samedi 22 février 2014

Un petit goût de noisette de Vanyda


Voici un roman graphique dont le titre n'est absolument pas trompeur avec son contenu. C'est l'exact sentiment que j'en ai retiré une fois refermé : "Un petit goût de noisette" ...., c'est bien ce que l'on peut  dire de ce fruit sec, un goût très, trop léger qui, pour moi, marque une légère déception (mais les admirateurs de cet album, ils sont nombreux, me rétorqueront que la noisette a un goût subtil comme cette BD...)
Ayant beaucoup apprécié, voire adoré les trois tomes de "Celle que je ne suis pas, je voudrais être et être", c'est avec gourmandise que je me suis plongé dans celui-ci. La couverture, très réussie, semble donner une impression d'enfance...que l'on ne retrouve pas dans la collection d'histoires que Vanyda nous propose. Il est plutôt question de trentenaires à la recherche de l'amour, d'un ou une partenaire. Ils avancent dans la vie à petits pas, dans un quotidien très bien exposé, se rencontrent, se croisent, boivent quelques verres, échangent quelques paroles, quelques regards. Plusieurs personnages vont apparaître dans des histoires apparemment indépendantes, mais vont parfois se croiser entre eux au hasard de leurs pérégrinations. C'est un peu une BD chorale mais pas tout à fait....
On retrouve le sens d'observation très aiguisé de Vanyda qui n'a pas son pareil pour décrire la vie quotidienne dans sa simplicité. Avec un trait un peu plus affirmé et l'apparition de quelques couleurs secondaires, une par épisode, créant ainsi une ambiance particulière, le projet est admirablement bien défini et pensé. Mais, le hic ici, comme souvent dans un recueil de nouvelles, toutes les histoires n'ont pas le même intérêt et malgré le lien donné entre toutes par ce vagabondage de certains personnages d'une histoire à l'autre, mon intérêt n'a pas été constant. Si j'ai été touché par Barnabé, le solitaire qui prend constamment des râteaux ou par Benoît dont l'incursion comme lecteur dans un hôpital donnera un passage passablement grinçant, je l'ai été beaucoup moins par d'autres portraits plus ténus, jouant sur des détails que ne m'ont pas paru complètement intéressants.
Quand mes enfants ne voulaient pas goûter un de ces aliments ne ressemblant pas aux frites ou aux pizzas, mon épouse leur disait : "Goûte, tu verras, c'est bon, ça a un petit goût de noisette !". Bien sûr, ils goûtaient (ils étaient obéissants) mais ils n'étaient guère convaincus par la saveur d'une courgette ou d'un avocat. Malgré la promesse gourmande, la noisette n'a jamais eu la puissance gustative d'une truffe ou du poivre. Et c'est un peu le sentiment que j'ai eu après la lecture, cela manque de sel ou de condiments. Le sujet n'est pas follement original, l'apparition de quelques couleurs un procédé souvent employé en BD et certaines histoires quelque fois très fragiles, jouant sur une quotidienneté bien observée, m'ont semblé trop anecdotiques. Je suis un peu sévère parce que déçu. Mais Vanyda possède un talent sûr d'entomologiste des coeurs et des êtres, qui éclate encore ici mais qui, j'en suis certain s'épanouira peut être plus dans un vrai récit de longue haleine.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Woman at war de Benedikt Erlingsson