mardi 25 août 2015

Mà d'Hubert Haddad


Un jeune japonais, Shoichi, timide au look d'intello à très grosses lunettes, rencontre dans le bar dans lequel il travaille, une belle femme. D'initiatrice à maîtresse adorée, elle deviendra la femme de sa vie. Hélas, la vie les séparera. Elle mourra prématurément, laissant derrière elle un homme éploré ainsi qu'une oeuvre biographique consacrée à Santoka, un grand haïkiste. Autant pour célébrer la mémoire de la belle Saori décédée que par son désir de garder son esprit auprès de lui, Schoichi publiera la biographie et entamera un voyage pédestre au travers des îles nippones, sur les traces du grand poète.
Il y a des écrivains qui ne doivent pas être fait pour moi. J'ai bien peur qu'Hubert Haddad en fasse partie. J'avais déjà beaucoup peiné à la lecture de "Palestine", où je m'étais totalement égaré dans ce conflit au milieu des pierres. Je pensais qu'en changeant de continent et de genre, la culture japonaise ne m'étant pas indifférente, j'allais pouvoir enfin apprécier cet auteur qui attire les louanges à chacune de ses nouvelles parutions. Non, la beauté des haïkus du maître et cette errance  m'ont autant ennuyé que le conflit armé en Palestine.
Comment dire ? J'ai tout d'abord joué de malchance. Je me suis plongé dans "Mà" alors que je venais de voir une exposition à Arles sur des photographes japonais qui jouaient à dézinguer les codes et les clichés de leur pays ( Another language jusqu'à fin septembre aux rencontres de la photographie). Alors le choc fut brutal .... Le roman d'Hubert Haddad est une représentation très douce de ces peintures japonaises, alliant fleurs de cerisiers, nature douce et rayonnante et maisons avec tatamis et murs en papier. Tout un monde de délicatesse qui ici est seulement brouillé par une absorption intense de saké. Seulement cette douceur, très bien rendue par l'écriture je dois le reconnaître, m'a peu voire pas du tout intéressé. Je me suis un peu perdu entre les deux personnages (le poète mort et le veuf éploré) car en plus de faire un périple semblable à des décennies de distance, ils ont la mauvaise idée d'avoir parfois le même nom. Les vies se sont parfois confondues. C'était peut être voulu ( dans ce cas là, c'est réussi ) mais comme elles ne m'ont pas paru particulièrement passionnantes, le chemin fut rude, assez répétitif. De temps en temps de belles phrases m'ont accroché ( "Le passé n'est passé de rien, le futur nous effleure à peine, et tout se résorbe dans l'éternel présent."), mais j'ai eu l'impression de me promener longuement dans quelques estampes, de celles où rien ne dépasse, rien ne choque, où tout est calme, sérénité, nature. Trop joli pour moi....
Cette évocation était peut être trop délicate au moment où je l'ai lu. Il est certain que ce texte ciselé peut toucher beaucoup de monde. Je suis une nouvelle fois passé à côté... 

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