samedi 18 mai 2013

Villa mauresque de Floc'h et Rivière


Continuant leur exploration du milieu littéraire anglais d'avant, pendant et après guerre, l'illustrateur Jean Claude Floc'h et le romancier François Rivière nous proposent un objet assez original, difficilement classable. L'éditeur annonce un roman graphique, le lecteur se trouve plutôt devant un texte illustré.
"Villa mauresque" est sensé être une biographie de l'auteur, aujourd'hui pas mal passé de mode, Somerset Maugham, mais n'est en vérité qu'une courte évocation de cet auteur dont la vie a été à la fois intellectuelle et aventureuse. L'écrivain fut également médecin, homme de théâtre et même agent de renseignement. Grand observateur de l'humanité,  il a ramené de ses nombreux voyages des nouvelles célèbres en leur temps ainsi qu'une kyrielle de romans qui ont fait sa fortune.
Dans cette évocation rapide de sa vie, les auteurs se sont surtout intéressés à deux aspects de sa personnalité : sa sexualité et son amour pour une splendide villa sur la Côte d'Azur, la villa mauresque.
Somerset était bisexuel avec une préférence plus marquée pour des hommes, plus jeunes que lui, qui durant sa vie, lui ont fait office de secrétaires. En faisait parler tout à tour l'auteur et quelques amis, amants ou proches, le livre nous présente un Somerset Maugham moche, bègue, à l'esprit affuté et aux répliques vachardes, pas réellement attachant.
Ce condensé de vie m'a laissé un peu sur ma faim, car derrière son masque acariâtre, on devine la personnalité originale, voire fascinante, qu'il a du exercer à son époque. Même si l'on a une jolie idée sur ce que fut cet auteur richissime, même si on ressent la souffrance cachée de cet homme qui toute sa vie porta le deuil d'une mère trop tôt disparue, c'est un peu trop résumé pour emporter l'adhésion. Toujours aussi minutieusement illustré par Floc'h, "Villa mauresque" reste quand même un joli bijou nostalgique et chic autour de cet auteur, autrefois célébré par Alain Souchon. Il faut toutefois noter une couverture assez percutante, avec un homme nu de face, symbole de ce que fut Somerset Maugham à son époque : un talentueux romancier à la vie hors norme.


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