samedi 16 juin 2018

Une fille comme elle de Marc Lévy


Parfois cité dans mes chroniques histoire de bien situer un roman évoqué, je l'avoue humblement, je n'avais en fait jamais lu une seule ligne de Marc Lévy qui pourtant publie annuellement avec une régularité de métronome depuis l'an 2000. Il était grand temps que je me plonge dans cette littérature qui se vend par millions d'exemplaires et de savoir enfin ce qui plaît tant ( ou que l'on arrive à faire lire et aimer ) à nos contemporains. Il y quelques semaines, j'avais testé une œuvrette de Mme Martin-Lugand... et il faut que je sois honnête, après cette expérience qui m'avait fait  côtoyer le vide, une plongée dans un roman du king de la détente absolue me tentait autant qu'un emploi et surtout le salaire d'une caissière pour le PDG de Carrefour.
"Une fille comme elle" se présente sous une jolie jaquette au lettrage gaufré d'un bel effet. La typographie large et aérée facilite la lecture et chaque chapitre débute par un joli dessin à la plume de Pauline Lévêque qui rend l'ouvrage vraiment sympa...à feuilleter. L'histoire quant à elle se résume ainsi : Chloé, comédienne cul de jatte rencontre Sanji, geek indien. Ils vont se croiser, se toiser, s'apprécier malgré quelques incompréhensions et finalement s'aimer. Oui, je sais, "cul de jatte" vous irrite l'œil... Marc Lévy ne l'emploie jamais mais comment appeler quelqu'un que l'on à qui on a amputé les deux jambes ? Assurément cette romance, franchement incongrue dans l'univers du roman sentimental, relève du défi. Il faut bien l'avouer, l'auteur s'en sort rudement bien, arrivant à faire exister joliment cette jeune femme handicapée sans l'ombre d'un regard condescendant, ni même faussement militant, posant sur elle juste de la normalité et de l'humanité et glissant subrepticement quelques remarques bien senties sur nos réactions idiotes ou blessantes en présence de personnes en fauteuil roulant. Face à cette jeune femme que l'on sait évidemment " resplendissante" , Marc Lévy écorne un peu plus le schéma classique du roman sentimental, en lui offrant comme objet de désir un indien ( d'Inde). On joue sur la mixité mais rassurez-vous Sanji ressemble à un mannequin et jouit d'un compte en banque à faire pâlir les enfants Bolloré ! ( C'est dingue, dans les romans populaires, les mecs magnifiques et à carte Platinum vivent seuls et attendent comme des rosières le grand amour romantique).
Nous retombons donc malgré ces détours sur la romance bien calibrée et nous allons pouvoir, avec les deux jeunes héros et leurs acolytes, sauter les obstacles qu'immanquablement on aura poser sur leur route. Dans le cadre d'un bel immeuble New-yorkais avec entrée en marbre et ascenseur non automatique ( avec liftier), les futurs amoureux devront vaincre le modernisme inéluctable, les traditions familiales et quelques coups du sort. Si le roman se lit sans trop de déplaisir, le dernier quart s'enlise pas mal avec une pseudo intrigue policière très mal ficelée. Franchement Marc, un peu plus de temps et de réflexion aurait été nécessaires. Pensez à vos lecteurs qui pourraient vous quitter un poil déçus et du coup peut être snober votre prochain ouvrage.
Au final, "Une fille comme elle" , dans son genre, reste tout à fait honnête. Marc Lévy sait planter, un décor, y placer des personnages un peu décalés,  trousser quelques dialogues sympas et même délivrer quelques messages. J'ai connu de bien pires romans... Et même si la fin déçoit, je peux tout à fait comprendre l'engouement des lecteurs. Marc Lévy est un conteur simple et bienveillant. Pas de quoi se moquer, ni crier au scandale...ni au génie non plus...

1 commentaire:

  1. J'avoue que je m'y ennuie beaucoup, alors j'ai arrêté au second, pas assez mordant

    RépondreSupprimer

Woman at war de Benedikt Erlingsson