lundi 11 avril 2016

The end de Guillaume Nicloux


Gérard Depardieu semble être la star incontournable des films sortant de façon tonitruante directement en vidéo à la demande. Il était déjà en vedette de "Welcome to New York d'Abel Ferrara ", dont la laideur absolue lui avait valu une sortie directe sur ces plateformes ( mais aussi une vague projection durant le festival de Cannes 2014). Rebelote, le revoici dans "The end", écrit et réalisé  par Guillaume Nicloux qui après un passage dans une section parallèle à la  Berlinade, arrive sur vos sites préférés de VOD pour la modique somme de 6,99 euros,. Si on soupçonnait l'opportunisme et la mocheté du film de Ferrara, ici, malgré un lancement plus chic, on reniflait quand même la vacuité du propos, voire l'attrape-couillon. Le marketing a fonctionné à plein, star russo-française oblige ! Une longue interview en ouverture de Télérama de la productrice Sylvie Pialat nous démontre par A+B que le cinéma doit se diversifier, trouver d'autres voies de diffusion, et que la production pour un passage direct en vidéo à la demande est une opportunité de grande visibilité pour certains films qui ne seraient sortis que dans deux salles normalement. L'argument tient bien sûr, mais encore faudrait-il que le produit en vaille le coup ! Et pour "The end", on a beau nous asséner à longueur d'articles que l'envie du réalisateur, après "Valley of love", de retrouver Gérard Depardieu était si grande, qu'il a voulu écrire et tourné très vite un film...on sent le bidule bâclé. Et quand on passe une heure vingt-sept à regarder le gros Gégé se traîner dans les bois,  soufflant, jurant et  ahanant, on se dit, pour se consoler de tant de vacuité, qu'avec l'argent ainsi déboursé, on va peut être permettre à Sylvie Pialat de produire des oeuvres plus pertinentes comme elle l'a si bien fait par le passé.
Oui, je me suis passablement ennuyé devant "The end". L'histoire est simple. Un homme se perd dans les bois et y passe quelques nuits. Pas de gros événements dans le scénario à part celui-là. Ah si, il boit du Schweppes agrumes ! Ici, le placement produit fonctionne bien car, c'est de toute évidence  l'élément essentiel et bien visible de la trame ! Gérard est moins sexy que Nicole Kidman quand il boit le soda, rote un peu et a finalement une moins bonne descente que l'actrice australienne. La bouteille éclusée, il a bien fallu lui faire faire quelques rencontres. Elles sont au nombre de deux (trois si on compte celle furtive avec Xavier Beauvois ) : un jeune homme désagréable et une femme nue mutique. Cela aurait pu lui donner du peps (je n'ai pas écrit Pepsi, ils n'ont pas donné de fric !), mais hélas les dialogues improbables de l'un et le manque de communication de l'autre plombent un peu plus le film. Malgré une image soignée, on s'ennuie copieusement, rien n'agrippe l'attention. Alors on cherche un sens à tout cela. Est-ce une façon nouvelle de gagner de l'argent en espérant que des gogos (comme moi) se ruent sur leurs (télé)commandes ? Est-ce un test qui, si réussite, verra ainsi sortir sous cette forme, nombre de films dits fragiles ou expérimentaux, sous cette forme, permettant une rentabilité plus rapide ? Ou, soyons positif ou intello,  est-ce tout simplement une parabole sur le cinéma français actuel, qui erre, perdu dans la forêt d'un monde moderne trop mouvant, qui, à l'image d'un Depardieu, s'essouffle dans une production inflationniste ?  Si tel est le cas, "The end", tel quel, est déjà un chant du cygne, car pas sûr que l'on m'y reprendra une deuxième fois !



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