jeudi 5 juillet 2018

Les indestructibles 2 de Brad Bird


On va vite se calmer et signaler tout de suite que ces "Indestructibles 2" lancés à grand renfort de dithyrambes plutôt mathématiques ( meilleure recettes lors de sa sortie, meilleur premier jour de tous les temps, plus grosse vente de pop corn jamais réalisée en une journée, ... etc, etc, ...) ne sont en rien un chef d'oeuvre ni une suite particulièrement réussie.
La maison Pixar, entité plus ou moins indépendante de chez Disney, surfant sur la vogue des super héros et fleurant le bon coup marketing, s'est remis au travail pour produire une suite d'un gros succès de 2004 ( Les Indestructibles).  En voilà une bonne idée, pas besoin d'aller chercher quelques licences ailleurs !  La firme ressuscite donc  des héros maison qui dormaient gentiment depuis 14 ans. Si dans le passé Pixar avait produit des suites de génie ( on pense notamment au formidable Toy Story 3 ), force est de constater qu'ici on se retrouve devant un banal film de super héros, au scénario formaté et bien peu original ( des trains ou des bateaux supersoniques foncent follement dans ou sur une ville et vont l'anéantir...heureusement des super héros aux pouvoirs divers et variés vont les arrêter avec force feu, glace, étirements, ...) voire longuet et un peu bavard. ( Attention, les mouflets de moins de 8 ans risquent de vous casser les pieds lors des quelques longues scènes dialoguées et sans action). Bien sûr, les personnages des super héros sont sympas mais ici prennent toute la place au détriment des personnages secondaires qui faisaient le sel du premier volet ( le personnage de la nounou qui n'existe plus dans cette suite ou celui de la styliste Edna cantonnée ici à deux misérables scènes). Ils virevoltent dans tous les sens sans surprendre ( on a tellement vu de super héros de toutes sortes qu'il est dorénavant difficile d'innover). L'animation reste impeccable mais bien en-dessous au niveau créatif d'un Zootopie  ( 2016) ( qui reste quand même un sommet créatif visuellement et scénaristiquement).
Pour être dans le goût du jour, le service avant-vente Disney/Pixar, a également collé un label " FEMINISTE" sur le film. Là aussi, on va baisser d'un ton, car si c'est bien la maman Indestructible qui se retrouve sur le devant de la scène à faire tout le boulot, tout le scénario repose sur le cliché que l'homme à la maison ronge son frein et a du mal avec la garde des mômes. Donc le pauvre mari gère comme il peut, donc moyennement bien, les premières amours contrariées de sa fille ado ou les premiers pouvoirs de bébé. Si féminisme il y avait eu, il aurait pris un pied fou à sa paternité, mené parfaitement  sa tâche et ainsi permis aux scénaristes de se creuser un peu le cerveau pour nous servir une histoire drôle, moins convenue et vue 100 fois sur le papa dépassé par sa progéniture infernale.
Et ce n'est pas non plus le fait que le méchant soit une méchante qui rende l'ensemble plus féministe...surtout que techniquement, cette méchante n'est pas très réussie, son physique bizarrement anguleux semble avoir été conçu dans un autre studio ( et rappelle étrangement un personnage d'un film de Luc Besson quand il jouait avec la 3D).
Loin d'être la formidable suite annoncée, "Les indestructibles 2" reste un film d'animation honnête, peu surprenant, en gros une vraie machine à faire manger du pop corn à des spectateurs heureux de retrouver toujours les mêmes histoires formatées !


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