samedi 23 juin 2012

Adieu Berthe , l'enterrement de mémé de Bruno Podalydès


Les producteurs et distributeurs d'Adieu Berthe ont compris comment appâter au mieux les spectateurs toujours friands de comédies : appliquer la méthode US de tout lancement de film à priori formater pour faire gondoler le chaland. On cale dans la bande annonce toutes les bonnes scènes, les bons mots, sur un rythme soutenu. Puis, on expédie à la télé les principaux protagonistes de l'oeuvre, interrogés par des  présentateurs serviles mais hilares et surtout repasser jusqu'à plus soif le scène du cimetière, vous savez  celle où Valérie Lemercier éructe : "Pète un coup et sors ta bite !" et vous obtenez un modèle de promo aux petits oignons qui donne au film un air qu'il n'a pas forcément.
Car de comédie échevelée brillante et hilarante, "Adieu Berthe" n'est point. Les dialogues percutants apparaissent bien mais de manière assez homéopathique et l'on repassera pour la critique au vitriol des pompes funèbres.
Pour ma part, je parlerai d'une fantaisie un peu mollassonne autour d'un homme qui hésite entre quitter sa femme et vivre avec sa maîtresse et que le cadavre de sa grand-mère vient compliquer un peu plus l' existence. Valérie Lemercier s'énerve avec talent. Isabelle Candelier passe son temps à téléphoner entre deux longs tiroirs de pharmacie qu'elle n'oubliera pas de refermer. Denis Podalydès fait de la trottinette électrique avec maestria. Par moment ça fonctionne bien, les dialogues sont joliment enlevés. D'autres fois, l'ennui pointe derrière les tours de magie et la touche de poésie sensés donner un cachet cinéphile au tout. 
Nous suivons ici dans un objet dirigé par Bruno Podalydès qui, comme des ses précédents films prend le temps de la digression, donnant un côté foutraque sûrement sympathique et plaisant pour certains, mais très loin de la comédie endiablée promise par la bande annonce. Ce n'est pas mauvais, on peut même aimer cet univers finalement assez personnel, mais, comme "Le grand soir" il y a quinze jours, on est un peu étonné que ce film ait été (si l'on en croit la presse en général) le grand éclat de rire du festival de Cannes. Ce n'est pour moi qu'une petite comédie douce et un peu ratée, maquillée en grosse machine rigolote, dans le secret espoir d'engranger des entrées lors de la fête du cinéma.



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