samedi 7 octobre 2017

Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas


Chantal, la narratrice du film ( et donc la romancière elle-même) nous parle de son enfance en bord de mer à Arcachon. Une enfance rêvée pour beaucoup et sans doute aussi pour cette petite fille qui profitera au maximum des joies de la plage et de cette ville balnéaire vivant une deuxième moitié du vingtième siècle sur les vestiges d'un passé glorieux. Nous la suivrons dans ces jeux estivaux, se faufilant sous les cabines en toile qui bordent le rivage et où se déshabillent les familles bourgeoises venant prendre le bon air, formant avec enfants d'estivants de redoutables bandes de sales gamins vivant de grandes aventures. Ces souvenirs d'enfance sont également l'occasion de se rappeler la silhouette longiligne et sportive de Jackie, cette mère décalée et obnubilée par la natation. Pendant que l'une fait ses longueurs dans l'océan ou soupire de lassitude devant la moindre tache domestique, l'autre profite au maximum de ses journées avec la plage et ses milles attraits. Deux vies qui auraient pu être se rejoindre dans un amour tendre et maternel mais qui n'ont au final que l'eau comme élément commun.
Dans une magnifique écriture, Chantal Thomas évoque avec une infinie délicatesse l'enfance d'une petite fille étourdie par la liberté offerte, occultant ainsi des parents distants et mal dans leur vie. Entre sable et rouleaux de l'océan, chacun vit sa vie en parallèle. Les adultes tiennent debout, silencieux  mais sans doute rongés de l'intérieur, permettant au final à une petite fille imaginative et espiègle de vivre pleinement sa vie d'enfant. Tout en douceur, l'auteure restitue magnifiquement les sensations maritimes qu'elle a engrangé et, devenue, adulte tourne son regard vers cette mère assez énigmatique par sa posture de sportive un peu autiste. La délicatesse qui court au fil des pages, rend ce roman précieux et un peu fragile comme une magnifique porcelaine ouvragée. Nous sommes loin des règlements de compte familiaux. Aucune aigreur ne transparaît, aucun conflit, aucune colère. Ces souvenirs sont comme la marée basse à Arcachon un jour d'été ensoleillé, avec juste une légère brise marine pour nous faire sentir bien et nous laisser regarder une mer presque étale. On se laisse couler dans une eau accueillante, on s'allonge avec confiance sur sa serviette éponge. Attention au risque d'assoupissement par trop de bienveillance, de gentillesse... Heureusement, la belle écriture ouvragée de Chantal Thomas nous évite cela... 

3 commentaires:

  1. Il me tentait beaucoup et on ne voit pas beaucoup d'avis dessus sur les blogs Merci

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  2. Je l'ai acheté samedi, j'ai vraiment hâte de le lire! En tout cas, j'ai aimé entendre l'auteur sur LCP, La Bibliothèque Médicis. Elle fait très sensible. Merci pour ton article!

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  3. J'ai malheureusement lutté contre l'enlisement dans le bassin pendant tout le roman...

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