mercredi 15 février 2017

Dans la forêt de Gilles Marchand


Beaucoup de promesses dans ce long-métrage. Un sujet angoissant, des enfants, une forêt suédoise bien touffue et bien isolée, des peurs enfantines autour desquelles un scénario va jouer, tout est réuni pour livrer un film intéressant ou tout du moins qui ne nous fera pas regretter de passer deux heures au cinéma. Force m'est de constater que, chez moi, ce cocktail alléchant a moyennement fonctionné.
Le film débute par une retrouvaille agréable : Mireille Perrier et sa voix aux notes graves qui enchante toujours. Elle incarne une psychologue empathique et pose des questions à un enfant qui a un pressentiment : le séjour avec son frère et son père en Suède va mal se passer. Voilà, nous sommes  informés, cet enfant nous met en éveil et lorsqu'il se retrouve dans la Volvo paternelle, on regarde attentivement ce fringant trentenaire. A priori, il a l'air cool, surtout que c'est Jérémie Elkaïm qui l'interprète. Le scénario va bien glisser quelques indices pour nous faire changer un peu d'avis ( des médicaments par kilos dans un tiroir, ...) quand soudain il décide d'emmener ses enfants dans une cabane au fin fond d'une forêt sombre. Normalement l'angoisse devrait commencer à nous gagner. Ils habitent vraiment loin de tout et surtout, surtout, y'a plus de réseau ! Entre deux réhydratations de nourriture lyophilisée et trois coups de torche électrique dans la nuit, le séjour ne se déroule pas trop mal, même si l'aîné des deux garçons ( pas celui qui va voir la psy) commence à flipper sérieusement et se met à douter de ce père, qui, passe plus pour un écolo prônant le retour à la nature que pour un fou dangereux. Pour faire bonne figure et sans doute respecter un cahier des charges indiquant que le film flirte avec le fantastique, un vague soupçon de médiumnité va planer autour du plus jeune, piste qui sera abandonnée un peu plus tard au profit de visions cauchemardesques. Tout cela avance très doucement, sans que l'on sache réellement pourquoi, sans doute parce que la forêt éclabousse sa verdeur  et que le lac voisin renvoie de beaux reflets.
C'est vrai l'image caresse l'œil, les acteurs sont bons ( surtout le jeune Thimothé Vom Dorp), la forêt remplit son rôle, à la fois belle et vaguement inquiétante, mais tout cela ne suffit pas à faire un film attrayant. "Dans la forêt" pâtit d'un scénario hésitant entre angoisse pure, thriller psychanalytique pour finalement sombrer dans une sorte d'irréalité sursignifiante ( voire absconse selon l'état d'ennui du spectateur). La mise en scène, trop lisse et surtout sans rythme amplifie cette sorte d'ennui distingué qui nous happe dès le premier quart d'heure pour ne jamais nous quitter. C'est dommage, pour une fois que le cinéma français empruntait les rives peu fréquentées du thriller tendance psy....



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Climax de Gaspar Noé