dimanche 9 juin 2013

Oh boy de Jan Ole Gerster


Décidément la ville de Berlin semble ces derniers temps destinée à être la toile de fond pour une description désenchantée de la jeunesse actuelle. Après le roman "Demain Berlin", chroniqué il y a peu,  "Oh boy" adopte aussi cette thématique mais sur un mode beaucoup plus soft.
Niko, presque trentenaire, va vivre une journée de désillusions ou d'étonnement, au fil de rencontres diverses qui vont ancrer dans son esprit, et dans le notre,  que nous vivons dans un drôle de monde en voie de perdition. Tous les personnages sont tous un peu déphasés, désagréables, dépressifs, ... Ils portent tous les stigmates d'une société malade ou qui n'arrive toujours pas à assimiler un passé fort sombre.
C'est filmé très nouvelle vague, très "Cléo de 5 à 7" d'Agnès Varda, avec un beau noir et blanc qui rend Berlin totalement intemporelle. L'interprète principal est attachant, suffisamment talentueux et lisse pour que l'on puisse y projeter nos propres doutes.
Mais au final, à trop vouloir lorgner sur les réalisateurs des générations précédentes, le manque d'originalité se fait pas mal sentir, y compris dans la manière de mettre en scène certaines séquences, teintées d'humour presque burlesque (Jarmush ? ) ou bavardes, drôles et intellos (Woody Allen ?). Ces nombreuses références à tous ces grands films en noir et blanc est ludique mais empêchent "Oh boy" d'avoir une expression vraiment personnelle. C'est un peu dommage car le projet reste attachant et plutôt bien filmé.
On passe un bon moment, mais ce moment n'est pas indispensable. A voir pour découvrir un jeune réalisateur allemand qui devra se lâcher un peu plus la prochaine fois.


1 commentaire:

  1. Bonsoir, c'est un film qui m'a fait penser à Oslo, 31 août mais en moins triste quoique la fin ne soit pas très optimiste. J'ai aimé ce film avec sa musique jazzy, son beau noir et blanc, pour constater que le café de Colombie pris au comptoir est plus cher qu'à Paris (3 euros 40), pour son ambiance générale. Bonne soirée.

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