dimanche 28 décembre 2014

Poussy, l'intégrale par Peyo


Poussy est loin d'avoir connu le succès des Schtroumpfs et pourtant il tient une place particulière dans mes souvenirs. En achetant cette intégrale, c'est toute une bouffée de mon enfance qui est remontée. Lecteur du magazine Spirou depuis l'âge de sept ans, aimant beaucoup les chats, Poussy, série bouche-trou, a accompagné ma découverte et mon goût pour la bande dessinée.
Bien sûr cette série de gags en quatre dessins n'est pas à bonnement parlé un chef d'oeuvre, Elle relève plutôt de la madeleine de Proust. Nous sommes au pays du gag bon enfant, où abondent les clichés d'une époque et d'un comique aujourd'hui révolus. C'était un temps où il existait des boucheries, des poissonneries, où les souris envahissaient les maisons pourtant coquettes, où les dames portaient chapeaux et visons et cuisinaient les poissons avec arêtes. C'était un temps où les somnambules marchant sur les toits étaient source de gags hilarants et où les nuits les dormeurs envoyaient leurs chaussures dans la rue pour faire taire les chats.
Tout cela est donc bien daté et ne devrait intéresser que quelques nostalgiques comme moi. Toutefois, en plus d'une iconographie parfaite et une très jolie petite biographie de Peyo, il est attendrissant de regarder le travail particulièrement soigné de ce dernier (et des assistants de son studio) sur la représentation de son héros de chat. Il a du beaucoup observer les félins cet homme là, tellement les postures, les attitudes sont méticuleusement rendues. S'il y a bien quelque chose qui n'a pas changé depuis les années 60, c'est bien la roublardise, la fausse innocence et le caractère joueur du chat, représentés dans cette série avec la simplicité percutante d'un grand dessinateur. Franquin, à la même époque faisait évoluer l'inénarrable  chat de Gaston vers le cartoon déjanté, Poussy lui, reste le chat commun domestique, dans sa plus parfaite, mais ô combien rassurante banalité.
Cette intégrale est l'occasion de se replonger dans une époque mythique de la bande dessinée et le côté marginal de Poussy est aussi le témoignage ému à un créateur illustre qui savait aussi rester simple.






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