mercredi 22 novembre 2017

Thelma de Joachim Trier


L'affiche de "Thelma", sobre et sombre représentant la formidable jeune actrice, Eili Harboe, nous indique que l'on ne va pas beaucoup rire ni se détendre à sa vision. Il est certain que l'affaire est assez éprouvante. L'histoire de Thelma, lointaine cousine scandinave de la Carrie de Brian de Palma, se place dès les deux premieres scènes, dans les zones inconfortables d'un thriller angoissant. Après avoir échappé enfant au fusil de son père, tenté de l'abattre lors d'une promenade en forêt, on la retrouve adolescente dans une université que survole une nuée d'oiseaux noirs. Notre attention de spectateur étant attrapée, Joachim Trier va développer un récit qui petit à petit va virer au fantastique. Par petites touches, avec une image soignée et sombre, le réalisateur va distiller des détails sur son éducation rigoriste dans une famille ultra catho durant  du genre à prendre des vacances pour faire un pèlerinage Malmo / Stockholm à genou ( l'affiche surjoue beaucoup cet aspect), sur ses problèmes de santé et ses crises d'épilepsie qui se révéleront bien plus inquiétantes par la suite. Parallèlement, en bonne adolescente coincée venue de  sa cambrousse, le film va aussi retracer son apprentissage de la vie, comment elle va s'extirper de sa gangue religieuse et découvrir l'amour pour une autre jeune fille. C'est copieux, dense, bien mené. On reste scotché sur son siège. Le propos ne s'égare jamais, s'enrichit, se complexifie, bref ça fonctionne.
Alors que l'on prenait un virage vraiment fantastique, que l'on percevait une critique en bonne et due forme de l'éducation religieuse, la dernière partie explose tout ce qui avait été soigneusement mis en place en amont et sombre soudain dans un patchwork religio/fantastico/vengeur qui m'a laissé perplexe, interrogatif. Disons, pour ne pas trop en dire, qu'elle devient une sorte de Jésus au féminin qui aurait croisé l'Uma Thurman de Kill Bill mais aussi David Copperfield ( le magicien...) . Je sais bien qu'il faut terminer un film d'une façon ou d'une autre, que la complexité de la situation mise en place exigeait du scénario un sacré double salto grand écart pour retomber sur ses pattes, mais en aucun cas cette ahurissante fin. L'avantage est que l'on sort perplexe, que l'on aimerait bien savoir ce que sa voisine ou son voisin ont compris et que du coup ça créé le contact, la discussion, le partage et que cela devrait faire le bonheur des bars alentours. Et c'est finalement un bon point pour le film ( que je donnerai plutôt pour toute sa première partie).


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