samedi 6 juin 2015

Qui c'est les plus forts ? de Charlotte de Turckheim ou comment j'ai testé la crédibilité de Léa Salamé.


Dans le désert des sorties d'un après Cannes sinistre (Oui on a envie de voir quelques films qui ont enchanté la croisette, pas tous bien sûr, mais juste quelques uns pour satisfaire notre appétit et notre curiosité), le choix d'un film nouveau est particulièrement dur, surtout habitant en région... Si je n'étais pas tombé sur un morceau de l'émission "On n'est pas couché" où j'ai entendu Léa Salamé déclarait sa flamme à la jeune comédienne Alice Pol, la trouvant superbe dans un film fort bien fait, je n'aurai pas eu l'idée d'aller voir ce nouveau long métrage de Charlotte de Turckheim. Cette impulsion a également été encouragée par un vague débat engagé dans la même émission, où il semblerait que ce film prenne partie pour la PMA !!! Dans ma petite tête de spectateur, je me suis donc dit que peut être, et bien que la presse n'ait été conviée à aucune projection (très mauvais signe), il y a quelque chose d'intéressant dans ce film, qui a quand même l'allure d'une daube franchouillarde distribuée en catimini durant une période de vaches maigres. Vu la sincérité apparente de Léa Salamé, je vais dons de ce pas vérifier son bon goût et également sa crédibilité. Etait-elle sincère ou servait-elle avec brio une soupe promotionnelle? Persuadé de la seconde réponse, je file quand même m'enfermer dans la salle de cinéma la plus proche....
Et voilà le travail, j'ai vu l'oeuvre... Une chose est sûre, la prochaine fois que je vais au cinéma avec Léa Salamé, je ne lui laisse pas le choix du film, elle n'est pas vraiment cinéphile *. C'est une très bonne journaliste qui sert merveilleusement bien la soupe, poliment, gentiment, comme une bonne maîtresse de maison qui ne veut surtout pas froisser ses invités. Elle sait admirablement mettre en valeur les quelques petits détails d'une histoire bancale. " Qui c'est les plus forts?", mélange incertain de comédie et de film social, brille un peu grâce à Alice Pol, effectivement charmante. Et si deux ou trois répliques balancées avec énergie par Audrey Lamy (décidément très cantonnée dans le rôle d'ouvrière gouailleuse) font mouche, le film reste poussif, enfile quelques clichés et joue sur les bons sentiments sans conviction. On sent bien que Charlotte de Turckheim est pétrie de bonnes intentions. La différence est un sujet qui lui tient à coeur, mais je ne pense pas que sa réalisation, hésitant entre une mise en scène chichiteuse du handicap et la comédie sociétale façon café du commerce fasse beaucoup avancer la réflexion. Si sa vision de la famille apparaît très justement ouverte, je ne suis pas certain que la solution proposée par le film, d'être mère porteuse pour sortir de la mouise, soit aussi simple et aussi idyllique.
* Oui je sais, vous allez me trouver naïf de croire encore les bobards promotionnels de tous ces animateurs... mais que voulez-vous, parfois, le spectateur que je suis  aime croire que, parfois, certains journalistes réputés pour avoir un peu la dent dure, restent de vrais journalistes critiques. La leçon prouve une nouvelle fois que non... J'avais besoin d'une piqûre de rappel...




1 commentaire:

  1. je me tâtais pour aller le voir, bous m’avez convaincu de ne pas m'y rendre. Ah !! Cette Léa Salamé , je sentais bien l'auto-complaisance télévisuelle lors de cette émission avec la charmante Alice Pol.

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