jeudi 9 novembre 2017

La mélodie de Rachid Hami

 


La musique adoucit les mœurs, cela est connu et depuis "La cage aux rossignols" en 1945,( sans oublier les inévitables "choristes") mate on ne peut mieux les enfants turbulents ou en perdition, tout du moins au cinéma. "La mélodie", film réalisé en partenariat avec La Philarmonie de Paris, reprend intégralement cette recette vieille de 70 ans en l'adaptant au goût du jour. Plus besoin aujourd'hui d'aller dans une maison de redressement, il suffit de se poser dans un collège de banlieue ( choisir la bonne banlieue quand même, pas Sceaux ni Versailles) et de réunir quelques éléments nourris au fast food global que notre société leur vend sans vergogne. C'est ce que fait Rachid Hami dans une salle isolée d'un collège de Seine Saint Denis ( dans le 9 / 3 donc). Isolée, car cette jeunesse passablement agitée et incapable de se concentrer, va devoir en neuf mois apprendre à jouer du violon et se produire dans un concert à la cité de la musique. Pas besoin de raconter la suite, vous avez compris qu'à la fin ils seront des quasi virtuoses, tout ça sous la houlette, d'abord crédule puis empathique, d'un professeur à la vie forcément un poil cabossée.
Sur ce canevas très ( trop ? ) prévisible, vont s'ajouter tous les rebondissements habituels. Les scénaristes ne se sont pas gênés, ils ont pris l'intégralité du catalogue des embûches inhérentes au genre et commis un hold-up complet  dans celui des bons sentiments. Copieusement servis, l'on aurait pu être écœuré devant tant de guimauve... Mais, miracle, à la fin, on arrive quand même à être ému !
Diable me direz-vous, ils jouent si bien du violon ? Non, ...enfin si, mais ça, on passe, tellement c'est peu crédible. La force du film, c'est d'avoir deux qualités qui vont finir par faire un peu oublier tous les clichés : ses acteurs et sa manière douce de pénétrer en creux à l'intérieur de quelques personnages, rendant le film plus émouvant que prévu. Même si le rôle de Kad Merad, en professeur tourmenté, taiseux mais bourré de gentillesse intérieure,( qui plus est joué par un acteur comique)  apparaît comme un cliché supplémentaire, je reconnais qu'avec son allure à la Michel Blanc, il est parfaitement convaincant ( tout comme Samir Guesmi en prof de français). Face à eux, les sauvageons du film sont tous parfaits ( et surtout le héros principal, le très attachant Renely Alfred) et superbement saisis dans leur spontanéité par un réalisateur très inspiré par cette jeunesse endiablée. Et quand la caméra quitte la salle de classe et ses apprentis musiciens, c'est pour aller saisir de jolis moments de grâce dans les vies de quelques parents d'élèves, donnant un ton plus personnel et soudain plus intéressant.
Si vous avez été fan des "Choristes", vous aimerez sans doute "La mélodie" ( attention, il n'y a pas de tube chanté en puissance). Si vous avez envie d'un film qui fait du bien, qui ne prend pas la tête mais qui pourra vous tirer quelques larmes d'émotion, c'est fait pour vous. Pour les autres, au cœur plus sec, à vous de voir...





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