helga, mal mariée et aux formes alléchantes...
Ce récit mêlant amour du travail et de la nature, sexualité peu épanouie, emporte le lecteur par sa dureté et par la justesse des sentiments. Ses hésitations, ses élans refoulés, son amour identique pour ses bêtes, son tracteur et sa voisine, aussi étrange que cela puisse paraître sont d'une intensité troublante. Même ses étreintes aux relents d'urine ont la saveur de la vraie passion. Et quand le vieil homme aborde avec philosophie le sens de sa vie, on mesure combien ce texte qui avait déjà attrapé le coeur du lecteur,  atteint au final des sommets en évoquant en filigrane la fin d'un monde que l'argent et la cupidité ont détruit.
L'éditeur précise que cette lettre fut un best-seller en Allemagne et dans tous les pays scandinaves (quel bon goût !). Espérons qu'il en soit de même en France car notre ultra moderne solitude urbaine et contemporaine ressemble étrangement à cette méga solitude campagnarde islandaise.

Ce très beau roman est édité chez Zulma et est par ailleurs un des 4 finalistes du prix  du roman Fnac 2013 (libraires et lecteurs)

mercredi 21 août 2013

Daffodil Silver d'Isabelle Monnin


Mon premier coup de coeur de la rentrée


Le titre du troisième roman d'Isabelle Monnin est à l'image de son contenu : surprenant et romanesque. 
"Daffodil Silver" évoquait pour moi quelque lieu inconnu, plutôt situé en Amérique du Nord, genre une ferme au Texas ou un canyon dans le Colorado. En fait, c'est le nom de la narratrice. Daffodil est son prénom (jonquille en anglais), donné par sa mère pour respecter une vieille tradition familiale où toutes les filles portent un nom de fleur ( et les garçons un nom d'arbre). 
Nous rencontrons Daffodil, petite quarantaine, dans un bureau que l'on devine sombre et poussiéreux. Elle est face à un notaire pour régler la succession de ses parents. Et c'est à lui, dans le secret bien calfeutré de son étude, qu'elle va conter son histoire et surtout celle de sa famille et de quelques amis. 
Enfant unique, elle vivra aux côtés d'un couple assez singulier. Son père, fils d'un diamantaire américain, épaule sans sourciller son épouse Lilas, obnubilée jusqu'à la folie par le décès prématuré de sa soeur Rosa à 26 ans. Cette mère consacrera sa vie à essayer de faire vivre, revivre artistiquement, cette soeur, moitié que la mort lui a arraché et dont elle n'arrivera jamais à faire le deuil. 
Evidemment le pitch laisse présager une énième plongée dans un pathos larmoyant autour de la disparition d'un être cher et de l'absence comme il en existe des mètres sur les rayonnages des librairies. 
En fait, deuxième surprise, pas du tout ! Ou pas que... loin de là.  Sans jamais oublier que nous sommes dans un roman, en donnant constamment une épaisseur à ses personnages au travers d'anecdotes, de scènes farfelues, tendres ou émouvantes, le livre avance doucement, sûrement. Isabelle Monnin brode avec un talent inouï, une histoire où deuil et enfance se mélangent comme les fils inséparables d'une vie peu banale, extraordinaire et douloureuse. Si le fantôme de la morte rôde inlassablement au-dessus de Daffodil, elle restera une enfant sensible, ouverte à toute sorte de sensations. Et l'auteur, avec une écriture sensuelle, charnelle, poétique aussi, précise, joueuse, nous fait partager  tout en finesse et en douceur, une palette de sentiments universels sans jamais verser dans la facilité. Cet équilibre subtil et délicat est maintenu jusqu'au bout. Et quand le récit se termine, ayant lentement dérivé vers la fable, le lecteur referme le livre ému et pour longtemps troublé. 
La dernière surprise, toute personnelle, c'est que je ne m'attendais pas à ce que ce roman me plaise autant, ayant peu apprécié le précédent ( " Second tour ou les bons sentiments" ). 
Force est de constater qu'ici, Isabelle Monnin déploie un talent d'écriture indéniable et arrive à créer un univers romanesque d'une densité rare en cette rentrée littéraire très portée sur le politique. Et quand on arrive à concilier aussi bien ces deux éléments, je ne peux que m'incliner et souhaiter que beaucoup de lecteurs cueillent "Daffodil Silver" et que quelques lauriers couronnent ce roman qui sait toucher avec autant de grâce. 

mardi 20 août 2013

Les vacances du blogueur 3. La plage


 Votre blogueur, quand il est en vacances, aime bien se ressourcer au bord de la mer. Par goût personnel, il évite les plages poussiéreuses, huileuses, caillouteuses, surpeuplées et souvent très ventées de la Méditerranée, préférant celles de l'Atlantique, au sable lavé par la marée, aux vagues tonifiantes, à l'air iodé.
Et cerise sur le gâteau, les jours de grand beau temps, pour peu que le vent daigne ne pas trop souffler et que les nuages se fassent rares, il peut assister, béat, au coucher de soleil sur la mer.
Vous pourrez le rencontrer sur une de ces nombreuses plages aquitaines mais, attention,  pas n'importe où ! Voici quelques éléments clefs, qui vous permettront de le repérer l'été prochain et venir discuter un brin avec lui, car il aime l'échange et la discussion (pour cette année, les vacances sont finies).
Tout d'abord, n'ayez pas peur de franchir les dunes (souvent aménagées de nos jours), une belle plage cela se mérite un peu ! Quand vous arrivez, vous tombez de suite sur une zone souvent peuplée car le vacancier, épuisé par sa montée de dune, préfère lâcher son attirail tout de suite plutôt que de continuer à marcher dans le sable, balade bien trop pénible surtout après un apéro bien arrosé et une bonne dose de confit de canard. De plus, comme il s'agit de la zone de baignade surveillée, on ne va pas aller risquer sa peau au-delà. Votre blogueur, lui, a besoin de calme. Il fuit les familles aux enfants braillards qui courent partout, envoyant du sable sur son livre. Il évite comme la peste les bandes de jeunes même s'ils ont tendance à être moins bruyants qu'auparavant, ayant troqués le sound blaster pour l'ipod, bien plus silencieux. Il ne reste que les inévitables jeux de plage qui consistent à défaire le soutien-gorge des filles dans le but de se faire poursuivre mais déclenchant invariablement des cris hystériques impropres au repos. Non, votre blogueur ne rechigne pas à faire quelques mètres sur le sable pour aller vers des portions de plage plus sereines et moins mouvementées.
Une fois la foule, derrière lui, il va repérer un endroit déserté, et poser ses maigres affaires. Premier réflexe, il ôte ses vêtements, il ne s'agit pas de perdre un seul rayon de soleil sur sa peau aspirine. Ensuite, et c'est LE détail qui pourra vous le faire repérer sans équivoque, il fouit ! Oui de verbe fouir ! Il creuse quoi ! Mais diable, pourquoi votre blogueur éprouve-t-il cette envie de faire un trou ? N'aurait-il pas eu son comptant de châteaux de sable durant l'enfance ? Du tout, il cherche seulement le confort ! Il se fabrique un siège moelleux, le trou servant à poser son séant, le tas de sable extrait faisant office de dossier. Une touche de produit solaire plus tard, hop, le voici installé face à la mer, un livre entre les mains prêt à passer une après-midi de lecture au grand air.
Oui, vous le savez, votre blogueur lit. Il essaie de réduire sa PAL (voir billet du samedi 17) mais aussi de prendre de l"avance sur la lecture des nouveautés de la rentrée littéraire, car elle coïncide avec sa reprise du travail à lui, et s'il peut avoir écrit quelques billets d'avance....
Mais la plage n'est pas qu'un salon de lecture amélioré, ni un solarium naturel mais aussi un lieu où il va pouvoir rêver, inventer des vies aux nombreux promeneurs qui passent et repassent devant lui, se poser des questions d'ordre psychologique du genre : pourquoi dans un couple de bord de mer le monsieur est, très souvent, plus bronzé que sa compagne ? Il va bien sûr, se baigner, se balader, ramasser des coquillages ou pester contre son inattention lorsqu'une vague trop forte aura détrempé ses affaires.
Vous l'avez compris, le blogueur aime le grand air et fuit la promiscuité. Cependant, lorsqu'il arrive à votre blogueur d'aller seul à la plage, sa tranquillité est quelquefois mise à rude épreuve. S'il lui est facile de se déplacer quand une famille vient se coller près de sa serviette alors qu'il n'y a personne à 200 mètres à la ronde, moins évident est d'éviter les gens qui l'accostent. Oui, le blogueur se fait accoster. On lui demande du feu alors qu'il ne fume pas, l'heure alors que tout le monde est muni d'un portable (pas lui). On lui demande la permission d'étendre une serviette à côté de la sienne pour discuter de tout et de rien, mais avec la petite idée derrière la tête de quelques rapprochements corporels agréables. Mais bizarrement, en des dizaines d'année de plage, JAMAIS , je dis bien JAMAIS personne n'a abordé votre blogueur pour lui demander ce qu'il était en train de lire ou pour discuter de lecture. A croire qu'il est le seul à avoir un livre avec lui.
J'entends d'ici certaines mauvaises langues dire que c'est normal, puisque le blogueur lit soit des nouveautés que personne ne connaît ou des titres peu vendus. S'il faisait comme tout un chacun, qu'il emportait Mme Pancol, Mme Nothomb, Mr Musso ou Mr Levy sur le sable, peut être qu"il pourrait avoir des échanges littéraires bercés par les vagues. Mais à vouloir faire son malin, à s'écarter de ses contemporains, il rate finalement de belles occasions de rencontres.
C'est vrai, mais votre blogueur a son blog chevillé au corps,et même en vacances, il ne décroche jamais complètement, joignant l'agréable à l'agréable car lire au soleil, au bord de la mer....quel plaisir !

lundi 19 août 2013

Les vacances du blogueur 2. La presse (et Inès de la Fressange dans ELLE)



Le blogueur en vacances, n'est pas uniquement plongé dans la lecture intensive de romans ou autres essais dans le seul but de proposer à ses lecteurs avides de critiques son picotin quotidien. Non, il lit aussi la presse. Ce n'est pas qu'en temps normal il ne la lise pas, mais durant la période estivale, disons qu'il en a une lecture plus pointue, moins rapide. Il prend le temps de s'intéresser à des sujets qu'il survole en temps ordinaire. Il va ainsi se passionner pour l'économie souterraine chez les fabricants de robinets pour tonneau ou pour les ravages du dopage chez les haltérophiles, sujets qu'il aurait survolé d'un oeil morne durant la période hivernale. Il va aussi profiter du relâchement général des vacances, pour se plonger, en cachette, la nuit, protégé par la pénombre d'un mobil-home silencieux, dans la lecture de titres un peu honteux du genre Voici ou Closer mais uniquement parce que ces derniers ont proposé un tee shirt soi-disant de marque à ses lectrices et que, pour habiller à pas cher ses adolescentes de filles, il est prêt à jeter aux orties ses principes culturels et surtout rentabiliser cet achat fashion et crétin.
Mais, je vous rassure, la majeure partie du temps passée à ausculter la presse magazine, a été consacré par votre serviteur, à analyser mot à mot des dossiers sur les menteurs (Télérama), la malbouffe (L'express), les écrivains d'Hollywood (Le nouvel obs) ou une interview de Brett Easton Ellis (Le monde magazine). Cela lui a permis d'alimenter la conversation avec ses voisins de mobil-home au moment de l'apéro et ainsi d'échapper à des conversations autour du petit dernier qui braille en jouant avec le portable de son père, des achats d'alcool pas cher en Espagne ou de la prochaine croupionade (carcasses de canard cuites à la braise) organisée par le club de rugby local . Evidemment, je me demande encore pourquoi je n'ai jamais été réinvité ni pourquoi mes tentatives d'invitations ont toutes été déclinées malgré la promesse d'un rosé de chez le producteur particulièrement goûteux. Peut être que si j'avais évoqué le nouvel amant d'Amel Bent, la dernière rupture de Jennifer ou  raconté, le regard ébloui, que j'avais aperçu la soeur du père de Nabilla nue sur la plage... Mais, on se se refait pas et je n'avais qu'à passer mes vacances à Avignon plutôt que dans un mobil-home à Montalivet !
Par contre, j'ai lu avec assiduité ma revue féminine préférée : ELLE ! Comme chaque été, je me suis repu des recettes de cuisine à faire avec un camping gaz (là, j'exagère un peu, je mixe deux articles), à condition d'avoir emporté avec soi du chou kale, du wakamé ou du dulse, ingrédients indispensables pour composer des menus "alcaline eating", régime chic qui fait fureur chez les stars....Du genre Jennifer Aniston, l'actrice (?) qui tous les étés, bien que n'ayant rien à présenter, rien à dire,(et dont on a rien à faire) hante systématiquement les pages de la revue.
Mais que serait un été avec ELLE, sans Inès de la Fressange ? Le reportage qui lui est consacré ce mois d'août est un régal ! Cette année, et avant que l'on fête ses bientôt 60 ans, on nous la présente jeune ( mais on est habitué, elle a 25 ans depuis 30 ans), cool (toujours, quelle vivacité !) mais surtout très simple et accessible comme toute lectrice du magazine qui n'a pas la possibilité de passer ses vacances dans une propriété de 25 pièces avec piscine dans le Lubéron. Figurez-vous qu'Inès porte des jeans H&M, des chemises achetées 5 euros dans une friperie et joue à la pétanque ! Elle adore les paniers en osier chinés dans les brocantes pour trois fois rien (mais pose avec un panier Hermès parce que ceux que la stagiaire avait ramené pour le shooting était trop poussiéreux). Si vous voulez le vérifier, le magazine nous donne l'endroit exact dans Paris, où la future mamie se prélasse l'été, loin de Saint Tropez : pont Alexandre III, à droite en descendant, sur les chaises de la même couleur que chez Sénéquier (on ne se refait pas). Moi, j'ai vérifié si elle portait bien des jeans de la marque suédoise bon marché et des chemises d'occase. Je ne suis pas allé rive gauche sous le pont Alexandre III (j'ai préféré me balader dans Berlin), j'ai simplement regardé le détail des vêtements portés sur la photo de couverture... Hé ben , elle fait rien qu'à mentir Inès ! Tout vient de chez Journal Standard Luxe, un lieu que je ne connais pas et qui de toute évidence révulserait ma carte bleue. Je suggère au magazine pour l'été prochain de nous intégrer Inès dans leurs pages déco et de nous la présenter radieuse et épanouie dans son F2 de Montreuil... On est mûr pour le croire !
Je vais arrêter là car sinon, maintenant que je suis lancé,  je risque de me moquer aussi de la vie si belle de Leîla Behkhti (qui ?) ou de l'album des extraordinaires vacances d'Alessandra Sublet.
Je vais plutôt retourner dans ma cuisine, j'ai des pâtes à faire cuire pour nourrir ma famille et s'il me reste un peu d'argent après mes folies en mobil-home, je pourrai les agrémenter d'un peu de fromage râpé acheté chez Lidl. ( Non, je n'accepte aucun don ! d'ailleurs, y'a pas de lien Paypal sur mon blog ....)


dimanche 18 août 2013

Les vacances du blogueur 1 . Ses lectures de vacances.



Quand le blogueur met son blog en vacances, ce n'est pas pour autant qu'il cesse toute activité culturelle. Non ! Il souffle un peu, se laissant aller à ne plus lire utile ou par obligation. ( Utile : parce que c'est le livre dont on parle, qu'il faut avoir lu et donc parler sur son blog pour avoir un max de visites. Obligation : une gentille attachée de presse d'une maison d'édition a eu la généreuse idée de me faire parvenir un ouvrage en échange d'un billet sur mon blog si fréquenté et tellement prescripteur.)
Le blogueur rattrape ses lectures et pour cela il plonge dans sa PAL. Comment, vous ne savez pas ce qu'est une PAL ?! Pile A Lire, en langage blogueur. En gros on trouve dedans tout ce que l'on aurait aimé lire, tout ce que l'on a acheté sur les bons conseils des collègues ou des libraires, mais que l'on a pas eu le temps, l'envie, d'ouvrir. C'est le genre de pile qui, chez moi, a tendance à grandir au fil des mois, des années. Heureusement, en juillet et août, normalement, sa hauteur a tendance à diminuer soit grâce à une élimination sans concession ( lui, ça fait dix ans que je dois le lire, aller zou, direction "carton à donner") ou plus simplement par lecture. 
C'est ainsi que cet été, j'ai essayé de me plonger dans certains auteurs que j'avais évités jusqu'à présent. 
J'ai commencé par lire "Le confident" d'Hélène Grémillon, roman qui fait un tabac en format de poche depuis des mois, dont tout un tas d'amies (oui, lectorat féminin essentiellement) me faisaient grand cas. 


Verdict : bof ! Je sais, je vais me faire lyncher mais même s'il y a une qualité d'écriture indéniable, une construction assez sophistiquée, le tout reste un peu pouffant. Trop c'est trop et à la fin, je n'en pouvais plus de cette histoire où, hélas, le trop plein d'événements camoufle la sensibilité de l'écriture. 

Toujours, chez folio, peut être parce qu'il avait reçu un prix Médicis jadis mais surtout parce que je voulais lire au moins une fois la prose du fils de Jérôme Lindon, auteur que la critique bien pensante adôôôôre, j'ai lu, jusqu'au bout   "Ce qu'aimer veut dire". 

Une chose est certaine, cela m'étonnerait que je retente l'expérience. Cette relation soit disant très forte de l'auteur avec Michel Foucault est d'un incommensurable ennui. Jamais intéressante car toujours sur la surface des choses (même si l'auteur tente de lui donner une profondeur que l'on ne ressent jamais), elle est surtout la description d'une bande de oisifs, vaguement pique-assiettes qui se shoote énormément. Ressemblant par la vacuité des personnages à "Moins que zéro" de Brett Easton Ellis, mais sans la dérision, on sent que l'auteur n'a pas pu se lâcher complètement sur la description de ses années auprès du maître, trop de personnes célèbres encore vivantes se seraient peut être reconnues...
Il est certain que cette rentrée nous entendrons beaucoup parler de Mathieu Lindon puisque son nouveau livre sort en octobre. Le sujet ?  Des hommes qui se droguent ... Ben, je croyais qu'il l'avait déjà fait avec celui-ci !


Celui-là, je l'ai acheté sur les conseils du Nouvel Obs. Il faisait partie de la sélection des meilleurs polars pour l'été. J'ai eu du mal à l'obtenir, aucun libraire de ma ville ne l'avait en stock (vous saviez, vous, que chez Marabout, ils avaient une collection de polars inédits en poche ?). Ben, j'aurai pu m'abstenir.  Rien de bien extraordinaire dans cette histoire de jeune étrangère retrouvée morte dans une tranchée en décembre 1914. L'intrigue de départ est originale, la suite beaucoup moins. Appliqué, pas passionnant malgré une description assez précise de l'époque, je me demande encore ce qu'il faisait dans cette sélection (une copine du journaliste, peut être). 


Oui, je l'avoue, je n'avais jamais lu l'auteur islandais qui se hisse régulièrement dans les listes des meilleures ventes. (C'est fait pour ça les vacances, combler des manques....).  Maintenant, c'est fait. Fortement conseillé par plein de monde, j'avoue avoir bien marché à cette histoire et à ces petits rebondissements. Cela reste toutefois une lecture facile et plaisante mais qui ne m'a pas emballé au point  d'acheter toute l'oeuvre de l'auteur. 


Celui-ci tout le monde l'avait lu autour de moi et m'en disait grand bien.... et ils avaient raison. C'est drôle, piquant, bien fichu, bien observé. Un régal de lecture de vacances (qui semble ne plus être disponible en poche...) qui, lui, m'a fait acheter les trois autres disponibles, venus grandir ma PAL. 


Aussi incroyable que cela puisse paraître, je me suis retrouvé une journée sans avoir rien à lire dans un bled paumé de Gironde (mauvaise gestion de mon stock de lectures). Seule source de livres du coin, un ex Shopi et son mini rayon librairie où se battaient en duel Marc Lévy et Guillaume Musso. Caché derrière un Harlequin, j'ai débusqué un Harlan Coben que j'avais déjà lu et au milieu de cartes routières cornées il y avait ce Véronique Olmi. Je n'avais, là aussi, jamais lu la prose de Mme Olmi, auteure pourtant célébrée depuis longtemps... Au final, c'est une lecture agréable autour d'un sujet lambda ( la crise de la cinquantaine sur un lieu de villégiature). Véronique Olmi, sans renouveler le genre, fait preuve de sensibilité et de savoir-faire et j'ai donc passé un bon moment. 


Je serai par contre gentil, je passerai sous silence les titres que j'ai abandonnés avant la fin, je ne parle jamais des livres que je n'ai pas terminés. 
Hélas, pour moi, je n'ai pas pu endiguer de façon notable ma PAL. Entre achats impulsifs dans les librairies croisées sur ma route, envois de nouveautés par les éditeurs (pas des wagons quand même ), farniente, plage, repas entre amis, balades, ma PAL est toujours aussi haute et me nargue quotidiennement. J'y replongerai peut être lorsque le coup de feu de la rentrée littéraire sera un peu passé (mais cela m'étonnerait, elle devrait augmenter encore, y'a tellement de choses qui paraissent intéressantes....) ou bien....si j'arrêtais de travailler. Mais là, c'est un rêve, mon blog ne rapporte rien et la réforme des retraites guère favorable... 







samedi 17 août 2013

La vie critique d'Arnaud Viviant


C'est un roman, c'est écrit sur la couverture. Mais le héros ressemble tellement à l'auteur qu'à la lecture on pense vraiment que l'on est dans le terrain de l'autobiographie. On voit, on entend Arnaud Viviant et du coup, on ne voit que lui, on n'entend que lui,  même dans les moments où l'on sait que c'est du roman (son débarquement de l'émission radio "Le masque et la plume").
Du coup, c'est assez déroutant. Est-ce de l'auto flagellation ou la vanité ? Parce que la lecture de "La vie critique" donne une image du critique (et par la même d'Arnaud Viviant) assez ambigüe, entre tentative d'apitoiement et dérision.
Côté apitoiement, nous avons notre compte. Un peu mal dans sa peau, pas très beau, vieillissant et bedonnant, le critique slalome dans la vie entre une femme, une maîtresse et un bébé. Il suit bien sûr une psychanalyse qui lui coûte cher (une séance équivaut en gros à ce qu'il gagne pour sa participation mensuelle à la célèbre émission de critiques de France Inter). Il a des problèmes de découverts bancaires, des doutes et des manques face à la littérature, commet des erreurs, est parfois assez déprimé  mais se refait une santé en surfant sur des sites érotiques sado-masochistes.
J'aurai pu le plaindre, le trouver attachant, mais non, parce que tout cela se passe dans un Paris intello et vaniteux. On sirote des alcools au Flore, on rencontre quelques célébrités, on s'enorgueillit de participer à des colloques pour parler devant une huitaine de personnes, scotchées par la qualité des propos du critique qui déblatère sur "Littérature et démocratie". Il rencontre des attachées de presse girondes et lascives qui s'appuient contre le premier arbre venu, offertes, n'attendant qu'une saillie sauvage du brave critique pourtant physiquement banal mais suintant de sexualité. Il fait aussi son érudit, étale ses connaissances, dresse au fil des pages des listes d'écrivains qui sont morts noyés, qui se sont suicidés, ...
Alors, je suis partagé. Dérision ? Nombrilisme ? Je ne sais pas. j'ai plutot versé dans le deuxième. C'est parfois intéressant, souvent bien vu et bien tourné , mais derrière la dérision, on sent tout de même la suffisance. Les collègues critiques se reconnaîtront sans doute et profiteront de l'occasion pour renvoyer l'ascenseur en louant avec des articles laudateurs, la haute tenue caustique du texte. Le lecteur lambda, à mon avis, pourra sans problème porter son regard vers d'autres livres de cette rentrée, plus profonds, plus ambitieux, moins nombrilistes.
Merci à Libfly et au furet du Nord qui m'ont permis de livre en avant-première ce livre dans le cadre de leur opération "On vous lit tout". 

vendredi 16 août 2013

Michael Kohlhaas d'Arnaud des Pallières


 Sortir "Michael Kohlhaas" cette semaine du 15 août est futé car cela lui permet d'occuper un espace médiatique important dans une semaine pas encore très chargé au niveau des sorties. Présenté en une sélection officielle du dernier festival de Cannes, de nombreuses interviews de l'acteur principal et de son réalisateur ont paru dans la presse qui fait l'opinion. Si les entretiens avec Mads Mikkelsen peuvent être porteuses d'élan pour acheter son billet , ceux d'Arnaud de Pallières versent beaucoup dans un intellectualisme verbeux et laissent penser que l'oeuvre en question est plus proche du pensum soporifique miteux que de la folle aventure passionnante. 
Nonobstant quelques doutes, j'ai passé plus de deux heures à chevaucher les montagnes arides des Cévennes, où, Michael Kohlhaas, obstiné, veut obtenir réparation pour le vol de deux chevaux et l'assassinat de son épouse. L'intrigue est simple mais le dispositif pour la conter l'est un peu moins. Je ne sais pas si c'est pour pallier au manque évident de moyens financiers ou pour donner un style original au projet, mais le réalisateur utilise quelques parti-pris un peu déroutants. Faisant fi des lieux, des distances, voire des saisons, les personnages, assez taiseux dans l'ensemble, évoluent dans la nature, au milieu des rochers, des prairies et quelques fois dans quelques ruines photogéniques. C'est un peu déstabilisant, enlevant de la crédibilité à l'histoire même si l'on sent bien que le réalisateur cherche surtout à élever le propos vers une réflexion philosophique autour du droit et de la justice. La caméra est souvent fixée sur les visage des acteurs balayés par le vent ou caressés par quelque soleil pâle. C'est esthétiquement bien filmé, résolument froid. 
Et puis, il y a Mads Mikkelsen. Il occupe, que dis-je, il habite l'écran d'une façon inouï. Beau, sec, déterminé, il est la force de ce film. Il n'a beaucoup de dialogues à interpréter mais il impose une présence magnétique à l'ensemble. J'en veux pour preuve, le dernier long plan fixe du film, d'une beauté à couper le souffle où l'acteur et le réalisateur font passer une émotion énorme qui rachète amplement les deux heures d'ennui distingué qui ont précédé. Alors, si le coeur vous en dit et si vous êtes patients....


jeudi 15 août 2013

Résultats du concours de l'été.

Merci à tous les participants (382) qui ont bien voulu jouer le jeu de se dévoiler un peu en me donnant le livre qu'ils étaient en train de lire. (ainsi que pour les mots sympas qui accompagnaient la réponse).
Beaucoup de diversité dans les lectures. Si l'on trouve bien évidemment les livres phares des listes des meilleures ventes ( Levy, Musso, les nuances de gris, ....) d'autres sont plongés dans des classiques, des polars ou des titres et des auteurs peu connus. Mais un genre semble se détacher parmi tous les participants : le fantastique, l'héroïc-fantasy .
Mais trêve de bavardage, il est temps de révéler les trois gagnants que je viens de tirer au sort :

Noëlle BAYLE de Sermentizon gagne La pendue de Londres de Didier Decoin
Kanitha CHHEA de Noisiel gagne La première chose qu'on regarde de Grégoire Delacourt
Lucile BARRET de Saint Etienne gagne " 7 rêves de pierre" de Blandine LE CALLET

 Bravo aux gagnants qui recevront dans les prochains jours leur lot  !


Il est des hommes qui se perdront toujours de Rebecca Lighieri

2019  Il est comment le nouveau Rebecca Lighieri ? Un peu décevant. La critique s'enflamme pour ce nouveau roman de Rebecca Ligh...