samedi 18 août 2012

Longcours


Et hop un nouveau mook ! (contraction de magazine et de book). Après quelques petits éditeurs qui ont lancé le mouvement avec succès (notamment les éditions des arènes avec XXI et 6 mois, mais d'autres aussi avec Feuilleton, Schnock, Believer, ...) et la présence de Bayard avec Muze et France Culture papier, c'est au tour du groupe Express/Roularta de se lancer dans la course.
Le créneau est-il porteur ? Est-il indispensable pour leur image de marque que les éditeurs aient chacun le leur, histoire de ne laisser aucune niche aux concurrents ? La demande pour ce genre de revue haut de gamme est-elle si forte ? Je m'interroge. Y aura-t-il de la place et donc des lecteurs pour tout le monde ? L'avenir nous le dira.
Avec un titre pareil, la revue veut faire voyager son lectorat et le moins que je puisse dire c'est qu'elle y réussit. De longs reportages en Australie, à Cuba, en Egypte, en Chine, écrits avec talent et quelquefois par des grosses pointures : Douglas Kennedy nous livre une nouvelle inédite pas vraiment voyageuse mais qui peut trouver un écho avec le reportage en Ukraine et au Canada sur ces féministes qui s'opposent à la marchandisation et aux violences faites à leur corps. On trouve également l'ethnologue Philippe Frey et le désormais inévitable Sylvain Tesson, voyageur à succès et même un article de Mark Twain tout à fait passionnant. On y trouve aussi quelques incontournables reportages photos évidemment de grande qualité et même un petit roman graphique (une BD quoi !) en guise de dessert. La mise en page, classique et soignée, rappelle celle d'un quotidien quand les textes sont sur trois colonnes au lieu de deux, mais permet une   lecture confortable.
"Long-cours" est un beau mook, on en attendait pas moins du groupe Roularta, reste à savoir s'il trouvera sa place dans cet univers bien chargé. Mais je fais confiance à la force de frappe du groupe pour lancer dignement cette revue. Déjà, dans le numéro de cette semaine de l'Express, on trouvait un publi-rédactionnel de six pages dans sa rubrique "lecture".
Quant à moi, je suis séduit par ce premier numéro et je pense que le second viendra honorer ma table de salon cet automne.

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