lundi 10 juillet 2017

Okja de Bong Joon-ho


En posant cette affiche en tête de mon billet, je m'aperçois que je la vois pour la première fois ! Et pour cause ! Pour tous ceux qui ne connaissent pas l'agitation qui a gagné le milieu du cinéma lors de la présentation de la sélection au dernier festival de Cannes, "Okja" a fait l'objet d'une polémique énorme. Ce film coréen ( du sud), réalisé par Bong Joon-ho après le spectaculaire " Snowpiercer"  en 2013, produit avec des millions de dollars par le robinet à films Netflix n'est destiné qu'à une diffusion sur le net, pas en salle ! Vous comprenez bien que le proposer en sélection a fait drôlement jaser! Y'a eu les indifférents mais surtout les contre qui, à Cannes, ont copieusement siffler le générique quand est apparu le logo de la firme par qui le scandale d'une nouvelle diffusion du cinéma arrive. A part quelques rares projections en salle, le film n'est visible que sur votre télé, votre ordi, votre tablette voire votre smartphone... Aucune affiche ne s'expose dans vos cinés habituels et donc cet espèce d'hippopotame et son usine posée sur son dos ne doivent pas dire grand chose aux amoureux de projection sur grand écran.
En tant que curieux patenté, je me suis abonné à Netflix. Ok c'est gratuit le premier mois et vous pouvez vous dédire au bout de ce mois d'essai... Donc, "Okja " est visible gratuitement au milieu de tout un paquet de séries américains paraît-il affriolantes ( mais je ne suis pas " séries") mais aussi d'un wagon de films de série B, C...jusqu'à Z qui, bien que produits pour le vrai cinéma n'ont pas eu la chance de trouver un distributeur qui mise trois euros sur une vraie sortie...
Mais revenons à ce film qui briguait la palme d'or et n'a, bien sûr, rien obtenu. Je ne sais si c'est le petit écran de ma télévision pourtant bonne taille, mais ce qui doit être le sel de ce film, à savoir, quelques courses poursuites et une usine d'abattage de porcs dantesque, m'a paru bien quelconque. Assurément, une télé n'est pas un écran complètement adapté à une superproduction. Tout le soin apporté à un certain spectaculaire se trouve pas mal réduit à la maison et du coup laisse apparaître la grosse faiblesse de l'oeuvre : son scénario, une énième resucée d'un enfant qui veut sauver son animal préféré de vilains méchants ( vue 125 683 fois au bas mot). L'animal en question, un porc transgénique énorme, Okja donc, croisement numérique de Shrek et de Totoro, est arraché à l'amour d'une petite fille pour qu'il soit débité en côtelettes. On sait dès les premières minutes comment cela va se terminer ... Mais il faut pour cela passer deux heures de films avec des courses poursuites, une méchante vraiment méchante ( Tilda Swinton évidemment parfaite ), des scènes au ralenti ( cinéma coréen d'action oblige), et une palanquée de bons sentiments à la mode. Disons que, pour faire court, Netflix devrait proposer de diffuser "Okja" dans les magasins bios car le sujet central se veut écologique et défenseur de la nourriture saine sans OGM  et vire même veggie sur la fin ( c'est bon ça coco, c'est tendance!).
Rien de bien novateur au final. "Okja" est un film pour enfant ( bon à partir de 6 /8  ans quand même, faut pas terrifier vos héritiers !) sans doute plus pêchu qu'une production lambda dans sa version téléfilm, mais jamais du niveau d'un grand film malgré son prêchi-prêcha vegan. On notera un petit détail :je ne sais pas si la marque Burberry a payé pour du placement de produits, mais une méchante en quasi total look de la marque, si le film est beaucoup regardé par les mômes, pas sûr qu'ils trépignent de sitôt pour papa ou maman leur achète une fripe au si joli écossais ! Pas de quoi non plus s'abonner à Netflix... même si un autre film de la maison a été présenté à Cannes ( " The Meyerowitz stories" de Noah Baumbach) , ni parce que Martin Scorcese tourne aussi chez eux ( voyez son dernier film, il est bien parti pour faire pire !).



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