dimanche 15 février 2015

La résurrection de Luther Grove de Barry Gornell



Ils sont aussi riches qu'attrayants physiquement. Ils débarquent de leur rutilant 4x4 accompagnés d'une adorable blondinette de deux ans et investissent une grande et belle maison contemporaine que d'énormes travaux ont rendu la plus imposante du coin. Nous sommes dans un coin calme et reculé d'Ecosse. La vue sur les sombres forêts giboyeuses et le loch avoisinant est de celle à ravir même les esprits les plus blasés. Un bel endroit pour poursuivre une belle vie. Mais, on devine très vite que Laura, la jeune femme, fuit un épisode passé un peu traumatique et que derrière les apparences, la réalité est un soupçon moins glamour. Et puis, ils vont se trouver confronter à un voisinage qu'ils n'attendaient pas car ce qu'ils pensaient être une cabane de berger, est en fait l'habitation d'un homme seul et taciturne, Luther. Il ne faudra que quelques heures, et un passage en conquérant sur un chemin privé pour que les rapports s'enveniment avec John, le mari. Puis l'arrivée impromptue du frère de John viendra exacerber les tensions, chacun des personnages se trouvant entraîné dans une course sans fin vers une vérité où se mélangeront amour, passé, haine et violence, cocktail plus qu'explosif pour un final proche de l'apocalypse.
"Résurrection" dans le titre, "apocalypse" que je viens d'employer, "enfer" mot qui revient souvent dans la bouche d'un des personnages qui se trouve confronté à des flammes vers la fin, autant de termes qui pourraient renvoyer le livre à quelque récit prenant appui sur des thèmes chrétiens. C'est peut être le cas, mais j'avoue ne pas avoir le temps d'y réfléchir, tellement la lecture de ce polar a été rapide. Oui, c'est monté comme un sacré tourne-pages qui va crescendo, ne laissant aucune respiration au lecteur qui est pris dans un maillage de faits, quelquefois un peu gros ou techniques, mais efficacement amenés. Barry Gornell n'y va pas de main morte, osant beaucoup d'ingrédients improbables, des scènes avec un squelette par exemple ou une héroïne sympathique mais un poil ambiguë avec cette constante d'attirer les agressions sexuelles. Et pourtant ça fonctionne bien même si personnellement les quelques explications géologico/physiques au moment de la partie dans la grotte m'ont un peu laissé de marbre. On est emporté, sidéré même par la maîtrise de l'intrigue, par un style très incarné, sachant donner de la chair aux êtres et aux éléments naturels qui entourent les personnages. Et même si les quelques dernières pages, une fois la tension retombée, semblent un peu trop explicatives et sans énorme intérêt dramatique, elles permettent de clore ce premier polar de façon plus reposante, plus romanesque, laissant toutefois l'agréable impression d'avoir lu quelque chose de consistant.
Un bon polar psychologique qui peut paraître faire un peu dans la surenchère mais qui se lit d'une seule traite. C'est le but de tout bon polar, non ?


Album lu dans le cadre de "Masse critique " du site Babelio.


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