dimanche 5 avril 2015

70e anniversaire, autoportrait d'Helmut Berger et Holde Heuer



Je n'avais qu'une image floue d'Helmut Berger, figure un peu plastique du début des années 70 et dont la liaison supposée avec Luchino Visconti lui donnait  à mes yeux d'adolescent de province un côté sulfureux. Cet autoportrait presque un demi-siècle plus tard, vient clarifier cette vision... mais était-ce vraiment indispensable ?
La première impression qui nous assaille dès les premières pages est que ce livre est une abomination. En plus d'être écrit avec les pieds, le portrait de l'acteur qui s'en dégage est d'une vanité et d'un orgueil incommensurable. Ok Helmut,  tu fus beau, tu fus photographié, tu sus profiter de ce physique à la mode et en tirer profit, mais est-ce bien raisonnable de nous abreuver de ta vie de jetsetter avec morgue et suffisance tout le long de ces 300 pages ? Si l'on enlève toutes les parties nous vantant tes voyages sur les yatchs des hommes les plus riches de l'époque, croisières où il ne se passait au final rien d'intéressant à part boire du champagne et se mettre de la coke dans le nez par kilos, si l'on supprime toutes les paragraphes où tu répètes inlassablement que tu fus amis avec une telle fort riche personne ou une telle magnifique créature (homme ou femme) avec qui généralement tu as dévalisé les boutiques les plus chères du monde, si l'on déchire les pages d'autosatisfaction où tu nous assènes que tu es bosseur comme pas deux, maniaque de l'ordre et de la propreté, un décorateur exceptionnel, un ami généreux sur qui compter, il ne reste pas grand chose d'intéressant à se mettre sous la dent. Tu te déclares "la veuve de Visconti" ...pourquoi pas ? Il t'a fait tourner dans plusieurs de ces chefs d'oeuvres et tu sembles effectivement l'admirer, c'est la moindre des choses. Votre relation fut, selon ce que j'ai compris au travers de tes lignes, celles  d'un vieux riche se payant (très cher) un gigolo à domicile, n'honorant son maître qu'à heure fixe, te permettant ainsi de finir tes soirées cocaïné au bras de créatures de rêve et uniquement riches. Tout cela n'est au final pas bien passionnant et surtout insupportable de fatuité. J'ai failli jeter le livre lorsque tu proclames, fier comme un paon qu'au cours d'un séjour au ski dans une station ultra huppée, tu t'es lié d'amitié avec un membre de la famille Agnelli pour avoir le privilège d'accéder à un cercle VIP uniquement composé de gens beaux ou riches...
Je n'en rajoute pas, vous aurez compris que ce livre n'est pas des plus fréquentable et pourtant... on peut quand même y trouver en creux une description du monde du cinéma des années 70/80. Certes, il n'est pas reluisant, pourri par un fric qui semblait couler à flot même pour des acteurs plus tout à fait de premier plan comme Helmut Berger dont la gloire fut cantonnée à quelques rôles marquants concentrés sur peu d'années, la suite se réduisant à des apparitions dans des panouilles de second voire huitième ordre.  On a donc un aperçu de toute une bande de gars et de filles spéculant plus sur leur beauté que sur leur talent, cherchant au final à s'immiscer dans le gotha avec le secret espoir de trouver un riche amant, une généreuse maîtresse voire se marier, le cinéma servant de porte d'entrée. C'est assez misérable au fond, mais le miroir aux alouettes semblait fonctionner à plein. Cela donne au final une image du monde du cinéma assez cliché entre sexe, drogue et alcool, la création servant souvent de carte de visite pour pénétrer dans tous les sens du terme quelques humains au compte en banque bien garni.
Helmut Berger a beau enrober cela de quelques circonvolutions artistiques, j'ai l'impression qu'il ne trompe pas grand monde. Il semblerait que de sa faste période, il ait conservé quelques amitiés solides. Tant mieux pour lui, mais son autoportrait laisse tout de même un grand sentiment de vacuité et de vanité assez nauséabond.


1 commentaire:

  1. A laisser tomber. Je n'aime pas le nauséabond nombrilisme

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