jeudi 17 décembre 2015

Le goût des merveilles d'Eric Besnard


J'en sors. Le titre n'est pas trompeur, ce film a un petit goût de merveilleux. Pas un grand film c'est certain, mais un petit bijou qui fait du bien en cette période morose. Un scénario et des dialogues originaux, du soleil, une nature magnifique, des produits bios et surtout, surtout, deux comédiens au-delà de tous les adjectifs : Benjamin Lavernhe, étonnant et Virginie Efira qui rayonne comme jamais!
Mon avis plus long, un peu plus tard !
C'est ce que j'ai écrit en sortant de la projection. Une nuit de sommeil et une journée de travail plus tard, il reste le souvenir d'un film très gracieux qui fait bien et dont on ressort tout joyeux. Vous allez croire qu'un peu de soleil printanier provençal, des fleurs et des fruits, quelques bons sentiments suffisent à mon bonheur de spectateur. Je ne le pense pas et je trouve que dans ce film là, il y a beaucoup plus. Certes on peut y trouver deux trois longueurs ou scènes un peu ratées, mais ce n'est que broutilles par rapport au souffle de réconfort qui nous caresse durant 1h40. Oui, on peut faire vivre à l'écran une histoire improbable entre une jolie veuve qui reprend l'exploitation fruitière de son mari et un homme souffrant du syndrome d'Asperger ( un genre d'autisme mais avec fonctions intellectuelles hors normes, genre Rain Man). Oui, on peut faire un film bienveillant ( le mot est à la mode) sans tomber dans la mièvrerie. Oui, on peut encore filmer une comédie romantique en surprenant le spectateur. Pour tout cela, il faut deux ingrédients indispensables : un scénario et des dialogues bien fichus et des acteurs parfaits. Eric Besnard a écrit, trouvé et filmé tout cela... un moment de grâce sans doute qui rayonne littéralement pendant toute la projection.
Le film est porté par deux comédiens magnifiques. Tout d'abord Benjamin Lavernhe est étonnant et émouvant dans le rôle de cet homme solitaire et différent. Il a su lui donner un aspect aussi lunaire que carré, inventant une gestuelle étrange et géométrique, assurément inédite et marquante. Après Guillaume Gallienne, Pierre Niney et Loïc Corbery, la comédie française recèle vraiment une pépinière d'acteurs vraiment talentueux !
Face à lui, et illuminant littéralement l'écran, la solaire et magnifique Virginie Efira, avec une simplicité, une douceur et une fraîcheur plus que convaincante, apporte la touche romantique adéquate. Cette actrice a un don de rendre simple et belle la moindre de ses scènes, habitant le film avec un naturel et une grâce absolument parfaits. De film en film, elle est de plus en plus éclatante de beauté et de talent. (Là, je pense que vous sentez que Virginie Efira m'a vraiment subjugué !)
Il y a d'autres belles choses dans le film: Benjamin Lavernhe caressant la nature resplendissante de cette Provence ensoleillée, les dialogues pince sans rire qu'il débite avec candeur et fermeté et puis une utilisation des gommettes ( oui, ces pastilles colorées que vous évitez de laisser à vos enfants sans surveillance...) qui vous les feront dorénavant regarder d'un oeil nouveau.
Alors en cette fin d'automne bien triste, allez au cinéma prendre une bouffée d'air pur et de simplicité sans mièvrerie, allez admirer des comédiens épatants, allez voir un cinéma français de qualité qui saura vous faire passer un agréable moment sans aucune vulgarité ni facilité, allez goûter ces merveilles ( ce sont des petits gâteaux frits), elles nous offrent l'assurance d'un possible bonheur !


2 commentaires:

  1. Echanges vrais et touchants. Ce film montre aussi que les sentiments sont souvent difficiles à exprimer que l'on soit malade ou non quand on en "pince" pour quelqu'un(je dirais même que chacun manque peut-être d'authenticité, de folie et de gommettes dans la tête!).
    Sinon si j'avais une remarque culinaire à faire, dans mon souvenir, les merveilles sont encore plus moelleuses...? Mais tout cela est une histoire de goût!am

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  2. Comme vous le dites si bien, c'est un film qui fait du bien. On aurait vraiment tort de s'en priver.

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