mardi 26 février 2013

King's game de Nobuaki Kanazawa et Hitori Renda


Suis-je vraiment à un âge où l'on peut apprécier un manga qui déchaîne les passions chez les adolescents ? Je ne le pense pas mais ne reculant pas devant le ridicule, je me suis plongé dans le premier tome de "King's game", petite série dans laquelle l'éditeur Ki-oon croit énormément.
Je fais tout de suite un sort au dessin très ...manga justement. Ici pas trop d'yeux démesurés (heureusement, j'aurai pas pu !), seulement des bouches grandes ouvertes dès qu'il y a colère et émotion, c'est à dire à toutes les pages. Ce qui m'a agacé encore plus, c'est que le dessinateur y ajoute chaque fois des traits genre fanons de baleine, ce qui donne un air assez étrange à ses personnages. Et comme la rayure doit être son style, il en rajoute un peu partout en arrière plan dès que l'action s'intensifie, donc toutes les trois cases. Fatigant pour l'oeil et énervant pour quelqu'un comme moi qui apprécie la ligne claire....
Nonobstant ce graphisme très nippon, reste quand même l'histoire... simple et originale comme souvent dans ce type de BD.
Toute une classe de lycéens reçoit un SMS signé "le roi", invitant deux d'entre eux à s'embrasser. Le message précise que l'on doit absolument obéir aux ordres du roi sous peine de sanction. Les lycéens, joueurs, titillés dans leur sexualité qui ne demande qu'à s'exprimer et croyant à une plaisanterie, s'exécutent sous le regard intéressé et hilare de leurs camarades. Mais les SMS continuent à arriver, avec des ordres de plus en plus pervers. Quand deux d'entre eux refusent d'obéir aux ordres du roi, un message les prévient qu'ils mourront pendus...ce qui se produira, médusant la classe et faisant naître un climat plus inquiétant. Les ordres vont continuer à arriver, les morts aussi... L'angoisse règne chez les survivants...
Ca démarre sur les chapeaux de roue, agrippant le lecteur fermement pour essayer de ne plus le lâcher. Mais quand on arrive au coeur de l'action, au moment où l'on dénombre quelques victimes, l'histoire ralentit un peu, sombrant dans le psychologique. Du coup j'ai été moins accroché, les interrogations juvéniles et criardes de ces jeunes maintenant au bord de la crise nerf, m'ont fait sourire. Je sais, je ne devrai pas, ce qui leur arrive est très triste et je suis supposé montrer un peu plus d'humanité ! Mais, mauvais esprit, j'ai surtout pensé que les auteurs avaient du signer une histoire en cinq tomes et que, déjà arrivés à la fin du premier, ils commençaient à rallonger la sauce. Mauvais présage pour la suite même si le succès au Japon est indéniable, des millions d'exemplaires ont été vendus et notamment 30 millions en numérique paraît-il (cette déferlante du livre numérique est-elle à nos portes ?).
Je ne sais pas si je lirai la suite de "King's game", fait plus pour remuer les esprits adolescents que la vieille carne que je suis devenu. Par contre, il est sûr que j'achèterai le tome suivant pour ma fille qui a trouvé ça "trop bien"et surtout "bien glauque", le deuxième avis expliquant surement le premier.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Woman at war de Benedikt Erlingsson