jeudi 26 janvier 2017

Festival Premiers Plans Angers 2017 jour 5


En ce cinquième jour, les festivaliers sont en état de rumination. Ce terme aux apparences bovines a été employé en début de semaine par l'un des frères Dardenne et s'avère exact.Nous ruminons toutes ces images assez terribles de misère, de corruption, de migrants, d'adolescents en crise, de pouvoirs qui aliènent, sans que cela ralentissent notre désir de cinéma. Le festivalier qui pensait peut être avoir touché le fond la veille avec un film grec éprouvant, n'avait pas encore visionné " Depth two" le documentaire du serbe Ognjen Giavonic. Courageux dans son procédé comme dans son propos, le film composé d'images assez sinistres de Danube sale, de terrains vagues glauques et de maisons abandonnées, évoque un événement sanglant de la guerre du Kosovo où 55 albanais tués par l"armée serbe ont été fourgués dans un camion frigorifique puis coulés près de la frontière roumaine. Nous entendons les voix de certains responsables de cette tuerie, de témoins et d'une miraculeuse rescapée... Hypnotique, terrifiant, obligeant le spectateur à créer ses propres images de guerre, le film terrasse littéralement ou de terreur...ou d'ennui pour certains, car le procédé utilisé, assez radical, peut se révéler très hermétique.
Moins hermétique et dans un genre totalement différent, " Pretenders" de l'estonien Vallo Toomia a suscité des débats passionnés entre festivaliers à l'issue de la projection. Cette sorte de lent thriller psychologique sur la frustration sociale et sexuelle, magnifiquement filmé dans un format scope mettant en évidence l'élégance de la mise en scène, a su rester mystérieux jusqu'au bout, offrant aux spectateurs une multitude d'interprétations qu'ils n'avaient de cesse de confronter entre eux. Signe d'un film dont l'ambiguïté finale ne laisse pas indifférent... En tous les cas, une jolie découverte d'un réalisateur que l'on aura plaisir à suivre.
Côté courts métrages, une sélection de cinq films français était proposée. Des ados en révolte ou se cherchant, des adultes en proie au mal de vivre et un jeune comorien ( ?) apprenant le maniement d'un bateau et les rudiments du métier de passeur ont envahi l'écran du palais des congrès. De cette jolie sélection, j'extrairai le très subtil "L'âge des sirènes" de Héloïse Pelloquet qui, sans jamais forcer le trait et avec un vrai regard de cinéaste, a su en quelques minutes nous faire partager cet état flou qu'est l'adolescence.
Le jour se lève sur Angers et une question qui trotte dans ma tête : qu'allons-nous découvrir aujourd'hui ?

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