mardi 10 février 2015

It follows de David Robert Mitchell


Voici donc un chef d'oeuvre, enfin disons, la petite merveille de la semaine. L'affiche ne rechigne pas à afficher des superlatifs qui peuvent donner envie. La presse a emboîté le pas en soulignant que dans le film d'horreur, il y aurait un avant et un après "It follows".
Pas particulièrement fana de ce genre de films, j'ai succombé aux sirènes de la promotion. Le film démarre pas mal avec une scène qui laisse présager que l'on va jouer sur nos nerfs. Une jeune fille en nuisette, au petit matin, sort d'une maison en courant, affolée par on ne sait quoi, trouve refuge sur une plage. Le plan suivant on découvre son corps démantibulé. Nous arriverons à comprendre par la suite qu'elle a été victime d'une maladie sexuellement transmissible qui lui permet de voir son assassin qui marche normalement vers elle sans que personne d'autre ne le voit. Cet assassin, mi zombie mi figure parentale, est différent d'une victime à l'autre. Cela peut être une maman incontinente aux tendances lesbiennes, un père à poil, un grand dadais décharné, ... La bande d'adolescents que nous suivons sera la proie de cette maladie qu'ils vont essayer de refiler même si s'en débarrasser ne fonctionne pas à tous les coups....
Comme l'an dernier avec "Under the skin", j'ai du passer à côté du chef d'oeuvre. C'est un film interminable qui essaie de faire le malin en jouant tout à la fois sur les clichés et les codes du film de genre mais en prenant une position très arty. Des travellings forcément signifiants; des plans tellement bien composés que l'on entend presque le réalisateur dire : "Regardez comme il est beau !", une grande lenteur dans l'action pour faire profond. Ce n'est jamais angoissant, jamais flippant, parce que l'on s'en fout !
Comme dans tout bon film d'horreur on retrouve de jolies héroïnes qui, lorsqu'elles ont peur ou sont poursuivies, n'ont pas d'autres idées que de se réfugier dans des endroits isolés ou glauques. Du coup une musique grinçante envahit l'écran, souvent pour rien, car il ne leur arrive rien. On comprend très vite que nous ne serons pas dans la surenchère grandguignolesque mais dans un truc chichiteux où la symbolique lourdingue va l'emporter.  Et quelle symbolique !!!! Le sexe c'est mal puisqu'il transmet des maladies. Les parents sont des porcs qui ont amené le pays dans cette décrépitude illustrée ici par des plans de maisons abandonnées dans un Détroit qui finit par devenir un cliché. Passer à l'âge adulte ce n'est pas facile. Rien de nouveau donc sous le soleil du teen movie ou du film d'horreur. Certes  filmer cela avec lenteur et en privilégiant les cadrages un peu tarabiscotés peut donner l'impression d'un cinéma d'auteur. C'est peut être vrai car on trouve sur la fin quelques scènes assez réussies (comme celle de la piscine), mais dans l'état, je n'ai assisté qu'à une ébauche gonflante et prétentieuse pas bien originale. Et surtout, je n'ai jamais eu peur, ni frémit... juste de l'ennui...



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