mardi 24 janvier 2017

Compte tes blessures de Morgan Simon



Un père, un fils et la nouvelle copine du père composent un trio autour duquel le film tournera durant 1h20, bercé de rock alternatif . Le père, après son veuvage, reconstruit petit à petit sa vie tandis que le fils, évacue sa violence rentrée en chantant dans un groupe de hard rock et crie son mal de vivre en recouvrant son corps de tatouages. Mais l'arrivée de Julia, sympathique et attirante trentenaire auprès de son père, ne va pas arranger les rapports déjà conflictuels entre les deux mâles de la maison. Surtout que le fils ne va pas être insensible aux charmes de la jeune femme...
Premier film sans doute assez personnel où la passion pour la musique rock post hardcore côtoie une histoire de famille, "Compte tes blessures", après une entrée tout en violence musicale,  traîne à installer son intrigue. s'attardant un peu trop sur les concerts, ou des scènes de transition un peu fades. Heureusement, le trio d'acteurs, formidable, arrive à agripper le spectateur et lui offre dans le dernier tiers de jolis moments d'émotion. Nathan Willcocks dans le rôle tout en retrait du père taiseux et dur parvient à donner une vraie profondeur à son personnage. Kevin Azaïs, après " Souvenir " voit son corps se couvrir de nouveaux tatouages mais surtout apparaître de plus en plus convaincant à l'écran. Et Monia Chokri, avec une photogénie magnétique, emplissant l'écran de sa présence, a quitté l'univers de Xavier Dolan où la mère est un problème, pour celui de Morgan Simon et du père problématique. Et du coup, on en vient à comparer les deux univers à l'approche radicalement différente. Là où le canadien dans "J'ai tué ma mère" faisait figure de jeune prodige fou et inventif, Morgan Simon, en revendiquant comme référence la simplicité du cinéma d'Ozu, calme le jeu en essayant d'imposer un film plus sage, à la mise en scène sans maniérisme et faisant surtout confiance à une interprétation toute en retenue  Du coup, le film en devient plus fragile, un peu hésitant. Le spectateur peut être touché par cette histoire, mais restera aussi un peu sur sa faim. C'est très difficile de gagner en jouant sur le détail d'un demi-sourire, d'un frémissement, d'un regard... On sent une vraie sensibilité chez Morgan Simon, une envie de cinéma sur l'intériorité, mais on perçoit que l'enjeu de ce premier film a peut être retenu le cinéaste qui est en lui.

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