dimanche 23 février 2014

Gloria de Sebastian Lelio



J'élimine tout de suite les connotations hollywoodiennes autour de ce film. Non, ce n'est pas du tout un deuxième remake du "Gloria" de Cassavetes, ni une suite de "Tootsie" où Dustin Hoffmann reprend son rôle ( versant féminin ). La comédienne y fait beaucoup penser, mais il n'en est rien ! S'il devait y avoir une ressemblance à chercher, on pourrait lui trouver un lointain cousinage avec "Les beaux jours" de Marion Vernoux.
Gloria, approchant la soixantaine, est divorcée depuis douze ans. Elle travaille, voit de temps en temps ses deux grands enfants et oublie sa solitude en allant danser dans des clubs pour personnes matures, s'étourdissant de danse mais aussi de flirts (on drague beaucoup dans les dancings !). Et un soir, elle rencontre Rodolfo, la petite soixantaine sympathique, fraîchement divorcé. Le courant passant bien, ils finissent par tomber le costume de bal pour que leurs peaux puissent s'épanouir au creux d'un lit. Mais l'idylle va se compliquer, la famille de Rodolfo est un peu toxique et nuit à leur relation. Gloria coupe,à regret, la relation, mais l'évincé va insister ....
Porté par la formidable Paulina Garcia, le film est le portrait sans démagogie et tout en finesse d'une femme ordinaire, avec ses amis, ses amours, ses emmerdes (là, pas trop, sinon sentimentales). L'originalité vient surtout du personnage principal, mûre mais ni malade, ni folle, ni trop riche ni trop pauvre, lambda. Filmée dans son quotidien, chaque scène apporte finement un détail qui complète la perception que l'on peut avoir du personnage sans s'appesantir. La relation de couple est ici envisagée de façon tout à fait normale elle aussi. Oui, à soixante ans on peut rechercher une aventure sexuelle, la trouver, en jouir. Les deux comédiens, ne cachent rien de leur corps et offrent au public des scènes comme on pourrait en voir plus souvent, le sexe n'est pas uniquement réservé aux nymphettes ou aux trentenaires bodybuildés !
Joliment sentimental, avec un rythme lent qui permet de mieux saisir l'importance des regards, des gestes et des attitudes, "Gloria" est un film qui a su toucher le pas encore soixantenaire que je suis. Délicate description d'une femme chilienne contemporaine, laissant enfin un peu de côté le passé dictatorial du pays, "Gloria" séduit surtout par sa justesse de ton et son traitement tout en délicatesse. Et si vous aimez la chanson d'Umberto Tozzi, vous l'entendrez évidemment mais en version espagnole car elle est, ici,  le symbole d'une femme libre et responsable !


1 commentaire:

  1. Je viens de le revoir. Et je l'ai encore plus aimée cette gloria. Tout est bien filmé. Le cœur et les corps !!

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