jeudi 5 avril 2012

Tim Burton à la cinémathèque (Paris)


Si je me suis rendu à l'expo "Tim Burton" c'est parce que j'aime son cinéma, son univers macabre mais merveilleux. J'étais loin d'être le seul ce mercredi après-midi. On se pressait dans les salles de la cinémathèque. La presse et la journée "Burton" sur France Inter y sont sûrement pour quelque chose : "rater l'exposition de l'année ou même de la décennie" comme ils disent, passe pour une faute de goût...
Je dois l'avouer, c'est vraiment une magnifique exposition, même si on se fait bousculer, même si ce n'est pas très grand, on a envie de rester des heures en compagnie du créateur de Beetlejuice.
L'exposition débute par une  série de polaroïds géants, mettant en scène l'essentiel de l'univers du réalisateur : corps démembrés, enfants percés, monstres dentés à 3 yeux, corps rapiécés,... tableaux assez sombres mais qui ouvrent de façon grandiose cet hommage.
Ensuite nous pénétrons dans la salle dite du carrousel, avec un mur entier de petits monstres rayés ou à pois et dont les yeux phosphorescents éclairent la paroi grâce à cette lumière violette qui fait paraître vos dents plus blanches que blanches. Et dans un coin, tourne un manège burtonien, coloré, charmant, acidulé. Un régal pour les yeux qui permet de pénétrer un peu plus intimement dans l'esprit du créateur et nous prépare à découvrir l'espace suivant : la salle des dessins. 
Imaginez, 600 dessins, tous formats, aux techniques variées allant de l'aquarelle à la plume, classés judicieusement par thèmes. les enfants, les femmes, les couples, .... Tout l'univers est là, sur ces bouts de feuilles, de carnets. C'est tout à la fois drôle et inquiétant, et surtout saisissant de justesse, de précision et d'imagination. On est ébloui par le talent de Tim Burton, la force que cette accumulation dégage, l'évidence d'un monde cohérent. Quelques écrans mettent en perspective les croquis avec ses premiers films qui annoncent déjà l'oeuvre à venir. Le visiteur se laisse porter par ce monde singulier. Il prend plaisir à retrouver ces éléments disséminés au gré des films : les spirales, les monstres aux dents pointus, les pois, les personnages cousus à la Frankenstein,...formant un univers absolument cohérent.   On peut voir un étonnant Hansel et Gretel, oeuvre de jeunesse, où tout est déjà (ou presque) en place, tout un monde décalé, coloré, avec notamment une sorcière jouée par un homme aux accents et aux gestes efféminés que l'on retrouvera ensuite dans la plupart de ses films.( Pee-Wee, Ed Wood, Charlie et la chocolaterie, ...)
Cette exposition venant du MOMA de New York est ici complétée par des éléments de décors, des costumes, des accessoires de ses films, reliques aux pouvoirs évocateurs émouvants pour tous les fans et même pour les autres qui pourront apprécier tout le génie de ce réalisateur hors du commun.
A signaler, un luxueux et magnifique catalogue d'exposition, vendu 49 €. Il regroupe l'intégralité des dessins exposés, présentés de façon ludique et originale (pages qui se déplient, dessins pleine page,...) Un livre que l'on aimera feuilleter souvent, très souvent... en souvenir d'une exposition qui est vraiment un grand moment de bonheur.


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