lundi 9 octobre 2017

Le sens de la fête de Eric Toledano et Olivier Nakache



Que dire d'un film dont la seule remarque que l'on fait à sa sortie est : " Mouais, pas trop mal..." ? Ce qui veut donc dire que le film n'atteint pas des sommets... ni de nullité bien sûr, mais qui ne nous rend pas pour autant euphorique comme un spectateur de TF1 devant une performance de Valérie Damidot dans "Danse avec les stars". Non, j'ai regardé ce mariage filmé côté coulisse, avec un intérêt passant d'un sourire à l'écoute d'une jolie réplique bien lancée à un léger ennui lors des quelques tunnels qui jalonnent cette comédie chorale fleurant le déjà vu. On voit bien ce à quoi se sont appliqués les scénaristes et réalisateurs Nakache et Toledano : ils voulaient une mécanique de comédie hyper bien huilée comme un culturiste à l'élection de Mister Muscle. Sauf que tout cela sent quand même la gonflette aux vieux stéroïdes de bazar : on réunit des personnages archétypaux, avec le chanteur beauf, la cheftaine râleuse, le marié pointilleux, la mère bourge foldingue, le serveur fainéant, idiot ou timide ( on est dans une production française coûteuse, on ne lésine pas, on prend les trois !), le photographe minable, .... et en route pour une soirée de mariage qui va virer au cauchemar. Nous sommes dans le terrain ultra balisé de la comédie française avec toutefois un projet un peu plus ambitieux que le sujet de société que l'on nous assène assène habituellement ( autour du couple en général) mais qui hélas n'arrive pas à trouver un bon rythme. Gérer sur deux heures une multitude de protagonistes n'est guère aisé sauf à faire comme dans le film : soit ils n'évoluent pas et restent monolithiques, soit ils le font trop vite. Du coup, le film connaît quelques ralentissements, ou explicatifs ou trop faciles, sa mécanique se calquant au final sur cette réception connaissant pas mal de ratés. Comme la soirée décrite, le film arrive à se sauver en partie, grâce à une pléiade de très bons acteurs ( connus ou pas ).  Benjamin Lavernhe absolument épatant en marié à la fois exigeant, rasoir et poétique sort du lot mais Eye Haidara et Alban Ivanov ne déméritent pas et devraient, j'espère, inspirer d'autres metteurs en scène. Vincent Macaigne, Jean Paul Rouve, Jean-Pierre Bacri et Hélène Vincent font à la perfection ce qu'ils ont fait déjà tant de fois, permettant ainsi de ne pas effaroucher les spectateurs venus en chaussons.
Bien sûr règne sur le film la marque de fabrique des deux réalisateurs, à savoir cette folle énergie qu'ils mettent à nous prouver que les différences, qui au départ empêchent le vivre ensemble, finissent par se réunir lorsque les vraies difficultés arrivent. Je n'ai rien contre ce principe, loin de là, mais ce qui pouvait passer pour crédible avec deux personnages comme  dans de précédentes œuvres (Intouchables ou Samba), peine à vraiment convaincre ici avec deux cents personnes ( je me demande d'ailleurs si je ne vais pas, à l'instar du film,  diffuser de la musique Tamoul pour faire régner joie et convivialité lors ma prochaine fête entre amis !). Pas de surprise donc pour ce "Sens de la fête" qui reste un film pas désagréable mais ultra formaté. Selon son humeur, on ira se réjouir de cette soirée un peu ratée chez les bourges ou alors on se laissera bercer mollement devant cette énième comédie chorale franchement pas originale.


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