mardi 3 octobre 2017

Un beau soleil intérieur de Claire Denis



A l'affiche Juliette Binoche, Gérard Depardieu, Josiane Balasko, Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, et plein d'autres, au scénario Christine Angot et derrière la caméra Claire Denis, une liste de noms à faire pâmer la critique. Ils ont tous le ticket pour faire saliver les professionnels comme Kate Moss découvrant une cacahuète dans son assiette, et ça n'a pas loupé, les critiques sont unanimes et font passer François Busnel pour un méchant démoniaque. Tous ont sorti leur dictionnaire des adjectifs dithyrambiques et aucun n'a été oublié !
Quand on est spectateur, on n'a pas le carnet de tickets. On apprécie souvent les acteurs présents, on peut même être admiratif d'une partie de l'œuvre de Mme Angot et avoir parfois été intéressé par quelques longs métrages de Mme Denis, mais nous n'avons aucune pression médiatico/cinématographico/parisienne. Et que découvre-t-on ?  Une chose boursouflée, tarte, mal écrite, ennuyeuse et totalement crétine.
Nous avons Isabelle, agacée dès le début du film par un amant qui met trop de temps à jouir. On la comprend, c'est gros porc doublé d'un sale con prétentieux. Que fait-il dans son lit ? On peut se le demander... Mais quand on regarde la façon dont est habillée Isabelle ( Juliette Binoche ) cinquantenaire en mini-jupe et cuissarde, on pense que c'est une pute, surtout que le gros bourrin est banquier... Mais non , Isabelle est juste divorcée, artiste peintre et très malheureuse. Elle est seule et recherche l'amour. Je ne sais pas quelle application elle a téléchargé sur son smartphone ni comment elle l'utilise, mais elle ne rencontre que des abrutis, comme cet acteur dont on perçoit très vite qu'il est barré mais avec qui elle couche ou cet éconduit aux propos où la jalousie flirte avec une conscience de classe abjecte. Et quand elle croise des mecs possibles, elle se débrouille pour que ça ne marche pas.
On voit bien que Claire Denis veut nous faire ressentir la difficulté de la femme cinquantenaire à retrouver l'amour, le tout dans une pseudo comédie légère. Comme nous sommes dans un cinéma intello, la narration fait fi de scènes intermédiaires, plaquant à la suite les rencontres. Pourquoi pas ? Il faut bien montrer que nous ne sommes pas dans une vulgaire comédie française. Sauf que rien ne fonctionne. Juliette Binoche a beau être vraiment très belle ( et l'on comprend qu'elle multiplie les rencontres), elle ne parvient pas à sauver cette succession de sketches aux dialogues d'une vertigineuse bêtise. Tous ces mots bafouillés, tronqués, dit entre deux sourires aux larmes ( qui finissent par agacer) et dont la plus petite phrase ferait fuir le moindre mec ou la moindre femme au cerveau fonctionnant correctement, sont soit boursouflés de suffisance, soit d'une vacuité sidérante, soit d'une pseudo ironie tellement énorme que le cousin Jean-Jacques faisant le pétomane à la communion de sa nièce passe pour un émule de Roland Barthes  dont on nous dit d'ailleurs que la réalisatrice a essayé de s'inspirer,  les héritiers du grand homme ayant vite retiré leur autorisation ( tu m'étonnes!). Au final, l'ennui gagne. Si l'on rit, c'est uniquement en entendant débiter les dialogues prétentieux et vides ( mais c'est peut être là que se situe la comédie). Et cerise sur le gâteau, nous sommes assommés par l'arrivée de notre Gégé national en médium dragueur mais ayant vraiment fumé la moquette, dans une interminable scène de fin qui est en même temps le générique ( tiens une originalité!).
Non, il ne fait pas beau cette semaine dans le cinéma d'auteur français, ne sortez pas de chez vous pour aller voir un film vain et prétentieux qui prend un peu trop les spectateurs pour des abrutis.



1 commentaire:

  1. Et qui met visiblement tous les hommes dans le même sac, d'après ce qu'on me dit. J'ai failli être tentée (Binoche semble irradier dans ce film) ais tu achèves de me convaincre de rester chez moi.

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