samedi 12 mai 2012

Dark shadows de Tim Burton



Je n'ai pas suivi mon vieil adage : "Trois semaines avant Cannes au ciné, rien que des navets", je m'en suis allé voir le nouveau Tim Burton. Tim Burton, tout de même, celui qui a croulé voici trois mois sous les éloges, suite à l'expo fââââbuleuse à la cinémathèque. Pas né de la dernière pluie, je me doutais bien qu'un grand cinéaste pas sélectionné pour la course à la palme, obligé de sortir sa dernière réalisation à cette période, ça sentait la daube... J'aurai du parier quelque chose, j'aurai gagné... 
Adapté d'une vieille série télé que les américains se sont bien gardés d'exporter de peur de perdre quelques juteux marchés, "Dark shadows"  conte une vague histoire de vengeance entre une sorcière et un riche industriel spécialisé dans le poisson qui ne veut pas d'elle. A la fin du 18ème, elle l'a transformé en vampire, enfermé dans un cercueil et enterré vivant. En 1972, il sera déterré par hasard et retrouvera ses descendants, ruinés par une arrière, arrière, arrière petite fille de la sorcière qui règne dorénavant sur l'industrie poissonnière locale. Le vampire va traîner sa dégaine gothique au milieu des hippies et des fans des Carpenters ou d'Alice Cooper avec l'espoir de redevenir le roi du thon en boîte. 
Malgré un beau travail de transformation, la composition de Johnny Depp, au bord de l'autoparodie est un peu vaine et même lassante. Il  n'arrive pas à sauver de l'ennui cette situation mille fois vue au cinéma du décalage temporel. Le scénario hésite entre parodie (mal) assumée et gags lourds comme un triple bigmac avec supplément mayo (le vampire croit voir dans le m de Mac donald, le signe de Méphistophéles). 
Eva Green, la sorcière, n'est absolument pas crédible en méchante. Elle a beau rouler des yeux et avancer par grandes enjambées, il n'y a que ses talons aiguilles qui tremblent.
Si la première moitié du film pouvait encore faire de l'effet grâce aux sublimes décors et à une mise en scène nerveuse, jouant efficacement avec l'apparence de vampire du héros, il n'en est rien de la suite. Parti préparer son prochain film ailleurs, Tim Burton a laissé les clefs du studio au réalisateur des effets spéciaux. Alors, Eva et Johnny volent dans tous les sens, griffent les décors, Michelle Pfeiffer (elle aussi de la fête) canarde partout et fait la gueule, une ado ingrate se transforme en loup garou et se fracasse sans arrêt contre les murs. Tout ça pour pouvoir avoir l'hégémonie de la mise en boîte du maquereau! C'est plat, sans intérêt et surtout complètement raté. 
Il va falloir que Tim Burton fasse une pause. Il va se relaxer, dormir, s'aérer. Cela peut lui prendre deux ans, trois ans, peu importe. Mais surtout, s'il retourne derrière une caméra, faite qu'il redevienne celui que l'on a tant aimé, celui d'Edward aux mains d'argent, de Sleepy Hollow ou même de Charlie et la chocolaterie pour que l'on oublie très vite ce faux pas. Et si son prochain film sort fin/ avril début, je repenserai, hélas, à mon vieil adage...




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