samedi 1 juin 2013

Demain Berlin d'Oscar Coop-Phane


C'est après avoir lu une critique élogieuse dans les pages "livres" de "Elle" (oui, je suis un lecteur de Elle...), que me suis empressé de me procurer chez mon libraire "Demain Berlin" d'un jeune auteur de vingt-cinq ans Oscar Coop-Phane. L'article était court mais rempli de mots enthousiastes comme " de la littérature, de la pure !" ou "profondeur de vie digne de Tolstoï !" ou encore " Vous ne pourrez pas décrocher". Et comme je vais passer une semaine à Berlin cet été, l'occasion était trop tentante d'allier littérature et, peut être, vision intéressante de cette capitale devenue incontournable.
Las! comme aurait dit un poète du 16ème siècle, rien de tout cela ici (J'aurai du me méfier de cet article qui jouait à inclure le maximum de mots ayant trait à la défonce), ou tout du moins, je n'ai pas vraiment vu l'ombre de Tolstoï, ni une idée précise de ce qu'est Berlin aujourd'hui.
J'ai suivi la destinée de trois jeunes gens qui finiront par se croiser dans une de ces boîtes technos où une jeunesse désenchantée s'oublie des heures durant aux sons répétitifs d'une sono infernale et les corps bourrés d'ecstasy ou de cocaïne.
Bizarrement, durant les premiers chapitres, j'ai eu du mal à me situer temporellement. Est-on dans les années 30 quand il s'agit du jeune Franz ? Dans les années 60 pour Armand ? Cette impression passéiste vient de l'écriture classique et recherchée de l'auteur qui donne un démarrage au ton suranné. Evidemment, quand les paradis artificiels deviennent le moteur du roman, notre époque est bien là mais, l'intérêt faiblit aussi. Ces injections, inhalations, répétitives qui les rendent un peu plus zombie à chaque fois, tirent le livre vers une déambulation, cafardeuse et ennuyeuse. On me rétorquera que le livre suit l'état des trois héros qui ne sont plus que l'ombre d'eux mêmes au bout d'une année de paradis artificiels technoïsés. Peut-être...mais si eux ne décrochent pas de la coke, moi, en tant que lecteur, clean de tout expédient, si.  Heureusement que l'écriture classique et agréable permet d'arriver au bout de ces 174 pages, sans pour autant être emballé ni avoir envie de rechercher vite fait un dealer d'autres oeuvres de Mr Coop-Phane.
Son talent d'écriture est évident mais sa plongée dans cet univers sans retour, visiblement en partie autobiographique, toute intéressante qu'elle soit, reste inaboutie. Le roman pâtit dans sa deuxième partie d'une déliquescence de ses personnages tant dans l'intérêt que l'on peut leur porter que dans leur réalité romanesque.
Le souffle intriguant du départ retomber assez vite. Mais n'est-ce pas le sort d'une certaine jeunesse, happée par cette envie irrésistible de vivre pleinement et qui au bout du compte se brûle les ailes à baiser rapidement dans les toilettes crasseuses d'un hangar voué à la techno et aux amateurs de narines poudrées ? 

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