lundi 10 octobre 2016

Vadim un playboy français de Arnaud Le Guern


De Vadim, je n'avais que quelques images floues, la plupart véhiculées par la presse magazine et d'autres par la vision (ennuyée) de ses films. Surnageaient donc, au-delà du réalisateur dilettante, ses nombreuses épouses ou maîtresses, célèbres ou pas, mais assurément très belles et la vie de fêtes tropéziennes qui semblait aller avec. La lecture de cette biographie n'a, au final, que conforté cette impression. Roger Vadim restera un séducteur et le cinéma son gagne-caviar.
Arnaud Le Guern essaie pourtant d'enjoliver le portrait du réalisateur, car il l'aime son Vadim, il l'admire même ! Il semble désireux d'avoir sa séduction (qu'il a sans doute) mais aussi son style de vie.  Tout cela se ressent au fil des pages d'une biographie dont les premières lignes happent le lecteur comme une jeune fille bien faite et un peu sûre de sa séduction l'a fait avec Vadim. Phrases courtes, alertes, un peu décalées, humoristiques, emballent sec le lecteur qui tourne les pages avec envie. La vie du réalisateur file vite sans que l'on en apprenne réellement beaucoup, succession de films et de  conquêtes. Avec un soupçon d'adulation, en parfaite symbiose avec son héros, la relation du lecteur avec cette biographie s'effiloche au fil d'une filmographie déballée de plus en plus complaisamment, et sans beaucoup d'anecdotes. Les conquêtes se suivent, se ressemblent beaucoup, et sans réellement  donner une grosse envie de fermer le livre, lassent un peu. On se séparerait bien mais on continue quand même, on reste bons amis jusqu'au bout. On ne joue pas sa Catherine Deneuve qui est sans doute celle qui a le plus d'aigreur pour le playboy du cinéma français, on fait comme Bardot, Fonda et les autres, on reste en amitié jusqu'au bout. En parfaite osmose avec les dernières oeuvres du réalisateur que l'on range sans médisance au rayon des nanars, le style du biographe, se fait moins pétillant. Arnaud Le Guern, en parfait fan , arrive à y trouver un semblant d'intérêt à tout un paquet de films aux scénarios bâclés dont l'unique but reste l'envie d'y glisser quelques nymphettes vaguement dénudées.
Un fois le livre refermé, on se dit encore une fois que le cinéma brasse beaucoup d'argent jeté par les fenêtres, que la vie dorée de quelques uns fait sans doute rêver mais quand elle produit seulement quelques vagues navets parfumés au jus d'érotisme, un certain dédain gagne le lecteur. On l'accepterai mieux d'un grand créateur, d'un tombeur assez fumiste beaucoup moins. Reste tout de même, en creux, le portrait d'une époque sans doute révolue et le portrait d'un homme rendu attachant par les mots d'un auteur qui, par son idolâtrie, arrive à rendre sautillante cette vie de playboy.

Merci au site BABELIO et aux éditions Séguier  de m'avoir fait découvrir cet ouvrage !

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