mercredi 11 janvier 2017

Dalida de Lisa Azuelos


Le biopic au cinéma, c'est casse-gueule. Soit on résume toute une vie, en enfilant les moments importants comme des perles, dans une chronologie qui laisse rarement la place à une mise à distance ou à un regard particulier ( L'odyssée , il y a quelques mois ). Soit on prend juste une partie d'un parcours qui permet de dresser un portrait plus en profondeur ( Life d'Anton Corbijn sur James Dean). Dans les deux cas cités, seul le deuxième aboutit à un résultat intéressant. Mais, pour les deux films cités, la narration s'avère plus simple, les héros ne chantant pas, leurs réalisateurs n'eurent pas  l'obligation de transformer leur oeuvre en juke-box. Revient alors à l'esprit  un des exemples célèbres de biopic français à ritournelles, "La môme",  qui, lui,  avait choisi une narration totalement éclatée et accessoirement de plâtrer une comédienne pour la rendre crédible... 
Pour Lisa Azuelos, la réalisatrice, le challenge de retracer une vie, avec des tubes et un sosie de cette icône que fut Dalida  ressemble à un vrai challenge. Et, petit obstacle en plus, il lui fallut passer sous les fourches caudines du frère de la chanteuse, tout à la fois producteur associé et véritable gardien du temple de l'image de sa soeur. L'option choisie, pas des plus originales non plus mais qui donne un peu d'allure à la chose, fait démarrer le film sur un moment clé de la vie de la créatrice de Bambino ( ici sa tentative de suicide en 1967). Suivent, ses débuts et sa carrière, avant, après, et la mort qui n'arrête pas de roder  autour d'elle, le tout ponctué de quelques moments de l'enfance et par un tourbillon de refrains.
Que dire du film ? Malgré des tentatives touchantes de sortir d'une certaine linéarité biographique, , en plaquant  notamment certaines chansons pas à la bonne période mais en lien avec l'histoire, en cherchant à apitoyer le spectateur sur cette accumulations de suicides qui jalonnent sa vie,  j'ai toutefois eu l'impression d'avoir regardé un long clip à la gloire de la chanteuse. C'est beau, clinquant, Sveva Alviti resplendit à l'écran et apparaît convaincante en Dalida. Mais tout va trop vite. Le film, monté comme une succession rapide de pastilles illustratives, ne touche guère sauf durant quelques minutes peut être, quand il prend le temps de s'attarder sur l'exceptionnel talent d'interprète de la chanteuse. Cependant, ce sont plus les chansons qui émeuvent que le film par lui même, totalement absorbé à faire défiler le maximum de détails, sans jamais prendre le temps d'approfondir le personnage. 
Alors, on tape du pied, on dodeline de la tête suivant les tubes diffusés et le temps passe agréablement mais sans avoir la sensation de voir un grand film, juste un bel album d'images glamours, aussi clinquantes et pailletées qu'un show de la chanteuse au Palais des Sports. Si l'on est fan de Dalida, on peut y aller, les autres .... 

1 commentaire:

  1. Ce biopic est émouvant, il met en scène la vie douloureuse de la chanteuse. De plus, il est bien réalisé et l’actrice qui joue Dalida est à la fois sublime et talentueuse. J’ai regardé ce film en streaming sur l’application https://play.google.com/store/apps/details?id=com.virgoplay.v3.playvodmax&hl=fr , car je voulais le visionner sur ma tablette.

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