lundi 11 novembre 2019

Histoire de France de Joffrine Donnadieu



Les amateurs d'Histoire , oui un un "h" majuscule, éviteront ce premier roman qui n'est en rien un court résumé du passé de notre pays puisque la "France" du titre est le prénom d'une assistante maternelle. Malgré tout, le titre peut toujours apparaître trompeur car il sera beaucoup moins question de cette femme que de Romy, la petite fille qu'elle garde.
Elle n'a pas du tout de chance Romy. Elle a neuf ans, elle habite Toul, la ville de Nadine Morano, dans une famille qui ne cultive pas l'épanouissement, avec une mère dépressive et un père qui boit ( peut être parce qu'il est militaire ). De temps en temps, quand sa maman est hospitalisée, France la garde. France aime beaucoup Romy. France joue beaucoup avec elle. France lui fait lécher de la chantilly sur ses gros seins. France lui introduit des Playmobil dans le sexe. France jouit de la nudité de la petite fille. France est pédophile et bien qu'elle ne gardera pas Romy longtemps, laissera évidemment une empreinte indélébile dans la tête, dans le corps de la petite fille qui bien sûr s'enfermera dans le silence.
Le roman nous conte le parcours de Romy depuis son passage chez France jusqu'à sa vie de jeune adulte. Le sujet est fort et s'empare d'un tabou avec cran ( non, il n'y a pas que des hommes pédophiles, surtout que les femmes ont beaucoup plus facilement accès aux enfants). Pour une entrée en littérature, Joffrine Donnadieu frappe fort... tout du moins par le thème énoncé, parce que le résultat apparaît plus mitigé.
Difficile de rester indifférent au livre, qui démarre fort crûment, à la lisière du voyeurisme. On s'attache évidemment à Romy, pauvre enfant livrée à elle-même, à ses démons. L'autrice nous fait ressentir les sentiments ambiguës qui s'entrechoquent dans la tête de la petite fille.
Une fois France, partie en Nouvelle-Calédonie pour suivre son mari, lui aussi militaire, la vie continue et Romy va grandir et se débattre avec les démons qui l'assaillent. Là, le roman, n'y va pas de main morte et rien ne sera épargné à Romy.  L'anorexie, la boulimie, le suicide, les scarifications, la prostitution, ... se succèdent comme dans un catalogue. On en arrive à se demander si ce n'est pas un peu trop, surtout que l'écriture, alignant elle aussi toute une panoplie de styles divers ( énumérations, mode d'emploi, ...) n'arrive pas à trouver la cohérence nécessaire pour que l'ensemble soit réellement crédible.
On reste un peu dubitatif sur cette tentative, qui hormis le thème fort de départ, finit par se perdre dans un trop plein de misérabilisme et une écriture qui manque sérieusement d'unité.

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