dimanche 3 février 2013

Happiness therapy de David O. Russell


Certains me disent que je vais au cinéma ne voir que des films "art et essai", intellos et pas du tout grand public... Peut être, mais au fond de moi se cache un grand amateur de comédies (américaines et même françaises !) et cette semaine, appâté par une critique plutôt enthousiaste, j'ai snobé le film à Oscars de Spielberg (Lincoln) ou le long métrage prise de tête français avec Jean Pierre Darroussin ( Rendez-vous à Kiruna) pour "Happiness therapy", la comédie branchée du moment.
Nous sommes à Philadelphie. Pat, sort d'un hôpital psychiatrique dans lequel il a passé huit mois à soigner son agressivité, suite à l'agression qu'a subi l'amant de sa femme qu'il a surpris sous la douche avec elle. Pat est bipolaire, donc sujet à des crises de violence intempestive qu'il essaie de soigner sans médicament. De retour chez ses parents, américains moyens, il n'a qu'une idée en tête : reconquérir Nikki sa femme auprès de laquelle il a obligation de rester à distance. Lors d'un dîner chez son meilleur ami, il rencontre une jeune veuve, Tiffany, dépressive et nymphomane mais en traitement elle aussi. Si le coup de foudre ne semble pas immédiat, une certaine attirance va avoir lieu et tous les deux vont combattre leur maladie respective avec une thérapie : préparer ensemble un concours de danse.
Je n'en raconte pas plus ce serait bête de vous gâcher le plaisir de la découverte de la suite de ce subtil scénario...
Personnellement, l'ennui m'est tombé dessus dès les premières minutes. Scènes filmées de façon hystérique (pour mieux se calquer au héros sans doute), répétitives, dialoguées comme une sitcom de troisième zone et avec une image façon cinéma indépendant, c'est à dire tirant sur le sale et le vert-de-gris. Tous les ingrédients du film vaguement intello sont là, sauf les idées. Pourtant le film draine pas mal de de thèmes ( les relations père/fils, frère/frère, la middle class américaine, ...) mais sans jamais les approfondir et surtout en les noyant dans des rebondissements cousus de gros, très gros fils blancs.
Le spectateur, s'ennuie ferme durant deux heures (!) et a le temps de voir tous les défauts de cette comédie romantique sans saveur. Film totalement puritain et bien pensant, formaté pour ne déranger personne, "Happiness thérapy" est ce que les USA font de pire en la matière. Mal fichu, mal filmé, pas dialogué mais, heureusement, d'une moralité imparable : la femme aimée mais adultère est forcément punie, les parents finalement aimants sont récompensés (mais pas le spectateur qui a droit à une scène ridicule où de Niro pleurniche de ne pas avoir assez aimé son fils), la nymphomane qui résiste à ses pulsions est, elle, récompensée comme le héros qui, bien que bipolaire et impulsif, sait résister à la tentation en restant fidèle...
La seule chose à sauver est peut être l'interprétation de Jennifer Lawrence et de Bradley Cooper qui semblent crédibles à l'écran. Je dis peut être car j'ai vu le film en version française avec un doublage assez mauvais, mais on peut dire qu'ils ont au moins une certaine photogénie.





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