samedi 3 septembre 2016

Les parisiens de Olivier Py


La première question que l'on se pose en refermant le dernier roman d'Olivier Py est : Mais à qui diable s'adresse-t-il ? A quelques happy few d'un quelconque sérail parisiano/culturo/branché peut être mais sans doute pas à un lecteur lambda, dont il se contrefout, même si celui-ci peut trouver plaisant de se goberger des personnalités célèbres qui transparaissent des personnages de ce roman à clé.
Ce parcours d'un beau jeune homme à la recherche d'amour, de gloire et de richesse, le propulsant au coeur d'un sordide jeu de cour pour la désignation de celui qui dirigera l'opéra de Paris, aurait pu être une version hard d'un Rastignac contemporain. Seulement, Olivier Py joue les divas littéraires dans une accumulation totalement vaine, voire clichetonneuse, d'envolées lyriques aussi prétentieuses que vides, dont la prétendue subversivité se bute constamment au ridicule. Quelques saillies peuvent parfois faire leur effet, courts moments où l'on entrevoit un regard aiguisé, observateur, perspicace. Mais elles sont noyées dans un maelstrom de sexe, de compromissions, de calculs et d'anus à sodomiser et ce jusqu'au ridicule.
Vouloir faire le portrait d'un monde où sexe, pouvoir et célébrité sont intimement liés pouvait être un joli challenge à condition peut être de n'y mettre aucun fard. Ici, c'est tout le contraire. C'est avec le maquillage outrancier d'un travelo hystérique que nous avançons dans ce qui devient au fil des pages,  un lit de clichés des plus réducteurs. Pour Olivier Py, le monde est simple. Tu es un jeune mec, beau, tu sors ton sexe, tu écartes les fesses et tu vas exciter tous les gens de culture, des ministères ( qui sont ici tous des hommes) et tu les baises. La réussite tient à cela et à beaucoup de tractations occultes et perfides. Malgré l'outrance de ce qui peut passer pour un pastiche, l'image véhiculée par tous les homophobes, politophobes de notre pays se trouve, hélas, grandement confortée face à cet étalage trop facile. On peut, en élaguant bien, y trouver une réflexion sur le pouvoir, la place du corps dans la société, mais que dire de tout ce verbiage catho, aux allures de rédemption, qui s'immisce constamment dans le récit ? Et de ce torrent de grandes phrases aux mots intelligents qui sonnent joliment et qui à la relecture s'avèrent aussi creuses que pompeuses ?  Je pense qu'ils répondent finalement à ma question du début. Olivier Py écrit pour lui-même et cet exercice masturbatoire n'est peut être qu'une pierre aux allures culturelles pour accéder bientôt à la direction d'un grand établissement de culture parisien. Ce n'est peut être pas du tout vrai, mais c'est l'impression qui émerge constamment lors de la lecture. Et du coup, ouais, moi lecteur de région, j'ai l'impression de participer un peu à ce cirque d'intrigues parisiennes.... mais sans plonger dans l'orgie !


2 commentaires:

  1. Merci pour votre commentaire. Vous avez parfaitement résumé les raisons pour lesquelles j ai abandonné la lecture de ce livre au bout d une centaine de pages.

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  2. ...Je suis fier de ne pas l'avoir lu...

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