mardi 19 décembre 2017

La promesse de l'aube de Eric Barbier


Ce n'est pourtant l'anniversaire d'aucune naissance ou mort de Romain Gary, mais après la littérature ( Laurent Seksik et François -Henri Désérable cette saison), voici que le cinéma s'empare d'une des œuvres emblématiques de l'auteur : La promesse de l'aube. Presque un demi siècle après Jules Dassin, Eric Barbier ( Le brasier et quelques autres films un peu oubliés), visiblement épris de grand  romanesque, s'attaque à l'adaptation et nous livre un film à grand spectacle qui risque d'ébouriffer les amateurs du roman et peut être agacer ceux qui ne le connaissent pas.
Le roman, assez autobiographique ( mais avec Gary on peut prendre des pincettes quant à la réalité) nous contait l'amour absolu d'une mère pour son fils. Possessive, exigeante, hystérique, relou comme on dirait aujourd'hui, cette femme va aimer et croire en  son unique rejeton  même au-delà de la mort.
Cette relation aussi exclusive qu'agaçante reste bien sûr au cœur du film mais dans une vision grand cirque cinématographique. Du livre, Eric Barbier n'a retenu que les moments les plus spectaculaires, ceux qui en jettent à l'écran. Et donc on a droit à des scènes de guerre, de batailles aériennes dignes des blockbusters américains, et à des moments plus intimistes mais totalement hystérisés par l'interprétation ahurissante de Charlotte Gainsbourg, qui hurle et vocifère avec un improbable accent russe. Du coup ce lien ténu qui unissait ces deux êtres de façon quasi invisible mais palpable dans le roman, devient une grosse ficelle indigeste et ridicule. Le film a mis le paquet côté budget et reconstitution, mais aussi au niveau actrice/acteur. Si Pierre Niney, qui d'un froncement de sourcil, d'un pli des lèvres parvient à être un personnage totalement crédible, tire son épingle de ce kouglof indigeste, on ne peut pas en dire autant de Charlotte Gainsbourg, qui passé le premier étonnement de la voir aussi autoritaire, livre une interprétation invraisemblable et grotesque. Affublée d'un faux-cul et de faux seins, coiffée d'une perruque grise, sa composition hallucinée ( et en plus face à un acteur qui en fait un minimum pour un maximum d'effets), achève de  tirer l'ensemble vers l'esbroufe et le tape l'œil gratuit et vain.
"La promesse de l'aube" production de prestige faite pour épater le spectateur, vous divertira peut être ... Allez savoir, Mlle Gainbourg et son numéro de clown russe vous fera peut être rire... Vous pourrez apprécier de voyager de Mexico à Londres, en passant par Nice et l'Afrique, vous aimerez faire un tour d'avion plus spectaculaire qu'à la fête foraine... Et puis, l''image est jolie, bien propre.  Mais, pour moi, ça ressemble plus à une pochette surprise achetée en solde au rayon culture de chez Leclerc qu'à un grand film.



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