mardi 17 avril 2018

Tristan de Clarence Boulay



Je dois manquer de romantisme car, " Tristan", le premier roman de Clarence Boulay m'a paru plus porté sur un descriptif assez plat que sur la transcription de la passion dévorante de deux êtres que tant de lectrices ont dévoré avec bonheur. Peut être que ce roman touche une partie féminine que je ne  possède pas.
Nous avons une héroïne, prénommée Ida ( comme le si joli film polonais de Pavel Pawlikowski en 2013 ? ). Pour une raison que nous ignorons, elle se trouve à bord d'un langoustier en route pour une île dont on saura assez vite qu'il s'agit de Tristan da Cunha, îlot de 270 habitants perdu au milieu de l'Atlantique Sud. Là on se dit que Airbnb peut nous loger partout puisque Ida a trouvé une chambre chez l'habitant. En fait, elle devait venir avec un fiancé qui, par les hasards du jeu de pile ou face, a dû rester en France car il n'y avait plus qu'une place de disponible sur le bateau... prouvant ainsi que quand on est de vrais voyageurs, l'option Ibiza ou Madère n'effleure même pas.
Voilà donc notre Ida feignassant chez l'habitant, traînant au lit, dessinant ( elle est illustratrice) au gré de ses envies alors que tout autour d'elle tout le monte s'agite et bosse dur. L'île volcanique est belle, sauvage, ventée, mais franchement isolée. Tout le monde se connaît, s'observe, s'épie... Ida s'essaie à l'intégration et teste les soirées entre femmes à tricoter des chaussettes avec la laine des moutons locaux. La venue du prochain bateau étant dans 6 mois... il faut bien s'occuper. Heureusement pour elle, un cargo fait naufrage non loin de là, près d'un îlet seulement peuplé d'animaux. Chouette, une occasion d'échapper aux travaux ancestraux s'offre à elle avec la possibilité d'aller nettoyer le mazout qui n'a pas manqué de se répandre parmi les manchots et les pingouins. N'écoutant que son âme écolo, elle part en compagnie de trois hommes passer quelques jours pour tenter de sauver ce qui peut l'être. Est-ce le vent ? Le soleil ? L'ennui ? On ne sait, mais la proximité d'un dénommé Saul dans la petite cabane rudimentaire où elle passe ses nuits ( les deux autres sont dans une autre cabane .. sur un bout caillou inhabité ils n'ont pas de chambre quadruple...évidemment) va lui permettre d'échanger quelques caresses et quelques fluides. Bon, ils sont amants. C'est cool. La suite vous la devinez, quand on revient au sein d'une communauté où rien que le fait de changer de pull est un événement, il va être difficile d'échapper aux regards, à la suspicion, aux commérages, ...
Certes il y a un cadre original, dépaysant et fortement romanesque. Les îles perdues font gambader l'esprit... Seulement, jamais je n'ai réussi à m'attacher à cette jeune femme un peu froide. Jamais je n'ai ressenti la passion soi-disant dévorante qu'elle éprouvait pour Saul sauf peut être dans la dernière partie, sans doute plus réussie que la mise en place de l'histoire et que la rencontre avec l'amant bien platounette et exagérément elliptique. Malgré les embruns, les langoustes, les pulls torsadés et la caresse sur le devant de la cuisse, je n'ai jamais éprouvé le moindre frisson, jamais été emporté... " Tristan" possède de la poésie, mais manque de corps. 

1 commentaire:

  1. La langouste est peut-être plus appréciée par les femmes?!

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