mardi 31 octobre 2017

Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher



Il est grand temps pour moi de parler de mon coup de cœur BD de la rentrée....  Je ne suis pas le seul à avoir succombé au quatrième album de Timothé Le Boucher, puisque Télérama a mis TTT et, sincèrement, il me semble terriblement difficile de résister aux charmes de ce one shot .
En parler ? En parler !! Non, pour une fois je n'en dirai rien, car, si l'on veut pouvoir profiter pleinement de ce récit extraordinairement maîtrisé, il vaut mieux ne rien en savoir ! Et surtout, SURTOUT, ne lisez pas la quatrième de couverture qui raconte tout ! ( Mais qui a eu l'idée chez Glénat de concocter un tel résumé !?! Espérons que les lecteurs de BD n'ont pas le réflexe de leurs confrères lecteurs de romans de retourner systématiquement un ouvrage... Dans le cas qui nous intéresse ce n'est pas un résumé mais tout l'album quasiment qui est spoilé !).
Comment quand même donner envie de vous plonger dans ce récit ? ( Ce n'est pas ma bonne tête ou mon avis ( toujours pertinent) qui vous fera quitter toute affaire cessante votre série télé préférée pour vous ruer chez votre libraire). Disons, que lorsque vous aurez l'album en main, vous ne le lâcherez plus. L'histoire commence certes doucement mais va crescendo ( un peu comme une petite boule de neige lancée depuis le haut de la montagne qui arrive énorme dans la vallée). Et c'est à la fin que l'on s'aperçoit de l'absolue maîtrise narrative de son créateur. Sur un départ de comédie un poil fantastique ( genre, on échange de sexe, d'enveloppe corporelle tout en restant le même dans sa tête...mais je vous rassure, rien à voir avec le roman graphique qui nous intéresse), Timothé Le Boucher déroule une mécanique infernale d'événements et de péripéties, pour rendre son histoire imparable et un soupçon mystérieuse. Ce pas encore trentenaire, à la fois scénariste et dessinateur de surcroît, dévoile un talent qui émerveille ( et laisse augurer une suite prometteuse). En plus de son imagination sans borne et de son évident talent de conteur, ce jeune artiste, arrive à débarrasser son roman graphique des clichés habituels, restituant parfaitement  les contours d'une génération qui fait fi du genre et des codes hétéro/genrés ( encore énormément présents dans la bande dessinée !).  On y croisera donc des personnages aux relations ouvertes, une femme à barbe ( sans que cela soit étrange, admirez le tour de force !), une autre vivant en trouple ( pour ceux qui ignorent la définition de ce mot qui deviendra bientôt un marronnier dans nos news magazines, tapez-le dans Lilo ( un moteur de recherche plus alternatif que Google)). Et son dessin est au diapason, rond sans l'être, sensible et fort à la fois, rappelant parfois le manga mais aussi Alix de Jacques Martin ( regardez le héros sur la  couverture), épousant parfaitement son récit pour rendre l'ensemble totalement épatant.
Je l'avoue, et cela me réjouit, voir un jeune auteur nous offrir une œuvre d'une telle maîtrise fait chaud au cœur, et nous prouve que décidément en Bande Dessinée, l'avenir est plus que prometteur ! Un seul mot ( ou presque ) pour conclure : Lisez " Ces jours qui disparaissent ", il serait étonnant que vous le regrettiez ! ( et vous risquez de disparaître quelques heures tellement vous serez absorbé(e)s.)






3 commentaires:

  1. Cette journée va disparaître sans l'achat de cette BD,car vue l'heure,le libraire est fermé...rrr...

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  2. Je plussoie. Cet album m'a totalement captivée. Impossible de le lâcher effectivement. A lire, vraiment !

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  3. J'ai donc totalement disparu aussi pendant une heure(malheureusement la lessive ne s'était pas étendue toute seule à mon réveil littéraire..). Captivant!

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