jeudi 17 septembre 2015

Barracuda de Christos Tsiolkas


Barracuda est le surnom donné par ses coéquipiers à Danny, jeune nageur très prometteur. C'est vrai que Danny a la rage de vaincre et de devenir un golden boy, autre surnom donné à ceux qui gagnent les compétitions et participeront sans doute aux jeux olympiques de Sidney en 2000. Issu d'un milieu modeste, il intègre un lycée prestigieux grâce à une bourse d'état. Son tempérament de gagneur va être exacerbé à la fois par son entraîneur mais surtout par le rejet avoué ou non de ses condisciples, adolescents bien nés qui possèdent tous les codes de la réussite. Et petit à petit, une violence déjà présente en lui, va croître jusqu'à mettre ses rêves de champion en péril.
Le barracuda est un poisson carnivore, à l'allure peu sympathique quand on voit une photo, du genre à rayer le parquet avec ses dents apparentes. Danny n'est pas tout à fait cela, tout du moins au début du roman. De l'empathie du départ, le lecteur va passer petit à petit et au fur et à mesure que la violence apparaît, à un certain rejet de ce personnage. Puis, dans sa dernière partie, l'auteur s'ingéniera à redonner du lustre à son héros en essayant un chemin de quasi rédemption.
L'écriture du roman déroule une efficacité toute anglo saxonne, celle qui va vite, ne s'encombre pas trop de psychologie ou de longs détails ou descriptions. C'est facile à lire sauf, qu'ici, il y a un montage qui ne respecte pas la chronologie et qui donne un ton assez intéressant au récit. D'un départ classique et même peu original, l'empathie pour ce pauvre banlieusard va être ternie peu à peu par des faits rapportés sans que l'on en sache exactement la teneur. Cela donne du sel au récit et sûrement un côté plus mystérieux et donc accrocheur. C'est plutôt une bonne idée pour une histoire que dès le début on peut juger peu novatrice. Hélas, tout ceci ne tient que dans la première moitié du livre. Quand l'auteur aborde le versant rachat du personnage, tout devient plus convenu. Même s'il entretient subtilement la possibilité que la violence intérieure de Danny ne soit pas complètement éteinte, on n'échappe hélas pas, à un final que Mister Tsiolkas aurait peut être voulu lacrymal ou tout du moins émouvant, mais qui m'est totalement passé à côté.
Je n'ai pas lu "La gifle", le roman précédent (à succès), il m'est donc difficile de comparer, mais il est certain que la lecture de "Barracuda" ne m'incitera pas forcément à rattraper cette impasse.

Roman lu dans le cadre de "Masse critique" du site de lecteurs BABELIO

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