lundi 26 août 2013

Macanudo tome 4 de Liniers


En ce début du 21ème siècle, le strip (la BD, pas l'effeuillage !) n'est plus un genre vraiment prisé.On ne trouve guère de quotidiens en France qui en publient dans leurs colonnes. Ailleurs, de part le monde, la tradition semble encore se perpétuer et quelques uns arrivent à nous parvenir sous forme d'albums via la plupart du temps des petites maisons d'édition. 
C'est le cas de "Macanudo", d'origine argentine et qui fait les beaux jours du quotidien "La Nacion" depuis des années. Annoncé par les éditions de la Pastèque (d'origine québécoise) comme aussi fort que Mafalda et Peanuts réunis, "Macanudo" développe un univers assez singulier dans l'univers finalement assez formaté du strip. Très loin des canons habituels du genre, on ne trouvera pas ici de familles moyennes, d'enfants rêveurs, espiègles ou raisonneurs. Place à une galerie de personnages atypiques, originaux ou disparates. Des lutins aux chapeaux pointus, un nounours, un être mystérieux avec une cape et un chapeau claque, des monstres, Pablo Picasso, l'auteur lui-même, Z-25 le robot sensible,un chat, une olive, des décideurs américains, des manchots, ...  cohabitent pour créer une ambiance très particulière entre poésie, absurde, humour tendre et jeux avec les codes de la bande dessinée. 
Au début, je l'avoue, c'est un peu déroutant. Les gags ne sont pas tous évidents, surtout qu'un strip est censé se lire rapidement et que le rire nous sauter de suite à la gorge. Ici, quelquefois, la chute est juste belle ou poétique. Au fil des pages, le charme agit pourtant et au final, j'ai été séduit par tant de créativité bouillonnante. Cette oscillation entre franche rigolade qui peut tourner au cynique, énorme tendresse frisant la poésie et cases d'une beauté plastique incroyable possède un charme certain. Parfois, cela ressemble à des haïkus dessinés et tout de suite après à un jeu diaboliquement génial avec les codes du strip. 
C'est profondément original et quand j'ai refermé l'album, j'ai tout de suite eu envie de le reprendre pour repartir dans cet univers qui nous fait oublier la réalité quelques instants. Une chose est certaine, IL ME FAUT à tout prix me procurer toutes affaires cessantes les trois précédents tomes de MACANUDO ! Il est rare de trouver en BD quelque chose d'aussi frais et ludique, doux et généreux, beau et sensible et de si formidablement inventif. Les argentins ont bon goût et pour moi, c'est mon premier coup de coeur de la rentrée ! 


Hé...Monsieur qui régit les rêves... pas de cauchemars ce soir, hein !

Bonjour.


ô, Robot sensible...



Livre lu dans le cadre de masse critique du site BABELIO


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