vendredi 27 janvier 2017

Festival Premiers Plans Angers 2017 Jour 6


A l'aube de cette sixième journée, le festivalier, qui est ici en grande majorité un vrai public fervent et curieux, a déjà vécu diverses vies grâce à la multiplicité des regards des films de jeunes cinéastes sélectionnés par le festival. En ce jeudi, ce même public, toujours insatiable,  allait découvrir d'autres moments de vie. Rien que dans la catégorie courts métrages, section films d'école, on lui a proposé de participer à une incinération roumaine ( " Tous les fleuves vont à la mer" de Alexandru Badea), de  se faire sodomiser par un loup  ( intrigant " L'home llop" de l'espagnol Lluis Sellarès),  de risquer le renvoi d'un orchestre slovaque ( sensible "Skuska" de Gregor Valentovic) ou de rencontrer un croisement russe d'Amélie Poulain et Zazie (  drôlatique" Fedor's journey through Moscow at the turn of  XXI century " de Aksinya Gog) . Et si dans cette catégorie, j'ai été soufflé pat la maîtrise graphique et l'humour très décalé du premier court métrage franchement réussi du français Jon Boutin ( " Des résidus analytiques"), le vrai moment fort du festival est venu de la compétition des longs métrages. Pour cela il a fallu attendre la dernière projection du soir et, en amuse bouche, regarder un polar espagnol survendu par sa distributrice, "La colère d'un homme patient " de Raùl Arévala, histoire d'une lente vengeance pas trop mal fichue, mais sans grande originalité. Le coup de fouet du festival arriva donc juste après. Avant d'entrer dans la salle, un public fébrile, plus nombreux qu'à l'habitude pour la deuxième séance plus tardive, piaffait d'impatience. Et ce n'était pas tant la venue d'une de ses productrices, Julie Gayet, qui mettait autant d'émoi, mais bien la réputation que le film "Grave" de Julia Ducournau avait acquis depuis Cannes 2016. Interdit aux moins de 16 ans et précédé de son aura gore, le public salivait d'avance ( enfin, surtout la partie la plus jeune, venue en force ! ). Une heure et demie plus tard, un hourra d'enthousiasme salua le générique de fin, le public  jeune plutôt debout, la public ancien assez dubitatif. La réalisatrice, pourvue d'un sépulcral rouge à lèvres noir, souriait de joie. Elle avait de quoi car "Grave" marque bien la naissance d'une vraie cinéaste qu'il faudra suivre de très près. Déjà à l'affiche de deux films du festival comme consultante du scénario ( "Compte tes blessures" et " Corporate"), son film est une vraie réussite. Totalement maîtrisé de bout en bout, utilisant les codes du cinéma gore sans jamais en forcer le trait, la jeune réalisatrice nous offre un film d'une incroyable virtuosité et aux visées bien plus profondes que le genre le laisse supposer. En plus de cette histoire de cannibalisme à laquelle on croit constamment, c'est aussi, en creux, une description intense du passage à l'âge à adulte et de la découverte de la sexualité mais également celle d'une société désarçonnée en quête de sensations nouvelles. Pour moi, le long- métrage le plus abouti de la sélection et donc mon favori...
Aujourd'hui, dernier jour de compétition .... avec sans doute de nouvelles vies, de nouvelles surprises... Chic, j'y cours ! 

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