samedi 30 juin 2012

Daytripper de Fabio Moon et Gabriel Bà


Voila un album qui devrait connaître un joli succès, au moins critique. Il possède tous les atouts possibles et imaginables pour générer un bouche à oreille très positif.
Tout d'abord les éditions Vertigo nous livrent un très bel objet à la finition soignée. Et pour bien montrer que "Daytripper" n'est pas n'importe quoi, il y a une préface de Cyril Pedrosa (Portugal ) et une postface de Craig Thomson (Habibi), excusez du peu... On sent que la compagnie et la lecture seront bonnes.
Fabio Moon et Gabriel Bà, les deux auteurs brésiliens (une rareté en BD), nous proposent une réflexion sur la vie particulièrement originale et intéressante. Le héros de l'histoire est Bràs, fils d'un écrivain célèbre, qui travaille dans un journal à la rubrique chroniques nécrologiques. Lui aussi rêve de suivre les traces de son père dans l'écriture mais hésite à se lancer.
Au lieu de traiter cette histoire de façon linéaire, les auteurs ont choisi un montage très particulier à partir des rêves du héros qui, tous, se terminent par sa mort à différents âges de sa vie. Cela peut paraître déroutant (ça l'est au début) mais cela se révèle au final une formidable idée narrative qui crée une atmosphère fort réussie. L'éclairage de la personnalité des différents personnages se trouve ainsi densifiée au fil des pages, rendant la lecture de plus en plus attachante.  L'espace temps est complètement éclaté car nous prenons le héros à différents âges de sa vie mais jamais dans l'ordre chronologique.
Ouh là ! me direz-vous, encore un concept intello genre nouveau roman... Peut être, mais pas sûr car le coup de crayon des auteurs, leur imagination, les situations proposées, la qualité de la mise en page jouant magnifiquement avec les couleurs et les silences, font de l'ensemble une lecture exigeante certes mais vraiment stimulante.
Le seul bémol pour moi et qui est vraiment personnel, c'est le côté préchi-précha autour de l'idée que lorsque l'on accepte sa mort, on profite mieux de la vie. Bien qu'étant assez en accord avec cette philosophie (de bazar ?), elle prend ici un ton un peu dégoulinant de bons sentiments, dans un genre Paulo Coelho. Une tendance brésilienne sans doute, un peu trop sucrée pour moi.
Sinon, "Daytripper" est un album hautement recommandable qui fait figure de pépite dans le rayon BD de votre librairie préférée.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Woman at war de Benedikt Erlingsson