lundi 9 avril 2018

Sainte Victoire de Clara Luciani


C'est le printemps ! On l'espère chaud...sur beaucoup de plans et voilà que depuis vendredi explose déjà une première grenade... pas dans la rue mais  dans nos oreilles.
Déjà un peu repérée depuis un an avec la sortie d'un EP ( " Monstre d'amour") , Clara Luciani publie donc un premier album dont le titre " La grenade",  mis en avant depuis un mois, lui permet d'attirer l'attention. Ce n'est pas tous les jours qu'une jeune chanteuse sort un titre féministe au refrain entêtant. Du coup, portée par l'affaire Weinstein, la voilà propulsée chanteuse à texte et militante... ce qui pourrait être pire comme étiquette. Or, à l'écoute des onze titres, le portrait doit être plus nuancé.
Clara Luciani, tisse un autoportrait sensible et inspiré d'une jeune femme d'aujourd'hui, battante certes, car la vie et une passion passée mais dévorante l'ont rendu plus forte, mais aussi pleine d'interrogations. Dans cette veine, on retiendra surtout l'excellentissime " Drôle d'époque" ( " J'ai pas l'étoffe, pas les épaules , pour être une femme de mon époque...") qui marque une rupture à la mi-temps de son album ( mais aussi un miroir féminin à la chanson " Kid" d'Eddy de Pretto). Les six titres précédents, tous merveilleusement produits,  de la reprise quasi disco du " The bay"  de Metronomy au très rythmique " Comme toi" accrochent l'oreille avec bonheur mais préparent surtout à l'arrivée des derniers morceaux tous plus parfaits les uns que les autres. " Monstre d'amour" , "La dernière fois" "Dors"  et " Sainte Victoire" , concluant magistralement cet album qui apparaît soudain comme une perle comme en a pas entendu depuis longtemps ... enfin depuis Juliette Armanet.
Donc, ce printemps sera celui de Clara Luciani, de sa silhouette longiligne dont la guitare électrique n'est nullement un accessoire de mode mais surtout de sa voix qui fait élégamment les montagnes russes dans des mélodies parfaites et dont on retiendra son inimitable timbre qui place du grave dans des aigus. Dès ce premier album, elle se positionne comme une évidence, un talent que l'on adopte immédiatement.  Si l'on veut jouer au jeu des références, elle serait la fille secrète qu'auraient eu ensemble Françoise Hardy et Etienne Daho, sauf que leur progéniture aurait su garder le meilleur de ces deux aînés et en tirer un style totalement personnel. C'est ça le talent ! " Sainte Victoire"  en est la parfaite illustration !





1 commentaire:

  1. Agréable cette escapade sur les versants musicaux de la Sainte Victoire... Il ne reste plus qu'à lui souhaiter une belle, prometteuse et productive "carrière "!

    RépondreSupprimer

Woman at war de Benedikt Erlingsson