vendredi 7 juillet 2017

Danielle Darrieux : une femme moderne de Clara Laurent


En France nous avons eu BB, Bombe Bimbo qui enflamma les années cinquante et soixante pour s'éclipser au début des années soixante-dix, mais, bien avant, au début du cinéma parlant, il y a eu DD.
Danielle Darrieux fut l'immense star française des années trente, celle qui enflamma les écrans par sa spontanéité, son humour, son audace, sa grâce et une photogénie hallucinante. Les femmes de l'époque l'adoraient et copiaient sa coiffure, ses tenues, les hommes craquaient pour son minois mutin, tous chantonnaient ses chansons qui accompagnaient invariablement chacun de ses films. Elle débuta à l'écran en 1931, tourna avec quelques éclipses jusqu'en 2010 et a fêté le premier mai dernier ses 100 ans ! Autant dire que cette immense comédienne et chanteuse a traversé toute l'histoire du cinéma français. Clara Laurent, journaliste et professeur de littérature nous dresse un portrait très fouillé de la grande actrice, en essayant de faire surgir la modernité de cette femme qui incarna à l'écran énormément de femmes fortes ou mine de rien, en avance sur leur temps.
Fouillé est le bon terme mais auquel, je dois hélas ajouter celui de linéaire. L'auteure, pour nous conter la vie de Danielle Darrieux, peu prolixe en interviews, a choisi de nous dérouler sa filmographie, détaillant chaque scénario de film avec précision. Ce procédé plus prompt à plaire au cinéphile averti qu'au lecteur lambda, se révèle un peu lassant. Heureusement, Clara Laurent, y glisse un fil conducteur autre que la simple lecture de fiches de films, celui de l'image de la femme que l'actrice donnait à voir de par ses rôles, son aisance, sa gouaille. Bien avant l'époque féministe des années 70, elle fut en filigrane d'une oeuvre jalonnée de comédies comme de drames, la représentation parfaite de la jeune fille qui cherche à s'émanciper. Derrière son jeu dynamique, elle fut une des premières à fissurer cette société patriarcale et peu encline à laisser s'exprimer et vivre librement les jeunes filles et les femmes. Sa vie privée fut aussi à cette image. Après un premier mariage avec un homme qui aurait pu être son père, puis un autre encore plus voyant et clinquant avec un séducteur patenté, unions qui défrayèrent la chronique, elle tira subitement un rideau de discrétion sur sa vie en épousant un quasi inconnu dont elle partagera les jours jusqu'à la mort de ce dernier.
En égrenant sa carrière, jalonnée de très grands films ( Madame de, Les demoiselles de Rochefort, L'affaire Cicéron, ...), c'est à la fois 80 ans du cinéma français que nous refait découvrir cette biographie mais également une actrice qui, du cinéma, en passant par la télévision, mais aussi par la chanson et la comédie musicale ( Elle a joué Coco Chanel à Broadway !) a su rester populaire tout en gardant son statut de grande comédienne. On referme le livre avec une envie irrésistible de revoir ses films ( et d'en découvrir d'autres). J'ai d'ailleurs revu dans la foulée " La crise est finie" ( 1934), formidable petite comédie musicale où Danielle Darrieux pétille comme aucune comédienne d'aujourd'hui...Elle avait 17 ans à l'époque ! Quelle femme !

Et pour avoir une toute petite idée de ce qu'est Danielle Darrieux, voici un lien pour une interview qu'elle a donné à Catherine Ceylac dans "Thé ou café" en 1998 : 
www.ina.fr/video/I00013883





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