samedi 12 septembre 2015

Youth de Paolo Sorrentino


Que dire lorsque l'on a vu le film le plus laid de la rentrée alors qu'il s'ingénie à faire le beau ? C'est le paradoxe du dernier Sorrentino qui rate vraiment sa cible. Même si on y retrouve la causticité qui faisait le sel de ses précédents longs métrages, le résultat laisse assez pantois. A-t-il trop vu de clips racoleurs ? A-t-il trop tourné de pubs à la chaîne pour payer ses impôts ? Je n'en sais rien mais sur l'écran se déroule une suite de scénettes, de mini pastilles autour de clients d'un genre d'hôtel  Thalasso/spa pour riches oisifs, si possible matures, qui n'ont eu aucun impact sur moi, court-circuitées par une image trop maniérée, trop cadrée genre "T'as vu du plouc comme je sais travailler ma photo!". Du coup, on ne s'intéresse nullement à ces deux vieux artistes interprétés par Harvey Keitel et Michael Caine. Ils cabotinent un peu mais moins que le réalisateur, balancent deux trois vagues méchancetés qui tombent dans l'indifférence générale. Ils sont entourés de plus jeunes, Rachel Weisz et Paul Dano, pas mieux servis, avec des personnages peu dessinés et pas intéressants. Tout ce joli monde s'ennuie un peu au milieu des montagnes suisses mais surement moins que nous qui n'avons pas eu accès à la thalasso et aux massages. Leurs problèmes d'égo, de prostate, de sexualité sont aussi mous que leurs sexes flasques que même miss univers, nue (voir affiche) n'arrive pas à réveiller.
On ne voit pas bien ce qu'a voulu dire Sorrentino avec ce film. Est-ce un film sur le temps qui passe, le temps qui reste à vivre ? Ou un hommage aux créateurs qui, même au bord de la disparition laisseront toujours leurs oeuvres pour des plus jeunes qui s'en inspireront ? Cette  vision idyllique a quand même du mal à s'extraire de ces propos rances et d'une critique (un peu répétitive) du monde du spectacle. Et que penser de la fin ? Est-elle censée nous émouvoir quand même ou est-ce une ultime moquerie avec cette diva tout droit sortie d'un bar à putes de Bar le Duc ? Comme je suis basique, j'ai tranché : c'est raté et risible, mais d'un rire jaune qui voit ainsi un metteur en scène que l'on avait tant aimé, s'embourber dans une pensum d'un autre âge. Décidément Cannes n'était pas , pour le moment, une grande édition !


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