lundi 9 février 2015

La fille sans nom d'Angelika Klussendorf


Au coeur d'un appartement que l'on imagine plus que modeste, une enfant jamais nommée navigue entre une mère paumée, alcoolo, bipolaire comme on dirait maintenant et un petit frère que l'on pressent fragile. Toujours sur le qui vive, sa vie est rythmée par les raclées mémorables que lui inflige sa mère et les bêtises de plus en plus nombreuses qu'elle commet, peut être pour crier au monde qu'elle existe. De crise en crise, la police finira par la placer dans un internat pour filles perdues sans pour autant canaliser la révolte qui est en elle.
Le sujet est fort indéniablement et pourtant le roman n'arrive jamais à nous happer, à nous intéresser réellement à cette jeune fille. La description de ses nombreux malheurs s'enchaîne sans relâche mais de façon tellement factuelle qu'à la fin, cela finit par devenir banal, voire un soupçon barbant. Elle vole, elle tourmente son petit frère, elle fugue, elle résiste mais jamais je n'ai ressenti la moindre empathie, seulement une pointe de pitié pour elle. La faute sans doute à une écriture terne, sans aucun relief et aussi à une construction assez peu romanesque, comme si on avait affaire à un documentaire sur la vie d'une jeunesse perdue en RDA, plus proche d'une suite de faits façon constat policier. Mais, de la façon dont sont présentés les événements, cela aurait pu tout aussi bien ce passer dans un autre pays, même occidental. On pourra donc mettre au crédit de l'auteure, l'universalité de son histoire. Cependant, ce portrait, aussi tragique qu'il soit, pâtit de  la banalité d'un style d'une grande platitude comme si l'auteur avait peur de mouiller sa chemise. En restant finalement à la surface des choses, on obtient un roman sans beaucoup de grâce, une sorte de patchwork des vicissitudes d'une jeunesse sacrifiée ( il ne manque que la drogue ). Ca se lit certes très facilement, mais ça ne marque pas.


Album lu dans le cadre de "Masse critique " du site Babelio.

2 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas et ne désire pas aller plus loin !

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  2. Tu sais c'est édité aux presses de la cité.... je pense qu'ils visent un lectorat pas trop exigeant, ou tout du moins des auteurs facile à lire... C'est le cas ici mais cela manque beaucoup de chair !

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Woman at war de Benedikt Erlingsson