dimanche 15 novembre 2015

Les gens dans l'enveloppe d'Isabelle Monnin et Alex Beaupain


Le projet de ce roman avait tout pour m'emballer. Du romanesque dans tous les sens du terme avec création d'un roman à partir de photos personnelles achetées chez un brocanteur sur le net et l'enquête pour retrouver ces inspirateurs anonymes. Cerise sur la gâteau, ce roman est accompagné d'un CD de 10 chansons écrites par Alex Beaupain. Que du bonheur en perspective surtout que j'avais beaucoup aimé le précédent roman d'Isabelle Monnin ( Daffodil silver) et le dernier album du chanteur.
Et j'ai été emballé ....contrairement à ce que pouvait laisser entendre mon introduction !
Il me faut l'avouer, j'ai été un tout petit peu déçu par le début du livre car je ne m'attendais pas à plonger illico dans l'histoire inventée, sans doute trop attiré par le descriptif de cette démarche originale. Situé dans une province profonde et à la réalité très naturaliste, le récit tourne autour du départ d'une mère avec son amant,  laissant une petite fille, Laurence, seule avec son père et ses grands-parents. C'est joliment troussé, avec un discret hommage à toutes ses vies anonymes tout aussi porteuses de dramaturgie que d'autres, plus aisées et/ou plus parisiennes. J'ai apprécié la plume sensible d'Isabelle Monnin mais il me tardait de plonger au coeur de cette idée originale, car comme beaucoup de monde sans doute, assis à la terrasse d'un bar, j'ai souvent imaginé des vies en observant des passants ou des voisins de table ou inventé une anecdote, inspirée par une photo trouvée au fond d'une caisse lors d'un bric à brac. Lorsque se présente un roman qui reprend ces petits moments créatifs d'une vie de rêveur, on ne peut que dévorer avec curiosité ce qui va suivre.
Dans cette deuxième partie du livre, plus documentaire, nous suivons l'auteure dans sa recherche des personnages réels qu'elle finira par débusquer pas loin de la commune de son enfance. Après m'être un peu perdu dans la généalogie de cette famille ( les prénoms inventés se heurtant aux vrais ), l'enquête s'attache à Michel, le père de Laurence, personnage touchant et sensible, dont l'histoire au final pas si éloignée de celle inventée, devient vraiment émouvante. Isabelle Monnin n'hésite pas à se mettre en scène, nous faisant partager avec beaucoup de pudeur l'émotion qu'elle éprouve à voir vivre devant elle les personnes des photos. Elle comprend avec une infinie délicatesse le séisme intérieur que peut déclencher sa venue au milieu d'une vie aux apparences anodines. Son regard empli de tendresse pour ces gens lui rappelant sa propre famille est un magnifique hommage aux gens simples. L'émotion est palpable sur toute la dernière partie du livre, émotion simple mais vraie.
Evidemment quand j'ai refermé "Les gens dans l'enveloppe", j'étais sous le charme de cette jolie aventure. Il ne me restait qu'à écouter les chansons d'Alex Beaupain.
Je l'avoue, je l'avais écouté sitôt le roman acheté et j'avais été assez déçu. A tort, car, après lecture, écouter ces chansons inspirées de l'histoire de ces gens et entendre leurs vraies voix donne à ce disque une intensité soudaine qui provoque là aussi une vraie émotion. Les chansons prennent un sacré relief. On reconnaît la patte de Mr Beaupain et depuis quelques jours deux titres passent en boucle : le rythmé "Couper les virages" et le splendide "Mon cher ",  simplement mais élégamment interprétés par Clotide Hesme.
Alex Beaupain interprète ici "Couper les virages" dans une version plus lente. 


D'un projet original et ludique, Isabelle Monnin a concocté une oeuvre globale, émouvante qui  emportera sans doute les lecteurs sensibles dans des zones qu'il faudrait flatter plus souvent :   la pudeur et l'humanité.

3 commentaires:

  1. Ca me donne envie de l'acheter...
    Bonne soirée

    RépondreSupprimer
  2. Je l'ai retenu car j'ai grande envie de lire cette auteure

    RépondreSupprimer
  3. Les histoires de ces gens m'ont beaucoup touchée et l'accompagnement musical a fini de m'"envelopper". am

    RépondreSupprimer

Tabarnak de Cirque Alfonse