dimanche 29 novembre 2015

N'oublie pas mon petit soulier de Gabriel Katz


A l'instar du secteur jeunesse où le thème de Noël est très vendeur, le polar, lui aussi, dans une moindre mesure, a souvent sacrifié aux titres de saison parfumés au sapin devant lequel parfois titube un bonhomme en rouge (sang?), pas toujours bon enfant. De " L'assassinat du Père-Noël" en passant par  "Le Noël d'Hercule Poirot" et jusqu'aux "Christmas suspens" de la fille Higgins-Clark, le monde de l'édition aime à mélanger dinde aux marrons et coups de revolvers. Cette année, les éditions du Masque ne faillissent pas à tradition et nous proposent ce "N'oublie pas mon petit soulier", dont le lancement en fanfare, avec clip façon bande annonce,  laisse à penser qu'ils en espèrent beaucoup.
Mais que se cache-t-il réellement sous cette couverture attrayante ? Ce stiletto façon "Le diable s'habille en Prada" annonce -t-il un récit drôle et endiablé, visant un lectorat plutôt féminin ? Mais ces balles assorties et la fragilité de cette boule prête à exploser sous ce talon impitoyable mâtinent-elles l'ensemble d'une touche de noir ? En tous les cas, bravo pour l'équipe marketing/photo, ils ont réussi une couverture qui accroche l'oeil ! Et bravo à Gabriel Katz, l'auteur, pour m'avoir fait dévorer ses presque 300 pages en une soirée !
Il n'y a pas tromperie sur la marchandise, l'intérieur est tout aussi clinquant que l'emballage ! Tous les ingrédients sont réunis pour faire passer un très bon moment. C'est léger comme un film de Philippe de Broca, époque "On a volé la cuisse de Jupiter" . Ca file à cent à l'heure avec un rebondissement à chaque chapitre. Ca nous fait voyager de Paris à Bangkok via Charleville-Mézières (mais si c'est exotique les Ardennes en hiver!). L'intrigue mêle amour et mafia albanaise (la sicilienne, repère de Bisounours,  étant trop gentille ). Le personnage principal, séducteur totalement dépassé par les événements, se trouve acoquiné avec des acolytes de comédie comme une riche fille sexy et effrontée, un garde du corps dont le mot amabilité a disparu de son vocabulaire ou un agent secret à la supériorité évidente et donnant au récit une fantaisie et un humour qui ont le bon goût de ne jamais s'arrêter de la première à la dernière page.
Bien sûr ce n'est ni le polar du siècle, ni plus original du moment, mais qu'est-ce que j'ai passé un bon moment ! C'est un vrai "tourne-pages", efficace, facile à lire sans jamais être ennuyeux, d'une drôlerie constante qui ne joue jamais sur la facilité.
Pour terminer dans la thématique de fête de fin d'année et son casse-tête des cadeaux à faire, pensez à noter les références de ce polar dans vos tablettes. Il fera un formidable présent pour tous les amateurs de polars et même les moins fanas. Et quand viendra l'heure de chercher un p...de truc à offrir à votre cousin que vous ne voyez qu'une fois l'an ou à votre belle-soeur qui a déjà tout et même plus, sachez que vous tenez là l'idée parfaite, pas trop onéreuse, de bon aloi (c'est un livre quand même, c'est classe sous le sapin, non ? ) et qui sera au final ( quand la personne, ayant un creux dans sa vie, se tournera vers ce livre qui traînait là depuis quelques semaines) une très agréable surprise. Un polar bien ficelé et rigolo est un cadeau qui fait plaisir et ce "N'oublie pas mon petit soulier" en est le plus parfait exemple !


2 commentaires:

  1. Mince, tu aurais dû faire ce papier avant !! j'ai déjà fait tous mes achats !
    Mais, on ne sait jamais....

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  2. Ça reste une roue de secours pour un cadeau de dernière minute .... Si d'ici là d'autres choses ne se présentent pas !

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