vendredi 19 mai 2017

L'été de " La tempête " de Craig Higginson


Thomas, le narrateur, assistant metteur en scène à Strafford-upon-Avon, le ville du théâtre shakespearien, apprend son métier auprès d'Harry Greenberg,  célèbre  pour ses mises en scène inspirées dont "La tempête" est la production vedette de cet été là. Thomas papillonne silencieusement autour  de Lucy, actrice au fort pouvoir émotionnel tant sa peau prend magnifiquement la lumière et dont il espère un regard un tant soit peu amoureux.  Celle-ci vit un amour plutôt vache avec un dénommé Peter resté à Londres. Mais voilà que Lucy va flasher sur Kim, beau jeune-homme dit un peu faible intellectuellement mais quand même conducteur d'une navette fluviale. Sous le doux soleil estival, un marivaudage va éclore jusqu'à ce que Peter, la jalousie en bandoulière, va découvrir son infortune et mettre fin à ses jours. Cette mort va sérieusement bouleverser la jeune comédienne mais également tous les rapports amoureux des personnages, surtout que le metteur en scène vieillissant va apprendre qu'il est le père d'une jeune fille cachée par une ancienne maîtresse.
De l'amour, des sentiments, la mort qui va et qui vient, des personnages qui peuvent faire penser à d'autres, plus anciens mais créés au 16 ème siècle par le génial William, le roman a des allures de pièce de théâtre, sauf que la vie est plus forte que l'imagination de n'importe quel dramaturge. Comme nous suivons les événements avec le regard très subjectif de Thomas, jeune homme timide et sans doute puceau au début de cet été, c'est une vision un peu timorée des différents aspects de l'amour qui nous est offerte. L'amour romantique tout d'abord, avec ses promenades en barque, ses chapeaux fleuris et ses effleurements, l'amour plus trivial où une nature luxuriante attise les sens, l'amour caché, enfui qui ne s'efface jamais, l'amour qui consume et qui tue, l'amour d'un soir, l'amour toujours qui résiste à toute les épreuves. L'auteur ajoute aussi d'autres variations, comme l'amour pour un art ( ici le théâtre) mais aussi l'amour réciproque d'un homme et d'un animal.
Ce catalogue amoureux possède un certain charme mais peine à convaincre complètement. C'est charmant, un poil désuet, mais, malgré un certain nombre de péripéties, le roman n'arrive jamais à se départir d'une certaine raideur et surtout d'un style un peu platounet. Alors, c'est sans passion que j'ai suivi tout ce petit monde dans sa quête de l'amour. Le roman m'a rappelé un bon fauteuil  anglais, celui que l'on aime retrouver mais dont le confort nous empêche parfois de faire des activités plus intéressantes que celle de somnoler sur son assise moelleuse. C'est joli, gentil, frais, parfois pertinent mais il manque sans doute ce petit plus qui va nous pousser à le recommander. A conseiller peut être aux amateurs de campagne anglaise...

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